Jean Soler ou le raisonnement par opposition à la foi. La religion juive n'estpas monothéiste mais monolâtrique Par Claudine Douillet.

Judaïsme - le - par .
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Jean Soler érudit universitaire, ancien diplomate pendant 8 années en Israël, démontre preuve à l'appui l'inexistence de dieu et par voie de conséquence l'illégitimité du peuple juif.

En prenant connaissance de ses 6 idées reçues on ne peut-être qu'agréablement surpris, celles-ci ne contestent en rien la Thora, voire même la consoliderait dans ses fondements.

Ainsi Jean Soler nous "apprend" que le Cantique des Cantique n'est pas un hymne à l'amour entre le peuple juif et son dieu non, mais un simple poème d'amour.
Et c'est vrai, ce poème était dédié à Bat-Sheva dont le roi David tomba follement amoureux, et  il envoya le mari à la guerre pour qu'il y a soit tué afin d'épouser la belle...Quelle moralité ! 🙂

Il nous "apprend " également que le dieu des juifs n'est pas unique mais a été élu parmi d'autres Dieux...Rien de nouveau sous le soleil pour peu que qu'on sache lire l'hébreu.
En effet il est bien indiqué, dans le second commandement : Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi. ce qui sous-entend qu'il y en a d'autre. Mais par l'élection de ce dieu la loi de réflexion s'applique, ainsi  par mon élection tu deviens le peuple élu.

La religion juive n'est donc pas monothéiste mais monolâtrique : elle enseigne la préférence d'un dieu parmi d'autres. Le monothéisme juif est une construction qui date du Ve siècle avant l'ère commune. C'est vrai.

Autre idée reçue : la Bible a donné le premier exemple d'une morale universelle.
Faux selon Jean Soler,  ses prescriptions ne regardent pas l'universel et l'humanité, mais la tribu, le local, dont il faut assurer l'être, la durée et la cohésion. L'amour du prochain ne concerne que le semblable, l'Hébreu, pour les autres, la mise à mort est même conseillée.

Effectivement, Jean Soler a raison.L'amour du prochain est porté exclusivement pour celui qui est "kamokha ", comme toi, celui qui est proche, de la même tribu, il faudra attendre l'avénement du nouveau testament pour que le concept de l'amour du prochain puisse s'étendre envers tous. Encore une fois aucune révélation fracassante pour celui ou celle qui sait lire un texte.

Quatrième idée reçue : les prophètes ont promu la forme spiritualisée du culte hébraïque.
Selon Jean Soler ce serait faux, pour les hommes de la Bible, il n'y a pas de vie après la mort. L'idée de résurrection est empruntée aux Perses, elle apparaît au IIe siècle avant J.-C. Celle de l'immortalité de l'âme, absente de la Bible hébraïque, est empruntée aux Grecs.

Dans la Bible, effectivement l'idée de la réincarnation, ou périgrénation de l'âme, guilgoul en hébreu,n'apparaît pas explicitement, pourtant, elle est présente, ne serait-ce que dans l'anecdote de la grotte de makpella , tombaux des patriaches , et dont le nom  "par deux fois" ou "doublée" précise l'idée de la réincarnation des âmes. Dans le Talmud il est d'ailleurs établi qu'Adam a donné des années de sa vie afin qu'elles soient ajoutées à celle du roi David.

Sixième idée reçue : Dieu a confié aux juifs une mission au service de l'humanité.
Selon Soler, faux : Dieu a célébré la pureté de ce peuple et interdit les mélanges, d'où les interdits alimentaires, les lois et les règles, l'interdiction des mélanges de sang, donc des mariages mixtes. Ce dieu a voulu la ségrégation, il a interdit la possibilité de la conversion, l'idée de traité avec les nations étrangères, et il ne vise pas autre chose que la constitution identitaire d'un peuple. Ce dieu est ethnique, national, identitaire.

Et pourtant c'est vrai, c''est ce qui a permis la distinction du peuple juif des autres peuple et la naissance d'Israël en tant que peuple et terre. La mission au service de l'humanité est donc réelle puisque par son élection elle donne l'exemple.

Mais il va encore plus loin, on s'en doutait, les nazis étaient des hommes de foi.
Les soldats du Reich allemand ne portaient pas par hasard un ceinturon sur la boucle duquel on pouvait lire : "Dieu avec nous"...Ainsi Hitler en rédigeant Mein Kampf n'a rien fait d'autre que de copier Moïse ! " Mein Kampf (1924) est le modèle hébraïque auquel il ne manque même pas Dieu" : Hitler est le guide de son peuple, comme Moïse ; le peuple élu n'est pas le peuple juif, mais le peuple allemand ; tout est bon pour assurer la suprématie de cette élection ; la pureté assure l'excellence du peuple élu, dès lors, il faut interdire le mélange des sangs.

