Paracha de la semaine : TETSAVE La lumière éternelle du chandelier

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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TETSAVE les vêtements du grand prêtre cohen

TETSAVE La lumière éternelle du chandelier

Ce Chabbat est un Chabbat extraordinaire, il fait parti des 4 chabbath avant Pessah, c’est le Chabbat Za’hor qui précède Pourim.En effet, nous devons nous souvenir d’Amalek ennemi irréductible du peuple juif dont nous devons extirper son souvenir sur terre.

Les communautés juives séfarades lisent ce chabbat une poésie de Rabbi Yehouda Halévy , poète du 12e siècle. Elle a pour titre « Mi Kamo’ha » . Un passage fait allusion à l’avènement du Juif Mardochée et de sa fille adoptive Esther qui ont fait échouer grâce à l’intervention du D.ieu Tout Puissant les plans diaboliques projetés par l’impie Haman, descendant d’Amalek « Kol orev lemino ».Avec un très grand luxe de détails, notre sidra relate la description des vêtements sacerdotaux et donne des indications sur l’huile qui alimentait le candélabre.

D.ieu dit à Moïse au chap. 27, v.20 de l’Exode: « Tu ordonneras aux enfants d’Israël qu’ils prélèvent pour toi de l’huile d’olive pure broyée, pour le luminaire, afin d’entretenir la lumière perpétuellement ». C’est un des versets les plus commentés de la Torah.

Peut-être plus qu’aucun autre, il montre à l’homme que l’accomplissement des préceptes divins l’enrichit spirituellement. En obéissant aux lois de la Torah, il ne rend pas service à D.ieu mais à lui-même. Le Midrache relève en effet: « D.ieu n’a pas dit à Moïse: ils prendront cette huile pour Moi, mais ils la prendront pour toi », c’est-à-dire pour le peuple et pour toi, son porte-parole.

La flamme du candélabre est devenue l’image de la spiritualité juive. Depuis des siècles, les générations successives puisent dans ce verset quelques leçons essentielles pour la vie. Ils le font d’autant plus naturellement que l’olive broyée, qui donne son huile, ressemble par trop au peuple d’Israël, meurtri par une cruelle histoire, et qui n’en continue pas moins à fournir sa brillante contribution au progrès de l’humanité.

Si notre fierté est légitime, nous ne pourrons malheureusement tirer aucun orgueil de cette constatation. Le monde, avec ses cortèges de guerres, de crises, ses misères mal pansées, ses souffrances toujours renouvelées nous abreuve de désespoir , nous remplit d’humilité, nous fait douter de l’homme. C’est alors que, pour ne pas sombrer dans de stériles lamentations, nous nous raccrochons à l’image de l’olive.

La Torcha à ce sujet: « Matit lamparo » c’est-à-dire que l’olive était broyée, concassée pour devenir lumière. Rachi souligne curieusement que cette condition n’était pas nécessaire pour les offrandes du sanctuaire, en hébreu mena’hot. Comme ce mot « mena’hot » est phonétiquement très proche de menou’hot, le repos, un commentateur bien avisé remarque que le coeur de l’homme est certainement meurtri par les flots d’injustice qui submergent l’humanité. Mais aussi sombres que soient les perspectives d’avenir, nul n’a le droit d’en tirer argument pour se laisser aller à ne rien faire.

Il ne doit pas broyer du noir et se reposer, il doit se ressaisir et agir efficacement pour sortir de cet état de déprime. Il est dit au contraire « Katit lamaor », broyée pour donner la lumière, source d’espérance.

Nous connaissons le symbole de la lumière - première dans l’ordre de la création - dans le judaïsme. Elle accompagne le juif depuis son berceau jusqu’à sa tombe ; éclairant ses chabbats et ses fêtes ; répandant sur le nouveau-né sa joyeuse clarté ; illuminant la mort de sa mélancolique lueur.L’âme humaine n’est-elle pas comparée à la lumière, comme il est dit: « Car une lumière divine est l’âme humaine ».(Prov. 20,22) Il en est de même de la parole de D.ieu:

« Ta parole est un flambeau pour mes pas, une lumière qui éclaire ma route »., proclame le psalmiste (Ps. 119,105).Les Sages nous dispensent donc une leçon capitale, à savoir que pour faire briller toutes ces lumières, il faut prélever le feu sur l’autel des sacrifices quotidiens.

Car sans le feu des sacrifices quotidiens pour les valeurs suprêmes de notre judaïsme, il est impossible de faire monter la lumière éternelle du chandelier, symbole permanent du judaïsme.

Claude Layani

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