Une équipe de l'Inserm découvre une molécule commune à onze cancers

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Article paru dans "LeMonde.fr"

Une équipe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), conduite par le Dr Nicolae Ghinea, a découvert la présence d'un marqueur biologique unique dans pas moins de 11 cancers différents. Ces travaux sont publiés jeudi dans le New England Journal of Medicine. La molécule en question, la FSH ou 'Hormone folliculo stimulante', est synthétisée dans le cerveau. On la trouve dans les organes reproducteurs humains, les ovaires et les testicules. Chez la femme, elle stimule notamment la production d'oestrogènes, et chez l'homme celle de spermatozoïdes. Les marqueurs tumoraux hormones, protéines, enzymes... peuvent signer la présence de cancer, comme le PSA pour le cancer de la prostate ou la HCG pour le cancer des testicules.

En étudiant des biopsies de 1 336 patients souffrant de 11 types de cancers différents, les chercheurs ont constaté la présence dans toutes les tumeurs d'un récepteur de cette hormone. Les cancers étudiés ont été ceux de la prostate, du sein, du colon, du pancréas, de la vessie, du rein, du poumon, du foie, de l'estomac, des testicules et des ovaires. Faute de moyens, il a fallu s'arrêter là, selon le Dr Ghinea, mais la liste devrait s'élargir, même si les cancers cités représentent '70 % des cas de cancer et 90 % des cas de décès'.

'ON PEUT IMAGINER UN TRAITEMENT UNIVERSEL'

Les récepteurs se trouvaient sur la surface des cellules endothéliales qui tapissent l'intérieur des vaisseaux sanguins nourriciers, à la périphérie de la tumeur. Ce qui, notent les chercheurs, en fait 'une cible facile pour les agents de diagnostic et de thérapie injectés dans le sang'. A contrario, les récepteurs étaient totalement absents des tissus non malades de l'organisme, y compris des tissus sains de l'organe porteur de la tumeur.

La route est encore longue cependant pour aboutir à une thérapie 'universelle', reconnaît Nicolae Ghinea, qui travaille sur le sujet depuis près de dix ans. Il faut en effet encore élargir la recherche à d'autres types de cancer, confirmer la détection du récepteur avec d'autres procédures, conduire des études précliniques pour le perfectionnement des procédures et des éventuels agents thérapeutiques. 'C'est maintenant que tout commence', dit le Dr Ghinea. En attendant l'élargissement des recherches, qui devraient durer des années, 'on peut imaginer un traitement universel pour un marqueur universel', à tout le moins pour 'commencer le traitement'. L'Inserm a déjà déposé une demande de brevet sur la méthode d'imagerie.

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