Ainsi il affirme que la Shoa est la preuve de l'inexistence de dieu, idée un peu bâteau, pour ne pas dire surfaite, au point qu'on aimerait rétorquer à cet érudit;  fallait- il attendre la Shoa pour dire que Dieu n'existe pas ? Qu'en-est-il de la destruction de son Temple, de l'exil de son peuple, de l'inquisition , des pogroms, la liste est longue.
Ici même, la réponse de Taillerand à Napoléon, me traverse l'esprit lorsque celui-ci lui demanda la preuve de l'existence de dieu " Les Juifs, ils sont là malgré nous ! "

Ce qui reviendrai à dire que si les Juifs ont réussi à sortir de ces enfers,c'est parce que Dieu existe mais il n'est pas tout seul, Soler l'affirme lui-même, le dieu des juifs n'est pas unique, il y en a tout une colonie qui l'attendent au tournant !  En affirmant que le dieu des juifs n'est pas unique  il laisse la possibilité de réfléxion suivante que les enfers vécus par le peuple juif, ne sont que des guerres entre dieux. Why not ?

Et oui notre Cher Soler si rationnel se heurte comme d'autres à l'irrationnalité de cette survivance d'un peuple, qui se fiche que les idées reçues soient fausses car il en a fait sa croyance. Et si la croyance limite nos actions, elle peut tout aussi bien les amplifier.

Ainsi le raisonnement nécessaire à la déconstruction de  l'existence de dieu, par des preuves, dont fait acte Jean Soler, ne peut avoir aucun impact sur la foi. Car elles sont par essence opposées. Sa pensée est le résultat d'un raisonnement cartésien ,la seconde, la foi, échappe totalement à ce raisonnement. Elle est irrationnelle.

Alors pourquoi en faire l'oeuvre de toute une vie, la sienne, ne suffisait-il pas de le pensertout simplement, ou de ne pas en parler que dieu n'existe pas plutôt que de vouloir le démontrer avec tant d'acharnement.Cet acharnement est suspect.

Pourquoi parler de ce qui n'existe pas ? N'est-ce pas un non-sens en soit. Il semble qu''il n'en soit pas lui-même convaincu, peut-être cherche-t-il à comprendre la survivance du peuple juif par la simple croyance d'être le peuple élu et par la même le "secret" d'une telle "mystification" ?

Partagé entre sa fascination irrationnelle et son raisonnement hautement intellectuelle à déconstruire le "mythe du monotheisme juif" il faut bien comprendre que sa passion, son acharnement à prouver ce qui n'existe pas, est totalement irrationnel ! l'a-til compris lui même ? J'en doute.

Sa déconstruction systématique ,méticuleuse, du monothéisme, du dieu unique, par des preuves tangibles, incontestables pour celui qui se place dans le raisonnement,  le place lui,imanquablement dans la problèmatique, de la recherche de la preuve d'un dieu.

Dans sa volonté viscérale de déligimitiser le peuple juif ainsi que de tous les croyants en général, musulmans, chrétiens y compris  et même des néonazis  -qui dans leur essence ont voulu remplacer le peuple élu voir ci-dessus - que lui reste-t-il  comme lecteurs à ce cher Jean Soler ? Pas grand monde pas grand monde...

Claudine Douillet


Vos réactions

  1. abrami@gmail.com'Leo Abrami

    Bonjour Claudine,

    J’ai alors lu votre article sur Jean Soler qui montre que vous n’avez pas froid aux yeux et que vous êtes prête à vous engager dans une controverse bien épineuse. Je laisserai à d’autres le soin d’en faire une évaluation selon les normes qui ont cours en France.
    Je ne ferai qu’une seule remarque concernant le paragraphe suivant:

    Effectivement, Jean Soler a raison. L’amour du prochain est porté exclusivement pour celui qui est « kamokha « , comme toi, celui qui est proche, de la même tribu,
    il faudra attendre l’avénement du nouveau testament pour que le concept de l’amour du prochain puisse s’étendre envers tous. Encore une fois aucune révélation fracassante
    pour celui ou celle qui sait lire un texte.

    Votre argument n’est pas entièrement correct.
    1. La règle d’or de la Torah est énoncée deux fois dans ce même chapitre 19 du Levitique.
    Au verset 18, il est dit en effet « tu aimeras ton prochain ‘Kamokha’ mais au verset 34, nous avons une toute autre version :
    « L’étranger qui réside parmi vous, tu le considèreras comme l’un des tiens et tu l’aimeras comme toi-même …  »
    Pour la plupart des interprêtes de la Bible, cela signifie que la règle d’or est universelle et qu’elle inclue l’étranger !
    Les auteurs du NT (nouveau testament) n’auraient donc rien inventé sur ce point.

    Avec mes meilleurs voeux,

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