InterviewInédit de Sandrine Kimberlin par Laurent Bartoleschi

Femmes de paroles - le - par .
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kimber.JPGAprès avoir évoqué dans un premier film le problème du couple dans Deux vies plus unes, la réalisatrice Idit Cébula nous plonge cette fois ci dans les affres d'une famille. A l'occasion de funérailles rocambolesques, Charles, Rosemonde et Emma, frère et sœurs, se retrouvent !

Rencontres électriques pour cette fratrie qui ne sait comment se dire son affection et son amour réciproque. Une belle brochette de comédiens, de Richard Berry à Emmanuelle Devos, de Lionel Abelanski à Michel Jonasz, sans oublier la sœur décalée Sandrine Kiberlain qui a accepté de répondre à nos questions. Interview.

L.B: Qui êtes vous dans Rue Mandar?

Sandrine Kiberlain: Dans rue Mandar, je joue la sœur cadette d'une fratrie qui se retrouve autour de l'enterrement de la maman et qui s'est livrée à décider de quitter le noyau familial pour fuir. Pour fuir sûrement le poids de cette famille! Aussi son coup de foudre n'est autre que la terre d'Israël! L'unique endroit où elle s'y sent à l'aise.

L.B: Quel est le point commun entre Emma et vous?

S.K: Dans la vie il y a comme une part de ressemblance avec le personnage que j'interprète, puisque j'aime aussi me rendre en Israël et puis surtout j'ai de la famille là-bas. Dans ce pays, je me sens comme nulle par ailleurs. J'essaie de m'y rendre le plus souvent possible. Pas tous les ans automatiquement; j'y suis allée par exemple il y a deux ans de cela où j'ai fait connaître se pays ma fille.

L.B: Que vous inspirent les débats sur la famille et la filiation?

S.K: La famille représente une sorte de noyau. C'est une chose qui nous fait, qui nous apprend à vivre à grandir,… Débattre de la famille aujourd'hui, dire du mal de la famille, sont des maux qui ne me ressemblent pas du tout et ne font pas partis de mon cœur. Une famille liée, comme un chainon, est un luxe et c'est précieux. Maintenant, au contraire, sans famille il n'y a aucun repère. On peut se sentir complètement perdu.

L.B: Vous avez tourné avec autant de réalisatrices que de réalisateurs. En faites-vous une différence?

S.K: Le désir n'est peut-être pas le même. D'abord, il n'y a aucune différence. Il peut y avoir des hommes très féminins, comme il peut y avoir des réalisatrices très masculines. Peut-être que chez une cinéaste femme, arpente le désir de se retrouver en moi, de trouver en moi ce qu'elle est, ou du personnage dont elle a rêvé; tandis que chez un cinéaste, on retrouve un désir déplacé différemment: l'envie de le faire voyager ailleurs. Il y a du coup, forcément moins d'identification.

L.B: Vous avez un point commun avec la réalisatrice Idit Cébula: vos origines polonaises. Comment s'est déroulée l'ambiance du film?

S.K:
Le film traite du judaïsme puisqu'il est question d'une famille juive.  On ne fête pas la galette des rois mais Rosh Hashana; tout ceci me parle puisque, ces fêtes sont celles dont j'ai l'habitude de célébrer chaque année avec ma propre famille. Sinon, tout le monde a le droit et peut s'identifier; dans toute famille, ça parle fort, ça se coupe la parole, ça s'engueule (pour se réconcilier ensuite). C'est de cela même de quoi traite le film Die dites de la position que l'on a en tant que frère aîné et sœur cadette; tout ce qui nous forme et nous fait avancer pour toute la vie. La famille c'est cela même.
 
L.B: L'humour est ambigu dans rue Mandar, on rit certes, mais quelquefois, sommes-nous vraiment en mesure de se dire si l'on peut en rire?

S.K: Je crois que les situations aussi extrêmes que le deuil d'une maman peuvent amener des situations qui nous échappent. Les vraies comédies sont  celles-ci; celles qui ne cherchent pas à faire rire. Marier du dramatique avec du comique c'est le pari (réussi) d'Idit Cebula. Il peut se passer des choses complètement hallucinantes comme ici la séquence d'ouverture du film des funérailles, alors qu'elle est extrêmement drôle. Il m'est arrivé dans ma vie de vivre des épreuves où l'on est surpris soi-même. D'être pris au dépourvu, de situations plus burlesques les unes que les autres. Et, c'est l'une des forces du film: nous faire rire avec du dramatique. On retrouve cela chez Woody Allen que dans les premiers films de Claude Lelouch voire, dans les comédies italiennes des années 1960. Alors en effet, les spectateurs rient et pleurent mais surtout disent qu'ils ont envie de connaître cette famille c'était le pari que l'on avait entre Richard Berry, Emmanuelle Devos et moi de former un vrai trio de frère et sœurs.

Laurent Bartoleschi

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