« Contagion » de Steven Soderbergh, analyse duPr Hagay Sobol

Chronique Cinéma - le - par .
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Contagion-Affiche.jpgPr Hagay Sobol

Il n’y a rien d’ostentatoire ni de démonstratif dans le nouveau film de Steven Soderbergh. C’est un thriller efficace qui tient en haleine de bout en bout. Ici, le tueur en série, c’est la nature elle-même qui a généré un virus implacable.

On assiste impuissant à la rapide progression de l’épidémie depuis le « patient zéro » interprété par Gwyneth Paltrow, en passant par toutes les personnes qu’elle a rencontré, ainsi que les contacts de ces derniers, jusqu’a la pandémie mondiale. Peu à peu, les systèmes de veille internationaux prennent conscience de la gravité du danger. Ils alertent les autorités, au départ sceptiques, qui tentent ensuite d’organiser les secours pour endiguer le fléau. Au cœur de ce dispositif, on suit plus particulièrement le Dr Ellis Cheever (Laurence Fishburne) qui coordonne les actions du CDC (Center for Desease Control) d’Atlanta, l’OMS, et deux enquêtrices, Kate Winslet et Marion Cotillard chargées de traquer le coupable et de comprendre comment les choses sont advenues. De leur côté, les chercheurs rencontrent les plus pires difficultés pour mettre au point un vaccin, alors que le nombre de victimes augmente de manière effrayante créant un véritable climat de panique.

Les répercutions de ce drame nous sont montrées sans fard. D’abord la dislocation de la cellule familiale lorsque par exemple Matt Damon, le mari du « patient zéro », apprend tout à la fois l’infidélité de sa femme et la mort de cette dernière. Ensuite le tissu social qui se désagrège avec la loi martiale, les séparations brutales, les scènes de pillage et de meurtre. Et au milieu de ce chaos indescriptible, on voit les coups bas entre compagnies pharmaceutiques privées et système public dans la course au traitement. Les cyniques de tous bords tentent de tirer profit de la misère humaine, tel Alan Krumwiede, un journaliste free lance (Jude Law) qui joue de la théorie du complot pour mieux s’enrichir.

Mais en contrepoint de tout cela sont brossés de beaux portraits de personnes au comportement héroïque ou qui resteront tout simplement humaines alors que tout bascule. C’est le cas du Dr. Ally Hextall (Jennifer Ehle) qui concevra le vaccin tant attendu.

Cette histoire n’est pas présentée comme un reportage, mais comme des tranches de vies qui s’entrecroisent. C’est tout l’art de Steven Soderbergh qui il y a dix ans avait réalisé le film prophétique « Trafic » qui y expérimentait déjà les mêmes principes. La distribution exceptionnelle ajoute ce qu’il faut d’émotion pour y croire. Aussi, on ne ressort pas indemne d’un tel film, car on a l’impression de vivre ces évènements terribles.

S’il n’y a pas de morale à cette histoire, à la fin du film quand nous sont révélées les origines du mal, on ne peut s’empêcher de penser que malgré toute sa technologie, l’Homme est une bien fragile créature.

Pr Hagay Sobol
Hagay.sobol@gmail.com et avec.13@gmail.com

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