Israël, cette «catastrophe»

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                                            Israël, cette «catastrophe»
 
Article paru dans "Canoe"     

JÉRUSALEM, le 05/11/07, Les élèves arabes de troisième année ont droit depuis la rentrée scolaire à une version inusitée de leur histoire nationale: la création de l'État juif a été une «catastrophe».

Évidemment, comme toujours dans cette région du monde, cette affaire est tout en nuances, en zones grises. Chose certaine, il s'agit d'un gros «accommodement» dans le but de refléter la version arabe des événements ayant mené à la création d'Israël.

En 1948, les Juifs ont accepté le plan de partage du territoire proposé par les Nations unies. Les Arabes ont dit non. La guerre a éclaté. Les Juifs ont dû se battre et chasser des Arabes de leurs terres pour créer leur État, explique le nouveau manuel d'histoire.

«Les Arabes appellent cette guerre la Nakba, ce qui veut dire 'la catastrophe', alors que les Juifs la désignent comme la Guerre d'indépendance», est-il écrit.

Cette simple admission - des Arabes ont été chassés de chez eux par des Juifs - représente une révolution dans ce jeune pays qui est en guerre depuis sa création.

Autre version

La version en hébreu du manuel d'histoire, elle, passe sous silence le point de vue arabe. Les élèves juifs de troisième année du primaire n'ont pas la maturité nécessaire pour digérer les mille et une subtilités politiques de la région, a décidé le ministère de l'Éducation.

Cette phrase a quand même créé toute une tempête à la rentrée scolaire. Les partis de droite ont accusé le gouvernement d'encourager ses propres enfants à détester l'État juif. Surtout que les Arabes israéliens remettent déjà en cause les agissements de leur pays face aux Palestiniens et aux autres Arabes du Moyen-Orient.

Irresponsable, ce livre d'histoire? Pas du tout, a répliqué la ministre de l'Éducation, Yuli Tamir, du Parti travailliste: pour que les Arabes israéliens restent des citoyens à part entière et adhèrent à 100 % à l'État juif, la majorité juive doit faire tout en son possible pour leur donner une voix crédible.

Julien Bauer, professeur de science politique à l'UQAM qui se trouve à Jérusalem en congé sabbatique, a de la misère avec ce manuel d'histoire nouveau genre.

«À mon avis, ça va trop loin. C'est comme si les livres d'histoire du Québec parlaient de la bataille des plaines d'Abraham comme d'une grande victoire», dit-il.

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