Interview exclusive d 'Alexandre Arcady pourson dernier film

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CEQUE3.jpgCe que le jour doit à la nuit, sortie prévue mercredi 12 septembre 2012
 
Petite réponse sonore à la question suivante: Et les juifs dans toute cette histoire, spectateurs ou acteurs? Ecouter


Alexandre Arcady retrouve plus qu'une nouvelle fois ses racines de l'Algérie avec son 16ème film Ce que le jour doit à la nuit, adapté du best seller de Yasmina Khadra. Une sorte de Il était une fois l'Algérie Algérie. Younès a 9 ans lorsqu'il est confié à son oncle pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes colons dont il devient l'ami. Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle, naîtra une grande histoire d'amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays.

Interview.


L.B: J'aimerais commencer cet entretien par l'extrait d'un des romans de Yasmina Khadra: "Noirs ou blancs, rouges ou jaunes, asiatiques ou américains,…nous appartenons tous à un même sort, un sort que nous sommes les seuls capables de rendre possible, car nous le construisons de nos propres mains." Pourrions nous résumer ainsi votre dernier film Ce que le jour doit à la nuit?

Alexandre Arcady: Ca ne me dérange pas du tout. Au contraire. Ce bel extrait exprime la ceque1.jpgfraternité. Et c'est un film sur la fraternité. Yasmina Khadra a écrit ce roman dans l'apaisement, avec un regard clairement défini, avec une forme de loyauté. La loyauté sur l'Histoire et sur les hommes et les femmes qui ont habité cette Algérie à ce moment précis. Sans oublier la souffrance, les déchirures et les exclusions que l'on retrouve dans le roman. Mais ce qui prédomine avant toute chose, reste effectivement, la fraternité.

L.B: Comment s'est faite la rencontre entre Yasmina et vous? Pourquoi avoir attendu si longtemps pour adapter l'une de ses œuvres?


A.A:
Il y a trois ans sortait le roman. Je peux vous avouer que le coup de cœur fut immédiat. J'étais l'un de ces tous premiers lecteurs du livre! Il ne faut pas oublier qu'il y avait plus de 1500000 lecteurs, rien qu'en France (il a été traduit dans 42 pays) L'adaptation, la préparation, le montage financier,… m'ont pris trois ans; c'est un long parcours de vie. Et puis ce livre là était peut être plus important que les autres parce que j'ai eu l'impression en découvrant ce roman que c'était un cadeau du ciel dans le sens où, j'attendais ce livre sur cette Algérie là, d'autant plus écrite par un algérien, ce qui était vraiment un acte fondateur dans cette décision. J'ai eu comme l'impression d'avoir fait du cinéma jusqu'à présent pour me préparer à réaliser une telle œuvre. Merci Yasmina!

L.B: Ce que le jour doit à la nuit est un film remplie de symboles; cet Amour entre Emilie et Jonas ne serait il pas un reflet de la France et l'Algérie?

CEQUE2.jpgA.A: Evidemment, C'est le symbole que Yasmina a voulu évoquer dans son roman. Tout en soulignant l'appartenance de ces deux héros: un amour aussi bien magnifique que total, doté d'une force considérable et d'un amour justement non abouti. Cela résume bien les rapports qu'il y a eu, qu'il y a entre la France et l'Algérie. Et j'ose espérer que les choses changeront dans l'avenir.

L.B: Côté cinéphilie, votre dernier film possède des airs de films de Sergio Leone (Il était une fois dans l'Ouest…) avec ces grands espaces, l'utilisation de flashs back, les bandes d'amis et les trahisons….

A.A: …Il y a aussi l'Amour et la fraternité, comme on en a parlé ultérieurement, la passion et la résonance d'une terre telle que l'Algérie peut avoir sur les êtres. Cette luminosité, cette profusion, comme dirait Camus, qui est donnée par le sol et par la terre. Mais j'aime bien cette comparaison avec Leone, ça me flatte, mais j'aurai aussi tendance à penser à deux films en référence sans aucune prétention: Autant en emporte le vent et Out of Africa, la guerre de Sécession pour l'un et l'amour de cette Afrique si lointaine pour le second. Cela fait partie de ses grands chefs d'œuvre du septième Art, des films romanesques où l'on invite le spectateur à un voyage dans le temps, dans un pays qui n'existe plus aujourd'hui. Cette reconstitution est la chance qui nous est donnée à nous metteur en scène de pouvoir le faire. Lorsque Yasmina a vu le film, il disait souvent, "j'ai pleuré trois fois: une fois en écrivant le roman et deux fois en voyant le film(…) j'aurai pu écrire mon roman comme tu as fais ton adaptation." C'était gagné!

L.B: Comment s'est déroulé le casting? Avez-vous eu le même coup de foudre que votre fils (Elle sera prochainement à l'affiche de la dernière folie d'Alexandre Aja, Maniac, NDLR) Nora Arnezeder?

A.A: Je l'avais vu dans Faubourg 36 où je trouvais qu'elle possédait une telle luminosité et une vérité incroyable. Là où j'avais plus de mal était pour le rôle de Jonas, qui représentait la pierre angulaire du film. Il était décrit dans le roman d'une façon très précise. Ce qui fait que lorsque j'ai trouvé Fu'ad Aït Aattou, j'avais accompli le plus grand parcours du casting. Il possède une intériorité vraie. D'autant plus qu'il est beau et taiseux à la fois. Il irradie l'écran à lui tout seul. Le reste des comédiens est arrivé presque naturellement: mon directeur de casting Pierre-Jacques Benichou, avec qui je travaille souvent, m'a apporté des idées, surtout sur la bande de jeunes Matthias  Van Khache et Matthieu Boujenah avaient déjà travaillé à mes côtés dans Là bas mon pays. Olivier Bartelemy, quant à lui, je l'avais remarqué dans Largo Winch. Et Fellag par contre c'était comme évident! Vous savez, lorsque Yasmina Khadra écrivit le livre, il avait en tête Fehat Abbas, cette figure du nationalisme  algérien, qui était pharmacien aussi; et physiquement, la ressemblance avec le comédien était tellement frappante. A tel point que, dans le film, j'y ai glissé une photo de l'homme politique, tout en croyant que c'était lui. Yasmina n'en revenait pas!

Laurent Bartoleschi

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