Viol d'un Franco-Suisse à Dubaï: la peine confirmée en appel, mais la défense ne désarme pas

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Viol d'un Franco-Suisse à Dubaï: la peine confirmée en appel, mais la défense ne désarme pas


Dubaï, le 18/02/08 - Deux Emiratis reconnus coupables en décembre du viol d'un adolescent franco-suisse à Dubaï ont vu leur peine de 15 ans de prison confirmée dimanche en appel, mais leurs avocats ne désarment pas et veulent poursuivre la bataille judiciaire pour les faire acquitter.

Le juge émirati Issa Mohammed Charif n'a eu besoin que de quelques secondes pour rejeter leur appel contre le verdict rendu le 12 décembre et confirmer la peine prononcée en première instance. L'audience a eu lieu en l'absence des condamnés.

Interrogé par l'AFP, l'un des avocats des deux hommes, Saïd Al-Ghaïlani, un Emirati, a affirmé que son confrère libanais Roukoz Georges Hobeika et lui-même comptaient poursuivre leur action pour obtenir que la condamnation soit annulée.

"Nous allons contester ce verdict en déposant un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Nous avons un délai d'un mois" pour cela, a déclaré Me Ghaïlani.

Le parquet avait requis la peine maximale, qui pouvait aller jusqu'à la peine de mort, la peine capitale étant inscrite dans le code pénal des Emirats arabes unis pour le délit de viol.

Ce fait divers a connu un énorme retentissement dans la presse internationale, provoquant l'embarras des autorités de Dubaï, une ville en plein essor qui souhaite devenir un centre mondial du tourisme et des affaires.

L'affaire avait braqué les projecteurs sur plusieurs questions embarrassantes pour une société musulmane conservatrice, comme celle du traitement des victimes de viol, surtout lorsqu'il s'agit d'un viol de nature homosexuelle, l'homosexualité constituant un délit dans les Emirats, et du sida, dans la mesure où l'un des trois agresseurs était séropositif.

Le troisième accusé, mineur lors des faits, est jugé devant un tribunal pour mineurs de Dubaï.

Le 19 janvier, l'avocat de la victime, Me Hussein Al-Jaziri, avait annoncé que des tests médicaux avaient montré que le jeune homme n'était pas séropositif.

"Nous insistons sur l'innocence de nos clients", a déclaré à l'AFP Me Ghaïlani, voyant pour preuve de cette innocence le fait que la victime n'avait été contaminée ni par le virus du sida, ni par celui de l'hépatite virale.

"Nous avions demandé à la cour de désigner une commission médicale pour se prononcer sur la probabilité de la contamination. C'est une question médicale et non juridique à laquelle la cour d'appel n'a pas répondu", a-t-il ajouté.

Mais l'avocat de l'adolescent, Me Hussein al-Jaziri, lui aussi émirati, a souligné qu'il existait "des preuves scientifiques et médicales attestant que l'agression (avait) bien eu lieu".

Il a affirmé s'attendre à "une confirmation du verdict en cassation".

Pour sa part, la mère du jeune homme, Véronique Robert, a déclaré par téléphone à l'AFP qu'elle trouvait "honteux et irresponsable qu'un avocat se permette d'accuser de mensonge (son) fils, qui, par bonheur, n'a pas été contaminé par le sida, alors que des preuves formelles montrent qu'il y a eu viol". "L'ADN ne ment pas", a-t-elle ajouté.

L'agression avait eu lieu le 14 juillet. Mme Robert avait été scandalisée de n'avoir été informée de la sérépositivité de l'un des agresseurs que plus de six semaines plus tard.

Elle avait alors lancé des actions en justice en France et en Suisse contre de très hauts responsables des Emirats et de Dubaï pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Elle avait aussi appelé à boycotter Dubaï en lançant un site internet, www.boycottdubai.com, ainsi qu'une campagne dans les média.

Mme Robert avait enfin exigé de l'émirat la création d'un centre de traitement pour les mineurs victimes de viol, filles ou garçons.

Affirmant que "toutes (ses) demandes formulées auprès de (l'émirat) de Dubaï pour assurer que le drame (...) ne puisse plus jamais se reproduire ont été entendues et prises en compte", Mme Robert a annoncé en janvier sur son site qu'elle "(retirait) les plaintes déposées à Dubaï, Paris et Genève" et qu'elle avait décidé de fermer ce site.

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