Proche-Orient: histoire d'un conflit une analyse intéressante.

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Proche-Orient: histoire d'un conflit

Le spectre d'une nouvelle intifada hante Jérusalem-Est. En tout état de cause c'est ce que disent les journaux israéliens. Un Palestinien de 16 ans, Mohamad Abou Hdeir, a été enlevé et tué dans la nuit du 1er au 2 juillet dans une banlieue de Jérusalem en représailles à l'assassinat en juin de trois jeunes Israéliens.

A première vue, cette montée de tension tragique n'a rien de nouveau : le principe d'oeil pour oeil est depuis longtemps à la base des réponses israéliennes à toute action des extrémistes palestiniens. Cependant en l'occurrence les événements prennent une tournure trop sinistre.

Même les journaux israéliens reconnaissent que le cas d'Abou Hdeir a démontré un regain d'activité et d'agressivité des organisations juives ultranationalistes. 

Mohamad Abou Hdeir a été enlevé et brûlé vif un jour seulement après la découverte des cadavres de trois adolescents israéliens enlevés. Israël a accusé d'enlèvement les combattants du Hamas. L'étincelle a fait naître une nouvelle flamme.

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Les protestations contre l'assassinat d'Abou Hdeir ne cessent pas dans les quartiers arabes des villes israéliennes. Les murs des maisons sont couverts d'inscriptions  Mort aux Israéliens . Le camp opposé écrit sur les mêmes murs  Mort aux Arabes . Outre Jérusalem-Est des heurts ont éclaté à Nazareth et dans d'autres localités du nord d'Israël.

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La police de Jérusalem a déclaré avoir arrêté six suspects appartenant à des groupes nationalistes. Le quotidien Jérusalem Post a annoncé aujourd'hui que les meurtriers présumés faisaient partie de La familia, groupe de supporters du club de football Beitar. Selon le quotidien, La Familia est dépuis longtemps suivi par la police israélienne à cause de son extrémisme déchaîné.

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La tension est tellement montée que le premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu s'est vu obligé de convoquer dimanche soir une réunion extraordinaire du gouvernement. Il a déclaré que l'assassinat du Palestinien était un  acte terroriste  et que les coupables seraient punis conformément à la loi si leur implication dans le meurtre était prouvée. Il a également appelé les chefs des communautés juives et arabes d'Israël à calmer la population.

 

A présent beaucoup dépendra de la question de savoir si les autorités israéliennes condamneront en effet les coupables. Les Palestiniens ne croient pas depuis longtemps à la justice israélienne. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a même envoyé un message spécial au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lui demandant de s'occuper de l'enquête de la tragédie.

 

La question fondamentale est de savoir quelle sera l'incidence de ces événements sur le processus de réglement palestino-israélien. Selon le président de l'Association d'amitié et de coopération d'affaires avec les pays arabes et le politologue connu Viatcheslav Maouzov il est évident que quelqu'un provoque une nouvelle intifada palestinienne:

 

J'ai rencontré à Moscou le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de sa dernière visite à Moscou le 24 juin. Il est fermement attaché au processus de règlement politique et les Palestiniens sont les moins intéressés à l'échec du processus de paix.

 

En réalité, les Palestiniens ne font que renforcer leurs positions ce qui n'est pas du goût des Américains. Cela est contraire à leur stratégie : casser, diviser le monde arabe, plonger les pays arabes dans un état de  chaos contrôlé  que nous observons actuellement en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen et au Soudan.

 

Les Etats-Unis ont détruit la pratique en place et ont violé les principes fondamentaux qui permettaient de progresser avec succès, bien que lentement, dans la voie du règlement proche-oriental et dans les négociations entre Israël et les Palestiniens. L'ONU, l'Europe et la Russie partaient du fait que le succès des négociations ne pouvait être atteint que grâce aux efforts conjoints des quatres médiateurs : les Etats-Unis, la Russie, l'UE et l'ONU. Or les Etats-Unis ont voulu tout faire eux-mêmes et ont échoué avec fracas.

 

Viatcheslav Matouzov est convaincu que ce non-professionnalisme de Washington a créé une situation critique. La coopération internationale avec la Russie dans la solution du problème palestinien est pratiquement bloquée à cause de la politique des Etats-Unis. Il sera extrêmement compliqué de rétablir cette coopération.

 

Selon Tatiana Nossenko de l'Institut d'orientalisme de l'Académie des sciences de Russie les efforts de médiation des Etats-Unis en Palestine ne revêtent plus une grande importance. Leur mission a échoué dès le mois d'avril et tout ce qui a été fait depuis n'était qu'une action médiatique.

Selon Tatiana Nossenko, le problème principal de la Palestine n'est pas dans l'échec des derniers efforts de médiation, mais dans le fait que le monde arabe a radicalement changé depuis le printemps arabe. Les recherches d'une identité nationale aux couleurs religieuses ont succédé au nationalisme laïque de nombreux Etats arabes. Tatiana Nossenko note que sur ce fond le problème palestinien a cessé d'être un puissant facteur de consolidation pour le monde arabe des années 1960 et 1970 :

 

Regardez par quoi sont occupés actuellement les principaux pays arabes. C'est très loin des problèmes de la Palestine. Aujourd'hui les Palestiniens sont abandonnés à leur sort. Leur soutien faiblit au niveau international car trop d'autres problèmes sont apparus dans le monde ces dernières années et le problème palestinien devient en quelque sorte marginalisé.

 

Aujourd'hui l'Egypte a proposé sa médiation dans le règlement de la crise entre la Palestine et Israël. Cependant personne n'est en mesure de prédire à quoi cela aboutira.

 

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