Judaisme : verset de la semaine : CHOFETIM La nomination des juges

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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CHOFETIM La nomination des juges

CHOFETIM  La nomination des juges

L’installation des tribunaux ainsi que la nomination de juges et de magistrats appelés à rendre la justice, est une des grandes préoccupations de la Torah. Dès le lendemain de la Révélation, nous voyons Moïse lui-même prendre sur lui de juger les différends qui opposaient les plaideurs. Et Jethro, son beau-père, ne manque pas de lui donner des conseils pour l’organisation pratique des cours de justice appelées à se prononcer sur les affaires qu’on lui soumettait.

CHOFETIM  La nomination des juges

CHOFETIM La nomination des juges

 

Dans notre Sidra, Moïse revient sur ce point pour signaler surtout qu’il ne s’agit pas, pour les juges, de départager simplement ceux dont les intérêts sont opposés, mais de baser leur verdict sur la stricte justice.

Rien ne serait plus contraire à ce que la Torah recherche que d’avoir deux poids et deux mesures en justice, de juger différemment, voire d’une manière tout à fait opposée, deux personnes ayant commis le même délit.

Les faits seuls relèvent de la justice et seuls doivent intervenir dans l’arrêt rendu.Sans justice stricte et désintéressée, aucun pays ne peut survivre, car chaque déni de justice sape irrémédiablement et profondément ses fondements.

« Ne fais pas fléchir le droit, n’aie pas égard à la personne, et n’accepte point de présent corrupteur, car la corruption aveugle les yeux des sages et fausse la parole des justices. C’est la justice, la justice seule que tu dois rechercher, si tu veux te maintenir en possession du pays que l’Eternel, ton D.ieu te destine » (Deut.19,19-21)

Voilà un programme ambitieux pour assurer la vie du peuple juif sur sa terre.

La corruption, hélas, est le fléau majeur qui ravage les nations les plus grandes et les plus puissantes de notre temps. Les « pots de vin » apparaissent de plus en plus même dans les milieux qu’on aurait jamais soupçonnés et, malheureusement. Israël n’est pas épargné par  ce fléau social.

Sans doute Moïse avait prévu tout cela et c’est pourquoi, soulignant l’importance de la justice, de l’intégrité et de la probité qui doivent régner en Israël, il précisa: « si tu veux te maintenir dans le pays que D.ieu te donne.

Cela implique que la justice n’est pas seulement un problème social, mais aussi un problème politique. Le fondement de toute politique est d’abord l’existence de la justice et c’est pourquoi en Israël il n’y avait pas de séparation des pouvoirs comme dans les régimes occidentaux. L’on considérait que le chef de l’exécutif, le roi par exemple dans l’Israël ancien, avait une responsabilité dans l’établissement de la justice. Pour mériter le pays que D.ieu nous donne nous devons établir des juges et des gardiens, c’est-à-dire des assistants de la justice.

Après l'exhortation initiale bien connue Tsédék Tsédék tirdof, la justice, c'est la justice que tu poursuivras", Moïse entreprend d'édifier son peuple sur la nature de ce "tsédék" .

Pourquoi le mot Tsédék est redoublé ? Pour t’enseigner rappellent nos Sages qu’il y a lieu de faire intervenir la justice mais aussi d’utiliser le compromis. Celui-ci ne constitue pas un pis-aller, une sorte de sortie dans une situation inextricable. Il est lui aussi une forme de justice. Nous devons voir plus loin que le droit strict. Personne ne peut se justifier de « son bon droit » et l’utiliser à tout prix. La vie en société repose aussi et surtout sur des compromis, que ce soit dans les relations de travail, au sein de la famille ou dans la conduite sur route.

La justice stricte se doit d’être tempérée. Aussi le prophète Zacharie dit-il (8,16): Juger dans vos portes selon la vérité en appliquant une justice tempérée par la paix » Cela veut dire que si nous appliquons une justice stricte, on n’établira pas la paix entre les hommes, par contre si l’on veut faire régner la paix entre les hommes, on ne rend pas la justice. Comment alors établir un compromis entre ces deux éléments et obtenir l’avantage qui résulte des deux ? En préférant la solution de l’arbitrage au recours devant les tribunaux.

Dans les Pirqé Avoth, les Pères de la Synagogue, rabbi Shemouel, fils de Rabbi Gamliel disait: « Le monde se maintient par trois principes: par la vérité, la justice et la concorde »

La justice est le pilier central qui exige l’exercice des deux autres vertus: vérité et paix. En effet, par la justice le monde est appelé à vivre selon les principes de la vérité et à s’ouvrir à une ère de paix.

Claude LAYANI

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