Paris et Madrid lancent une "initiative" pour le Proche-Orient

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                 Paris et Madrid lancent une "initiative" pour le Proche-Orient

GERONE, Espagne  - Jacques Chirac et Jose Luis Rodriguez Zapatero ont annoncé à l'occasion du XIXe sommet franco-espagnol le lancement d'une "initiative commune" avec l'Italie pour trouver un règlement au conflit israélo-palestinien.

L'annonce de ce projet a relégué au second plan les discussions bilatérales qui se sont déroulées lors de ce sommet, au cours duquel le président français et le chef du gouvernement espagnol ont concrétisé un "partenariat stratégique privilégié, et cherché à montrer la solidarité et l'entente entre leurs deux pays, trois ans après les crispations liées à la guerre en Irak.

"La situation s'est tellement détériorée (au Proche-Orient) qu'elle exige une réaction urgente de la communauté internationale", a dit Jose Luis Rodriguez Zapatero. "Nous ne pouvons demeurer impassibles face aux horreurs qui continuent de se dérouler sous nos yeux".

"Le président Chirac, le président (du Conseil italien Romano) Prodi, avec lequel nous avons parlé ce matin, et le gouvernement d'Espagne veulent lancer une initiative commune au sujet de la situation au Proche-Orient", a-t-il annoncé lors d'une conférence de presse à Gérone, en Catalogne.

Cette initiative, soutenue "sans réserve" par la France, selon Jacques Chirac, porte notamment sur la demande d'une trêve immédiate et sur un échange de prisonniers entre Palestiniens et Israéliens. Elle prévoit une conférence internationale et pourrait déboucher sur le déploiement d'une mission d'observation dans la bande de Gaza.

Paris, Madrid et Rome la soumettront en décembre aux autres capitales européennes lors du prochain Conseil européen.

Les Etats-Unis ont dit attendre des précisions sur le projet européen. Un porte-parole du département d'Etat a noté que Washington soutenait la feuille de route pour le Proche-Orient à l'instar de ses partenaires du "Quartet" - Union européenne, Russie et Nations unies. Le secrétaire d'Etat adjoint David Welch a rencontré leurs représentants cette semaine au Caire pour faire le point à ce sujet, a-t-il ajouté.

"PARTENARIAT STRATEGIQUE PRIVILEGIE"

Vingt mois après la chute du gouvernement du José Maria Aznar, qui avait aligné la diplomatie espagnole sur celle de Washington en Irak, Jacques Chirac et José Luis Rodriguez Zapatero ont fait assaut d'amabilités.

Quand le président français interpellait le chef du gouvernement espagnol par un "cher ami" se voulant "plus qu'une marque diplomatique de politesse", ce dernier a souligné qu'il serait difficile pour la relation franco-espagnole d'être meilleure.

Cette proximité s'est traduite, du côté de Jacques Chirac, par un plaidoyer en faveur d'un noyau de quatre pays - France, Espagne, Allemagne et Italie - moteurs de la construction européenne.

"C'est une belle journée pour l'Europe, pour l'Espagne et pour la France", a dit le président français. "Je me réjouis de cette situation. Nous avons enfin mis sur pied un partenariat stratégique privilégié entre l'Espagne et la France comme nous en avons un entre l'Allemagne et la France."

"C'est la concrétisation d'un effort déterminé, conscient, qui a pris un an et demi pour se réaliser et qui est mis en oeuvre."

Ce partenariat s'est manifesté par la première réunion du Conseil franco-espagnol de défense et de sécurité (CFEDS).

"Ce Conseil permet une coopération bilatérale plus intense avec des projets communs concrets et une concertation plus étroite en faveur de la défense européenne, laquelle constitue notre ambition partagée", ont dit les ministres français et espagnol de la défense, Michèle Alliot-Marie et Jose Antonio Alonso Suarez, dans une déclaration commune.

Ce sommet a, par ailleurs, été l'occasion d'une première réunion du Forum franco-espagnol des sociétés civiles, qui rassemble des personnalités des deux pays impliqués dans les domaines économique, culturel et universitaire.

Trois accords ont été conclus, sur la participation de l'Espagne à Unitaid, sur la reconnaissance mutuelle des diplômes et sur une liaison ferroviaire entre Dax et Vitoria.

France et Espagne ont par ailleurs décidé de demander l'avis d'un expert de l'Union européenne sur la question du tracé de la ligne électrique à Très haute tension (THT), objet de polémiques dans l'est des Pyrénées.

Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 62,7 milliards d'euros en 2005. La France est le deuxième fournisseur et le premier client de l'Espagne. On dénombre en Espagne 1.500 entreprises françaises qui emploient 300.000 personnes.

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