Interview exclusive d'Ari Folman pour Alliance en direct du Festival de Cannes. Laurent Bartoleschi

Chronique Cinéma - le - par .
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ari_folman.jpgAprès Valse avec Bachir, le réalisateur israélien Ari Folman signe une nouvelle fois une (chef d') œuvre impeccable par sa liberté formelle. 

Le Congrès est un film étonnamment dynamique où l'on sent passer l'énergie du désespoir de vieillir pour une actrice où seul le cinéma peut trouver la panacée. 

Au moment où chaque comédien ne trouvant plus que des rôles "alimentaires" la Miramount, pourra sauver la situation, tant bien que mal. 

En pactisant à la Faust. La mise en scène impose une narration originale: Folman, distingue son film en deux parties totalement différentes: les 55 premières minutes nous font partager la vie monotone de l'actrice avec son fils Aaron, atteint de surdité et de sa fille Sarah. 

Son manager et le président de la grosse firme se questionnent  en se demandant: où est la Robin Wright de Princesse Bride? Ou celle de Forrest Gump? L'actrice est alors partagée entre ce choix qui lui permettrait une voie vers la liberté tout en lui ôtant tout privilège de choix (comme elle le fait aujourd'hui). Elle acceptera. 

Commencera alors cette fameuse seconde partie entièrement animée, la dimension principale du film. Celle du symbolisme et de l'absurde. A la fois cauchemardesque et poétique, à la forme psychédélique où les acteurs de notre monde réels sont complètement détournés, des avions accompagnés de vraies ailes d'oiseaux, une végétation débordante venue de nulle part,… rêve ou réalité? Fantasme ou vérité? Folman, aurait-il tourné un film d'anticipation? 

On imagine pendant 2 heures, que le cinéma de demain pourrait ressembler à ça! Le Congrès est manifestement un coup de maitre présenté en ouverture de la quinzaine des réalisateurs, malheureusement hors compétition. Le film sortira en France le 3 juillet prochain.

Ari Folman répond à nos questions.

L.B: Lorsque l'on voit vos films, que ce soit Valse avec Bachir ou Le Congrès, on a l'impression que les procédés qui bouleversent le cinéma d'aujourd'hui ne vous conviennent pas. Vous le confirmez?  

Ari Folman: Absolument! Le congrès demeure être aussi sans aucun doute, une vive critique des nouvelles technologies auxquelles le cinéma subit aujourd'hui. J'ai voulu que la partie animée ait une touche bien particulière, celle des premiers cartoons des frères Fleisher, avant même Walt Disney! Le film s'interroge en effet sur les procédés 3D ou autre capture de mouvement (Avatar ou le Tintin de Spielberg, pour exemple, NDLR) qui risquent alors de détruire le cinéma avec lequel nous avons grandi!

L.B: Le film est librement adapté d'un roman phare d'un des maîtres de la littérature de science-fiction, Stanislaw Lem. Que représente pour vous ce genre particulier?

A.F: Depuis tout petit déjà, je rêvais de faire un film de science-fiction, j'étais époustouflé par l'œuvre de Lem. Beaucoup trop déjanté pour pouvoir réussir à en faire quelque chose. C'est resté comme une idée vague durant un certain temps, jusqu'à ce que je vienne ici, à Cannes, il y a cinq ans avec Valse avec Bachir. Faire ce film et l'accompagner à travers le monde furent une expérience à part entière, et grâce à cela, j'ai pu réaliser ce rêve en adaptant une œuvre de science-fiction en l'occurrence une de Lem mon maitre en la matière.

L.B: Comment s'est effectué le choix de l'actrice Robin Wright?

A.F: Au début, j'avais en tête d'autres actrices pour le projet. Et puis toujours durant mon épopée avec Valse avec Bachir, à Los Angeles exactement, lors d'une remise de prix, j'avais croisé Robin Wright qui était assise à une table en face de moi. C'est en regardant son visage attentivement que j'ai su que ça serait elle et du coup, imaginé directement la séquence d'ouverture du film!  Elle avait cette beauté sublime, avec une certaine mélancolie. Une sensibilité qui correspondait pile à celle que je recherchais pour mon film. Puis, j'ai immédiatement contacté mon équipe à Tel Aviv pour qu'ils puissent commencer à l'illustrer. En lui montrant le travail, et son image en dessin animé, elle m'a donné son accord de suite.

L.B: Comment s'est déroulée la partie animée?

A.F: Contrairement à ce que l'on peut imaginer, toute cette partie animée a été intégralement jouée par les comédiens. Ils se sont préparés, ont répété, comme pour des scènes normales. Mon équipe et moi-même, ne pouvions pas faire cette partie finalement sans cette matière première. Tout devait être conforme, dans leur manière de jouer, de faire ressentir leurs émotions,…Justement, je ne souhaitais aucune rupture entre les deux parties, sauf évidemment le côté animation. 

Laurent Bartoleschi 

 

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