Visiter le centre de Ménahem Begin pour comprendre d'où l'on vient... L'expression du sionisme,par Claudine Houri-Douillet

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menahem-begin.jpgC'est en sachant qui l'on est que l'on sait où l'on va.

Il ne peut y avoir d'avenir pour ceux qui nient leur passé. Telle est la nature humaine.

Aucun échappatoire à nos gènes, et aucun échappatoire à notre propre histoire.

Nous sommes liés, que nous le voulions ou pas, à ce qui nous constitue. Et tous nos efforts à prouver le contraire, sont une simple perte d'énergie, qui aura pour résultat final de nous démontrer que  nous sommes viscéralement attachés à notre histoire. C'est notre point d'ancrage.

Cette histoire racontée par nos parents, par nos grands parents, celle qui a bercée notre enfance, vraie ou fausse.

Quand mon propre père me racontait avec force de détails qu'il était sur l'Altaléna , cette fameuse période de l'histoire que beaucoup préfèrent enterrer, tant elle semble être en contradiction avec les valeurs du futur Israël, non seulement je ne l'écoutais qu'avec une oreille distraite mais en plus je ne voyais aucun rapport avec ma propre histoire...Mais le temps rattrappe toujours les "amnésiques"...

Un proverbe arabe disait la chose suivante : si quelqu'un te raconte son histoire c'est qu'elle te concerne. Tôt ou tard tu en découvrira la raison.

Le temps a bien passé depuis cette époque où mon père me racontait ses frasques avec la future armée israèlienne et ses deux mois passés en prison.Et si lui s'est tu à jamais, alors le destin a continué à me parler.

J'avais retenue confusément que cet épisode était un événement central du sionisme, de l'histoire de Begin et pour être vraiment honnête je ne comprenais pas que mon propre père ait pu avoir un quelconque rapport avec cet événement tragique de l'histoire d'Israël.

En faisant du rangement, un jour, je suis tombée sur une vieille photo, étonnamment bien conservée,  quand je vous disais que le temps rattrapait toujours les amnésiques ...;-)

Je me suis souvenue que mon père me l'avait montrée comme un vestige avec fierté,  mais là où lui percevait la valeur de l'événement je ne voyais qu'un groupe de soldats, en train de poser sur une plage avec en arrière fond un énorme paquebot...Ils avaient l'air de bien s'amuser...

Plus tard ,au fil de mes rencontres pour Alliance,j'ai voulu en savoir plus, je l'ai donc envoyée à Elie Wiesel (sans faire de copie) pour lui demander si cette photo était authentique, sa réponse ne sait pas fait attendre,il me retourna cette photo,illico,  en m'invitant à la conserver précieusement car elle était unique, et que je devais être fière de ce qu'elle représentait. Si Elie Wiesel me le dit, alors ...

Par la suite j'ai consulté sur internet et si c'est vrai que l'événement de l'Altaléna n'était pas caché, on restait plutôt discret sur le sujet.

Puis, toujours au fil de mes rencontres on m'invita à me rendre au Musée de Begin à Jérusalem, je n'avais aucune idée de ce que j'allais y voir, mais j'étais déterminée à comprendre l'épopée  de l'Altaléna puisque cet épisode était attaché à l'histoire de Bégin et par voie de conséquence à ma propre histoire que je le veuille ou non...

Je prie donc place au milieu de visiteurs, israèliens, assise face à un écran où l'on pouvait voir et écouter les discours de ce personnage haut en couleurs, un idéaliste,  un des pères fondateurs du sionisme, d'Israël , Ménahem Begin. 

Sa joute oratoire avec les membres du parti au gouvernement, -Ménachem Bégin fût pendant 29 ans dans l'opposition avant d'être à son tour nommé première ministre d'Israël- était incroyable, il savait manier le verbe comme d'autres l'épée ,avec talent  il savait retourner les paroles de son interlocuteur avec un tel humour qu'il en était désarmant.

Mais en même temps , on pouvait distinguer cette faculté qu'il avait à rassembler, ce qui est le propre des grands hommes politiques et qui préfigurait son geste hautement symbolique de la signature du traité de paix, quelques années plus tard ,avec un des plus grand ennemi d'Israël, l'Egypte.

Puis cette première séquence terminée, on nous emmenait dans "l'appartement de Bégin" ses propres meubles y étaient là disposés, une pièce simple, où seules les photos de famille donnaient un air chaleureux à cet espace.

De nouveau nous nous retrouvions face à un écran, j'écoutais avec attention , les discours de Ménahem Begin, tout en me disant mais enfin pourquoi était-il si charismatique ? ses paroles galvanisaient son auditoire, même 64 ans plus tard ! On était prêt à se lever à nouveau et à le suivre, il avait le verbe haut, le verbe énergique, où chaque parole avait la valeur d'un acte. 

