« Tintin et le Secret de la Licorne » : une réalisation soignée pour un auteur au passé ambigu

Chronique Cinéma - le - par .
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Par le Pr Hagay Sobol

Pour paraphraser la célèbre maxime « Tintin, Le Journal des jeunes de 7 à 77 ans », dimanche matin nous sommes allés en famille voir le film éponyme de Steven Spielberg et Peter Jackson avec nos quatre charmants enfants âgés de 9 à 21 ans.

Personnellement, il faut bien reconnaître que c’est avec un peu d’appréhension que j’y suis allé. Tout d’abord, parce que c’est toujours difficile de porter à l’écran une œuvre littéraire que l’on est obligé de simplifier et que la réalisation ne correspond pas forcément à notre représentation des choses.

Ensuite, c’est à propos du passé ambigu de l’auteur lui-même que je n’ai connu qu’une fois adulte. Georges Rémi dit « Hergé » qui fut l’ami de figures de proue de l’extrême droite belge avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Dans les versions initiales de plusieurs aventures se manifeste également son penchant colonialiste (« Tintin au Congo »), ou antiaméricain fleuretant avec l’antisémitisme (« L’étoile mystérieuse »). Ambivalence toujours, lorsqu’il traite de la Palestine sous mandant britannique dans « Tintin au pays de l’Or noir », le jeune nationaliste juif Goldstein / Finkelstein ressemble à s’y méprendre à Tintin, et sa vision de la cause est plutôt positive. J’avoue ne pas être très à l’aise lorsque des colonialistes, ou supposés tels, défendent Israël. Cependant, la référence au sionisme sera gommée progressivement au cours des trois versions que connu l’album.

Revenons au film lui-même. J’avais le regard empreint de mes souvenirs d’enfance et j’ai eu bien du mal à rentrer dans l’histoire. Non pas que la réalisation soit décevante, mais parce qu’il manquait un peu de naïveté et de magie pour que le charme opère. Il s’agit d’un pur produit du cinéma de divertissement américain, mâtiné de la technologie dernier cri du 3D et de la motion capture. On ne s’ennui pas un instant mais revisité avec les recettes des blockbusters récents tels « Transformers », en référence au duel final utilisant des grues opposant le Capitaine Haddock à Rackham le rouge, cette réalisation perd en authenticité.

Les cinéphiles et les fans du jeune reporter seront attentifs aux clins d’œil qui parsèment le film. Telles les références à d’autres aventures qui ponctuent l’action au fur et à mesure que les principaux personnages apparaissent. Dupond et Dupond sont bien là, ainsi que la Castafiore ! Il ne lui manque que de se voir « si belle en ce miroir ». On regrette cependant l’absence du Professeur Tournesol que l’on espère dans une suite prochaine. On aperçoit, au tout début, Hergé lui-même faisant le portrait du héro version BD. Et hommage Hitchcockien au réalisateur, une petite allusion aux dents de la mer.

Quant à la musique, même sentiment. Nous attendions, une nouvelle « Guerre des étoiles ». En fait, c’est une bande originale dont la personnalité se dissous eu peu dans les images.

A la sortie, les plus jeunes étaient ravis, les autres avaient un avis un peu plus mitigé mais pas déçus pour autant. Malgré les critiques énoncées, il s’agit de la meilleure adaptation cinématographique à ce jour des aventures du « rouquin à la houppe ». Nous avons donc passé un bon moment en famille et allons réviser nos classiques en relisant les aventures de Tintin en attendant de voir les deux autres opus que le père de ET et de jurassique parc va nous concocter.

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