Sderot vit dans la hantise des roquettes Kassam

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                      Sderot vit dans la hantise des roquettes Kassam

SDEROT, Israël ,le 24/01/08- Hava Gad ne part jamais de chez elle sans une boîte de valium et un caleçon de rechange pour son plus jeune fils, qui se souille chaque fois qu'une roquette tombe sur la ville, soit quasi quotidiennement.

"Nous vivons en zone de guerre", explique cette habitante de Sderot, localité située à un kilomètre et demi de la frontière nord de Gaza, c'est-à-dire de la ligne de front de la guerre menée par les islamistes du Hamas contre l'Etat juif.

Le resserrement du blocus de Gaza, imposé le week-end dernier par Israël après une recrudescence des tirs de roquettes Kassam, a apporté un répit relatif à Sderot, tout en aggravant le sort de la population gazaouie.

Gad, 42 ans, mère de trois enfants, ne se réjouit pas de la crise humanitaire à Gaza mais n'a aucune pitié pour les tireurs de roquettes qui tiennent en merci depuis des années les habitants de Sderot et des autres communautés juives jouxtant Gaza.

"Je suis sûre que les simples citoyens de Gaza veulent la paix, comme nous, mais les activistes, ils veulent nous tuer, alors, oui, honnêtement, je veux les tuer", confie-t-elle à Reuters.

Israël, qui a évacué ses colons et ses soldats de la bande de Gaza à l'été 2005, y a effectué régulièrement depuis des incursions militaires et tué des centaines de Palestiniens pour tenter de faire cesser les tirs de roquettes, en vain.

De fabrication artisanale, les Kassam sont imprécises et tuent ou mutilent rarement. Si, ce mercredi à la tombée de la nuit, aucune roquette n'était tombée sur Sderot, pas moins de 250 s'y sont abattues au cours de la semaine écoulée.

"SI JE PARS, ILS AURONT GAGNE"

Parfois, les projectiles s'écrasent sur des habitations, semant la panique et perturbant l'activité. Les rues de Sderot sont parsemées de cratères de roquettes.

Des abris d'urgence ont été bâtis un peu partout en ville, notamment dans les écoles, centre commerciaux et autres lieux d'activités sociales, parfois couverts de toit en acier.

Lorsque les sirènes se déclenchent, les habitants ont environ 15 secondes pour se ruer vers l'abri le plus proche.

Jeudi dernier, une roquette a sifflé au-dessus de la maison de Gad avant de s'écraser tout près, faisant trembler les murs.

"Mon fils tremblait, haletait, hurlait. Il a fait dans sa culotte. Finalement j'ai dû appeler une ambulance", confie Gad. "C'est comme ça tout le temps. Lorsqu'il se réveille, mon fils est en nage."

De nombreux habitants de Sderot ont abandonné la ville pour s'installer ailleurs dans le sud d'Israël. De nombreuses maisons sont murées. Certaines rues sont carrément désertées.

Isabell Almog, 28 ans, a quitté la ville avec son mari et leurs deux jeunes enfants il y a deux mois lorsque qu'une maison voisine a été touchée et qu'une femme y a été tuée.

"Mon fils de six ans a commence à hurler et à paniquer. Nous pouvions plus continuer à vivre comme ça. C'en était trop", raconte Almog, qui continue toutefois à travailler à Sderot, où certains commerces commencent à fermer.

"Les Palestiniens veulent notre terre. Nous ne voulons pas l'abandonner. C'est très compliqué", explique Idan Azulay, une serveuse de café de 20 ans, qui, faute d'entrevoir la paix, projette de partir elle aussi.

Partir n'est pas une option pour Gad, qui arbore à son cou une étoile de David. "Si je pars, ils auront gagné."

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