Un idéaliste oui , mais qui a su réaliser le rêve des Juifs , ce que certains espéraient lui l'a rendu possible. Il n'était pas le seul , mais il est et restera la figure emblématique de notre Histoire.

Je me rendais compte aussi que si aujourd'hui la tendance est de vouloir renforcer notre sionisme , notre identité, il est indispensable de faire connaissance avec ses pères fondateurs, et d'aller vers notre histoire, d'y amener nos enfants.

Si aujourd'hui nous pouvons vous baigner sur les plages de Tel-Aviv et aller en boîte et au resto, c'est parce que d'autres l'ont rêver pour nous et il n'y a que 64 ans ! 

Est-ce que l'on se rend compte de la jeunesse et du parcours exceptionnel de ce pays ? Juste parce qu'un groupe d'homme a été inspiré, inspiré par sa propre histoire.

Et puis soudain, je fût surprise au point de lâcher un "oh  c'est l'Altaléna !" je voyais, je reconnaissais enfin ce fameux bateau , le bateau de mon histoire, le bateau de la photo , là sur l'écran, et partir en fumée sous l'injonction d'un Ben-Gourion déterminé à être le seul "à bord", le seul à bord de l'histoire de Tsahal, refusant de partager ce nouveau pouvoir  au point de tirer sur des juifs, venus de France et d'ailleurs, la fleur aux fusils, venus porter de l'aide et des armes à cette armée naissante. Fiers d'accoster sur cette plage à Nathanya, fier de participer activement à l'indépendance de ce pays.

Si la fin fût tragique puisque plus de 100 personnes à bord y trouvèrent la mort, il n'en reste pas moins que cet épisode fût aussi un des points d'ancrage de l'Histoire d'Israël.

Cet épisode nous apprend que les fondements d'un état ne se passe jamais dans le consensuel et que ceux qui condamnent  aujourd'hui Israël pour ses prétendues exactions, devront condamner tous les états, tous les pays du monde. Car pas à un seul n'a pu exister sans tuer d'autres hommes fussent-ils ses propres frères. 

La volonté , la détermination d'un seul homme peut être le commencement de l'histoire d'autres hommes ou en signer leur fin…

Et pour mieux illustrer cette conclusion voici une histoire qui a bercée cette fois ma jeunesse 🙂 

Le paradis et l'enfer

Un vieux moine était assis sur le bord de la route, les yeux fermés, les jambes croisées, les mains posées sur les genoux.  

Il restait assis là, méditant profondément.  Soudain son zazen fut interrompu par la voix rauque et revendicatrice d'un samouraï.  « Vieil homme! Dis-moi à quoi ressemble l'enfer et le paradis! »

Sur le coup, le moine n'eut pas la moindre réaction.  Mais peu à peu, il ouvrit les yeux, releva imperceptiblement les commissures de ses lèvres, comme pour sourire, tandis que le samouraï restait planté là, impatient, de plus en plus agité.

« Tu désires connaître les secrets du paradis et de l'enfer? »,  demanda finalement le moine.  « Toi, avec ton allure négligée, avec tes mains et tes pieds couverts de boue,  avec tes cheveux ébouriffés, avec ta mauvaise haleine, avec ton épée rouillée et tordue, toi qui es laid et dont la mère t'habille si drôlement, tu oses me demander de te parler du paradis et de l'enfer? »

Le samouraï jura vilainement.  Il sortit son épée et la souleva au-dessus de sa tête.  Son visage devint cramoisi et les veines de son cou se gonflèrent tandis qu'il s'apprêtait à couper la tête du moine.

« Cela c'est l'enfer »,  lui dit doucement le vieux moine, juste au moment ou l'épée commençait à redescendre.  Le samouraï resta bouche bée de stupéfaction, de respect, de compassion et d'amour devant cet homme aimable qui avait risqué rien de moins que sa vie pour lui prodiguer cet enseignement.  Il arrêta son épée à mi-chemin et ses yeux se remplirent de larmes de gratitude.

«Et cela, c'est le paradis», dit le moine.

Si vous aussi vous voulez connaître votre histoire, celle du peuple juif, la contemporaine, la suite de8menahem-begin.jpg la Thora en quelque sorte, je vous invite à cette visite.  Venez visiter le Musée de Bégin, 6 rue Nahon à Jérusalem. Tel : 972-(0)26562020,vous serez ému et fier de faire partie de cette histoire et de la transmettre à votre tour à vos enfants. Pour en savoir plus cliquez-ici 

Alors vous comprendrez que le mot sioniste n'est pas une insulte, vous redonnerez le sens originel au sionisme, et aussi pourquoi il est si important de se souvenir d'où l'on vient afin de ne pas se laisser entraîner vers une autre histoire qui ne sera jamais la notre.

Claudine Houri-Douillet

 


 

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