Paracha de la semaine : MATOT – MASSE Unité du peuple, unité nationale

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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MATOT – MASSE Unité du peuple, unité nationale

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Paracha de la semaine : MATOT – MASSE Unité du peuple, unité nationale

Lorsque la Tora, à la fin du livre des Nombres, envisage de façon concrète le partage du pays, elle énonce deux principes contradictoires. Elle évoque d'une part un principe de répartition équitable entre individus, qui semble aller de soi, d'autre part un principe de répartition équitable entre les douze tribus, elles-mêmes d'importance diverse. Ces deux injonctions apparaissent comme forcément incompatibles sur un plan pratique.

Sans chercher à savoir aujourd'hui comment a pu être aplanie cette difficulté technique, nous voudrions poser cette question: Pourquoi la Tora, en dépit de toute considération pratique, persiste-t-elle à préconiser un schéma de partage qui respecte les divisions traditionnelles d'Israël, imposant un strict regroupement géographique par tribus ?

On aurait pu penser que cette partition du peuple en douze tribus ait quelque peu perdu de son sens ou de son intérêt avec le temps, que les particularismes exacerbés au départ, des pères fondateurs de la nation, se soient estompés progressivement, comme tous les particularismes, suivant en cela une pente naturelle. Et sans doute effectivement, au moment d'hériter de sa terre, cette constitution du peuple en douze familles a-t-elle perdu de sa force originelle.

Or, la Tora réagit avec vigueur contre une telle évolution. Tout au long du livre de Bamidbar, elle revient avec régularité sur cette formelle exigence: "C'est selon les tribus de vos pères que vous hériterez (Nb 33,54). Au moment d'hériter du pays, il conviendra de perpétuer la notion de tribu. Les dernières lignes du livre, dans la paracha Massé, résonnent encore de cette préoccupation: "Chacun des enfants d'Israël demeurera attaché à l'héritage de ses pères (Nb 36,7).

Lorsque la Tora répète à l'envie "qu'aucun héritage chez les enfants d'Israël ne sera transporté d'une tribu à une autre, elle témoigne sans doute d'un souci qui dépasse largement celui de la préservation du patrimoine de chaque tribu, du maintien de chacune dans les limites qui lui auront été imparties.

La Tora désire par la persistance de la notion de tribu, promouvoir une conception, la plus aboutie et la plus exigente qui soit de l'unité d'un peuple. Une unité nationale qui ne soit pas une unité de façade, un mot creux qui ne recouvre aucune réalité humainement valable. Mais un peuple qui soit un en ceci que chaque individu y soit unique et irremplaçable et arrive à s'intégrer à la dynamique collective, tout en donnant pleinement sens à sa vie. Or, ceci est loin d'aller de soi dans la pratique quotidienne.

Chaque tribu aura à coeur de s'accomplir dans son "style" propre, parachevant ainsi l'oeuvre des pères, assumant jusqu'au bout son mode d'existence spécifique. Assurant ainsi la transmission des valeurs patriarcales sous douze modes principaux qui doivent trouver à se conjuguer dans l'histoire, seule condition à l'héritage paternel dans son intégralité.

Mais cette unité doit encore s'éprouver dans l'enracinement dans une terre. Là il faudra plus que jamais déjouer les tentations nationalistes, laisser place à la diversité, dans l'unité. C'est pour cette raison que la Tora tient à ce que soit préservé, en tout cas dans un premier temps, ce regroupement par tribus.

CLAUDE LAYANI

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