Belgique : bientôt un pays sans Juifs ?

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Plus de Juifs en Belgique

Belgique : bientôt un pays sans Juifs ? 

Le grand rabbin de Belgique, Abraham Guigui, a déclaré après les attentats de Bruxelles qu'il n'y avait « plus de place pour les Juifs en Europe ». Mais tout le monde a compris dans son pays qu'être juif et belge était devenu impossible. Parallèlement à la hausse impressionnante de l'alya - 287 départs pour Israël en 2015, un record - ou à la fuite massive des diplômés vers Londres, New York ou Montréal, les responsables communautaires n'ont qu'un mot à la bouche : « exode ». Les retraités eux-mêmes sont tentés par des destinations plus ensoleillées et surtout plus sûres.

Les mauvais signes s'accumulent. Dernier en date : on a appris que l'une des cibles - manquées - de l'attaque contre l'aéroport de Zaventem était le comptoir d'enregistrement des vols pour Tel-Aviv.

Dans le même temps, la conjoncture économique est encore pire qu'en France : les commerçants bruxellois ont perdu ces derniers mois entre 30 et 40 % de leurs chiffres d'affaires. La crainte du terrorisme qui impacte le tourisme ne suffit pas à expliquer le phénomène. La société belge est en voie de paupérisation accélérée.

Les jeunes Juifs, comme ceux qui résident dans les provinces hexagonales où le chômage est omniprésent, ont le sentiment que l'avenir est bouché s'ils ne prennent pas leurs valises pour des cieux accueillants.

Par ailleurs, la tuerie du Musée juif, en 2014, a traumatisé la communauté, qui compte encore 40 000 membres (pour combien de temps ?), alors qu'il n'y a quasiment plus d'élèves israélites dans les écoles publiques bruxelloises, où 1 habitant sur 3 ou 4, selon les estimations, est de confession musulmane - un cas unique sur le Vieux Continent.

L'agglomération tout entière (y compris le centre-ville) ressemble à la Seine-Saint-Denis ! Les rares établissements juifs sont pris d'assaut et les places manquent cruellement. Du coup, de nombreuses familles n'ont d'autre choix que d'inscrire leurs enfants dans des écoles privées chrétiennes, pour tenter d'échapper à un antisémitisme qui s'exprime encore plus librement qu'en France. Selon une étude émanant des services municipaux, 90 % des élèves scolarisés à Molenbeek, ce quartier marocain de Bruxelles d'où sont issus plusieurs djihadistes, approuvent l'action des terroristes inspirés par Daesh.

Des militaires surveillent les lieux juifs, comme à Paris ou Marseille. Mais leur inefficacité ici proverbiale a incité la communauté à s'organiser et des volontaires juifs les secondent, notamment aux abords des synagogues de la capitale et d'Anvers.

Quoi qu'il en soit, le fait est là : il est extrêmement dangereux d'arborer une kippa dans l'espace public, partout en Belgique, alors que cela ne pose aucune difficulté dans certaines villes françaises comme Strasbourg, Villeurbanne, Neuilly-sur-Seine, Boulogne, Vincennes, Saint-Mandé... ou dans l'ouest parisien. La commune très huppée d'Uccle elle-même, en banlieue bruxelloise, n'est pas épargnée. En mars, un enfant juif qui avait le malheur d'être scolarisé dans un collège laïc y a essuyé de graves insultes antisémites.

En 2015, un sondage a montré que 40 % des Juifs belges voulaient partir. Une proportion inégalée dans l'Europe contemporaine. Or, tout indique que ce nombre a encore augmenté depuis les récents attentats de Bruxelles. De surcroît, pas moins de 28 % des personnes interrogées déclaraient avoir été personnellement victimes d'antisémitisme au cours des mois écoulés.

La couverture médiatique de l'actualité proche-orientale est nettement plus orientée qu'en France. Les journalistes locaux, comme le personnel politique, sont très majoritairement anti-israéliens et cela crée une ambiance délétère, plus insupportable que dans l'Hexagone.

Les Juifs français qui se plaignent régulièrement de la « désinformation » ne sont guère conscients du fait que leur sensibilité est soumise à moins rude épreuve que celle de leurs coreligionnaires d'outre-Quiévrain. Pendant l'opération de Tsahal à Gaza, en 2014, les drapeaux du Hamas étaient en tête de cortège, dans toutes les manifestations pro-palestiniennes (quasi-quotidiennes !), et la presse ne cessait de comparer Israël au régime nazi. Une dérive radicale qui reste taboue dans les grands médias français, tandis qu'on criait impunément « Mort aux Juifs » dans les rues des villes du plat pays.

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