Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Actualités, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Le groupe de pirates iraniens Handala affirme avoir infiltré des bases de Tsahal et menace Netanyahou d'un nouveau 7 octobre. Des revendications non vérifiées.

Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Par Claudine Douillet

Le groupe de pirates informatiques iraniens Handala affirme avoir pénétré des bases de Tsahal et disposer encore d'agents à l'intérieur de l'armée israélienne. Il a diffusé ce mercredi 21 octobre des images présentées comme tournées dans des installations militaires et menace Benjamin Netanyahou d'un nouveau 7 octobre. Aucune de ces affirmations n'a été vérifiée de manière indépendante.

Une revendication spectaculaire publiée ce mercredi

Selon Channel 14 (C14), qui rapporte l'information ce mercredi matin, le groupe Handala a publié un communiqué dans lequel il assure que ses membres se sont introduits dans des bases de Tsahal au cours des dernières guerres. Les photos et vidéos qu'il prétend avoir obtenues seraient désormais consultables par le monde entier sur son site.

Le texte se veut humiliant. Les pirates affirment que caméras, capteurs et systèmes de sécurité de l'armée israélienne sont devenus objets de dérision, et ironisent sur la prétention d'Israël à posséder une armée invincible.

« Ils sont encore parmi vous » : la guerre psychologique comme arme

Le cœur du message ne porte pas sur les images, mais sur une accusation bien plus anxiogène. Handala affirme que les hommes qu'il aurait infiltrés dans les rangs de Tsahal n'ont pas seulement accompli leur mission, mais se trouvent toujours au sein de l'armée. Le groupe prétend qu'ils circulent dans les salles de réunion, dans les quartiers généraux et même aux côtés de commandants de haut rang.

Ce type de déclaration relève d'une mécanique bien connue des spécialistes du renseignement : semer le doute à l'intérieur d'une institution, pousser à la suspicion entre soldats, affaiblir la confiance du public dans son armée. Peu importe que l'affirmation soit vraie ou fausse, l'objectif est qu'elle circule.

La menace directe adressée à Netanyahou

Le communiqué se termine par une interpellation du Premier ministre israélien. Sur un ton faussement félicitant, les pirates écrivent que sous sa direction, le 7 octobre revient « pas une seule fois, mais encore et encore », et que l'armée israélienne ne pourra plus jamais dormir tranquille.

La référence au massacre du 7 octobre 2023 n'a rien d'anodin. Elle vise la blessure la plus profonde de la société israélienne et l'échec sécuritaire qui reste au centre du débat politique.

Un message calé sur le calendrier électoral israélien

Le texte de Handala évoque aussi la capacité d'Israël à organiser des élections libres face à une infiltration présentée comme routinière. Le moment n'est pas choisi au hasard : Channel 14 rapporte que le vote des soldats a débuté ce mercredi dans quelque 850 bureaux installés dans les bases, de la frontière syrienne et libanaise jusqu'à Eilat. Une campagne de déstabilisation visant l'armée au moment même où elle vote vise clairement l'opinion publique israélienne.

Une série de revendications en quelques jours

Cette annonce s'inscrit dans une offensive de communication plus large. Le 18 octobre, l'agence iranienne Fars, dans sa version arabe, relayait une autre revendication de Handala : le groupe disait avoir pénétré une unité de Tsahal chargée de la surveillance et de l'analyse de l'information médiatique, présentée par Téhéran comme un centre de guerre cognitive, et avoir publié des documents et des échanges internes.

Ce mercredi, le site arabe Arabi21 relayait une troisième annonce. Handala affirme avoir piraté le téléphone personnel d'un officier présenté comme commandant au sein de Yahalom, l'unité d'élite du génie de combat, et dit avoir récupéré des centaines de documents et de vidéos contenant des informations militaires sensibles. Là encore, aucune confirmation n'a été apportée.

Un groupe coutumier des annonces exagérées

Channel 14 rappelle que ce n'est pas la première fois que Handala publie des revendications gonflées sur des intrusions dans des bases de données secrètes. Pendant la Coupe du monde de football de juin 2026, le groupe avait annoncé avoir pris le contrôle des drones du FBI survolant les stades. Ces déclarations n'avaient jamais été vérifiées, et des experts en cybersécurité avaient mis en doute l'authenticité des preuves fournies par le passé.

Le nom du groupe n'est pas choisi au hasard non plus. Handala est le célèbre personnage d'enfant palestinien dessiné de dos par le caricaturiste Naji al-Ali, devenu un symbole de la cause palestinienne. Plusieurs sociétés de cybersécurité rattachent ce groupe à l'appareil de renseignement iranien, qui l'utilise comme vitrine de sa guerre informatique et psychologique contre Israël.

Entre fuite réelle et opération d'intoxication

Il faut distinguer deux choses. Des fuites de données réelles, souvent obtenues par le piratage de téléphones personnels ou de comptes mal protégés, peuvent exister et doivent être prises au sérieux. Mais l'affirmation d'agents humains infiltrés au cœur de l'état-major est d'une tout autre nature, et Handala n'apporte aucun élément pour l'étayer.

La stratégie iranienne consiste précisément à mélanger le vrai, le plausible et l'invention, en comptant sur la reprise virale de ses messages pour amplifier l'effet. Chaque partage non vérifié devient une victoire pour les auteurs.

Ce qu'il faut retenir

À ce stade, aucune des revendications de Handala n'a été confirmée de façon indépendante, et Tsahal ne s'était pas exprimé sur ces annonces au moment de la publication de l'article de Channel 14. L'épisode illustre la place croissante prise par la guerre cognitive dans l'affrontement entre l'Iran et Israël, dans un contexte de forte tension régionale. Face à ce type d'opération, la vigilance s'impose autant sur la sécurité informatique des militaires que sur la diffusion des messages eux-mêmes.

Source : Channel 14 (C14)

Sources :
Channel 14 : Le groupe de hackers iranien affirme avoir pénétré des bases de Tsahal

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi