Paracha de la semaine : N A S S O Le Naziréat

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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Parachat NASSO Le nazireat

N A S S O Le Naziréat

En nous basant sur le verset de garde : « Lorsqu’un homme se distingue en faisant un vœu de Nazir », il nous faut faire, à propos du Nazir, une première constatation c’est que l’homme se désigne par un libre choix à l’état de Nazir, la Torah se contente d’enregistrer ce désir, d’en fixer la loi sans jamais ordonner la chose.

Cette loi permet au postulant la privation de vin et liqueur ou réglemente l’interdiction de se tailler les cheveux. A aucun moment il n’est question d’autorisation le célibat, cette autorisation serait fondamentalement en contradiction avec l’un des premiers commandements de la Torah : la procréation.

La privation de vin peut être à la rigueur un facteur d’éducation, en soi elle ne peut être une vertu bénéfique à la collectivité et elle ne cause aucun détriment. D’ailleurs si le Naziréat comportait une vertu, la Torah l’aurait expressément recommandé.

Que représente donc ce Naziréat, est-il un moyen de sauvegarde spirituelle, de domination d’un penchat, ou est-ce une épreuve frayant la voie à la sainteté ?

Poser la question c’est déjà esquisser la raison pour laquelle tant de croyances s’y réfèrent et tant de Nazirs non-juifs ont atteint un degré de la sainteté.

Lorsque la Torah ordonne aux Juifs d’être des saints « Kedochim Tihiou » et qu’elle dresse le programme de la Kedoucha et les moyens que D… révèle et met à la disposition de l’homme pour devenir Kadoch, elle n’énumère nullement l’interdiction du vin.

Le Naziréat, n’est donc pas en soi un acte de sainteté. L’énumération de ces moyens d’accès à la sainteté montre qu’ils sont tous dans l’axe du rapport de l’individu à la collectivité, à sa référence aux ancêtres, à ses pauvres, à ses prochains.

L’individu s’imposant des privations arbitraires ne se situe pas forcément dans cet axe.

Lorsque plus tard Jérémie louera les Rakabites – ces célèbres naziréens – il ne le fera que dans le sens de l’observance d’un vœu prononcé par leurs ancêtres, c’est cette fidélité à l’héritage spirituel qui était louable. Jerémie ne se prononce pas du tout sur l’essence du néder.

Parachat NASSO Le nazireat

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En conclusion, le nazir est un individu qui recherche la voie de son salut personnel

; la Torah est la Torah de la délivrance du peuple et des règles de sa vie collective , on n’y trouvera pas de commandements ou des recommandations d’embrasser l’état de Nazir.

Il est certain que la Torah voit le nazir d’un œil défavorable, car elle est toute dirigée vers l’action, vers la vie dans sa grandeur comme dans sa misère.

Si cependant elle admet l’existence du nazir, c’est que, faite pour l’homme, elle connaît parfaitement les différents types de la personnalité humaine. Certains ont une aspiration profonde pour une vie contemplative et veulent rompre avec les entraves des contingences humaines pour concentrer leurs forces sur la recherche intellectuelle.

Les ordres monastiques répondent à cette aspiration, mais ils prétendent proposer leur mode de vie comme idéal universel, comme la condition indispensable pour arriver à une vraie spiritualité. La Torah répond aussi à cette aspiration mais en sachant bien qu’il convient de prévenir les tendances aux excès, et que seuls un petit nombre d’hommes ne peuvent accéder à la spiritualité que par l’ascèse et la contemplation pure. Ces hommes ne sont pas toute l’élite des sociétés et ne détiennent pas le privilège de la spiritualité.

Car l’homme qui trouve toutes les possibilités de servir D… dans une action constante parmi ses semblables et dans un effort pour dominer la matière et la mettre au service de l’humanité, représente un type plus sain et plus équilibré que le nazir. Cet homme est indéniablement imprégné d’une spiritualité vraie, à mesure humaine.

Il est possible que le Nazir fera, pendant sa période d’ascèse, la découverte de cette leçon fondamentale, et, après avoir offert un sacrifice d’expiation, reprendra place avec joie dans le monde de ses semblables,

CLAUDE LAYANI

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