Israel: Shimon Peres annonce sa candidature à la présidence

Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

                 Israel: Shimon Peres annonce sa candidature à la présidence


JERUSALEM, le 30/05/07 - En présentant mercredi à 83 ans sa candidature à la présidence, le vétéran de la classe politique israélienne Shimon Peres veut tenter de faire mentir sa réputation d'éternel perdant.

"J'ai décidé d'être candidat à la présidence de l'Etat", a annoncé M. Peres, lors d'une réunion à la Knesset du groupe parlementaire de Kadima, le parti centriste du Premier ministre Ehud Olmert, dont il est membre. Le vote auquel participeront les 120 députés au Parlement est prévu le 13 juin. Comme il l'a lui même rappelé, ce défi est loin d'être gagné d'avance. "J'ai exercé pratiquement toutes les plus hautes fonctions officielles, j'ai connu des échecs, mais aussi des succès", a admis M. Peres, actuel vice-Premier ministre. Il faisait allusion notamment à sa défaite surprise lors de la dernière élection présidentielle en l'an 2000 face à Moshé Katzav, le candidat de la droite.

Shimon Peres détient sans doute aussi un record des échecs aux législatives qu'il a perdues lorsqu'il était à la tête du parti travailliste en 1977, 1981, 1984, 1988 et 1996. Mais après chacun de ces KO, il s'est relevé pour reprendre le combat. "J'ai décidé de répondre à la demande de nombreux Israéliens, dont le Premier ministre, des députés et des gens du peuple pour apporter ce qui sera peut-être mon ultime contribution au service de ce pays", a expliqué M. Peres. Numéro deux du gouvernement, M. Peres, Prix Nobel de la Paix, ancien Premier ministre et doyen du Parlement, jouit d'une aura internationale alors qu'il a longtemps été mal aimé dans son propre pays.

Mais selon les sondages, il est de loin le candidat préféré des Israéliens pour le poste de président, une fonction avant tout protocolaire. Le mandat de sept ans du président Katzav, tombé en disgrâce en raison de son implication présumée dans une affaire de viol et harcèlement sexuel, arrive à expiration en juillet. M. Katzav a été suspendu fin janvier de ses fonctions. Deux autres personnalités, le député du Likoud (opposition de droite) Reuven Rivlin, souvent présenté par les commentateurs comme très bien placé pour l'emporter, ainsi que la député travailliste Colette Avital, sont aussi en lice pour la présidence. Shimon Peres a pratiquement exercé toutes les fonctions ministérielles: deux fois chef de gouvernement, ministre des Affaires étrangères, de la Défense, des Finances, de l'Information, des Transports, de l'Intégration... Sa ligne politique a suivi un chemin très sinueux. Classé parmi les "faucons" travaillistes, il a cautionné, alors qu'il était ministre de la Défense dans les années 1970, les premières colonies en Cisjordanie.

Par la suite, il s'est acquis une réputation de "colombe" en jouant un rôle moteur dans les accords d'Oslo conclus avec Yasser Arafat en 1993, alors que Yitzhak Rabin, le Premier ministre de l'époque, était encore très sceptique. En guise de reconnaissance, Shimon Peres, longtemps prophète d'un "nouveau Proche-Orient" censé devenir un havre de paix et de prospérité, a obtenu en 1994 le prix Nobel de la paix en compagnie de Yitzhak Rabin et Yasser Arafat.

Né à Vishneva (Pologne) en 1923, il a 11 ans lorsqu'il immigre en Palestine. A 29 ans, quatre ans après sa rencontre avec Ben Gourion, le premier chef de gouvernement israélien, il devient directeur général du ministère de la Défense. Israël lui doit ses puissantes entreprises d'armements, ses industries aéronautiques. Selon les experts étrangers, c'est également le "père" du programme nucléaire israélien qui a fait de l'Etat hébreu la sixième puissance atomique dans le monde. Marié à Sonia Peres, M. Peres est plusieurs fois grand-père.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi