Poète juif : Du Yiddish à la langue indienne Jérôme Rothenberg

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Jérôme Rothenberg poste juif

Seneca de Jerôme Rothenberg

Seneca de Jerôme Rothenberg

Du Yiddish à la langue indienne

Jerome Rothenberg, « Journal seneca », Editions José Corti, Paris, 2015, « Secouer la citrouille » traduit par Christophe Lamiot Enos, Les Presses Universitaires de Rouen et du Havre .

Jerome Rothenberg est un poète d’exception. Il ouvre à un aperçu anthropologique que seuls les imbéciles taxeraient de fantaisiste. Ici le mouvement lui-même du texte, sa motilité vertigineuse, l’intranquillité de son sens créent par glissements inapaisables une fable implicite du corps. La poésie devient une onde textuelle qui traverse et poursuit de pages en pages l’opacité de l’Histoire pour ouvrir à sa béance et son énigme dans la concaténation de langues « sauvages » qui font trembler les idiomes modernes.

Né à Brooklyn d’une famille juive qui avait émigré dix ans plus tôt de Pologne, Jerome Rorhenberg est une des figures majeures de la poésie américaine. Il a créé la synthèse entre les icones du modernisme américain (Pound, Williams, G. Stein), les avant-gardes européennes (et la relecture de la poésie rituelle indiennes des origines loin de toute attitude passéiste.« Journal seneca » est selon l’auteur son livre «le plus ethnopoétique ». Il a été écrit après un séjour de deux ans dans la réserve indienne Seneca à l’Ouest de l’État de New York.
Jerome Rothenberg y était parti à la recherche de lui-même mais soudain une transformation s’opéra : « Je suis devenu castor. Richard Johnny John a été mon père. (…) Ma femme et mon fils sont devenus grands hérons. Elle a été nommée Celle Qui Voyage, il a été nommé Le Parleur. (…) Je me suis intéressé aux castors quatre ans plus tard, quand nous sommes allés vivre à Salamanca ». L’auteur y a trouvé le « localisme » qui insère l’Histoire dans un lieu, son poème en est devenu l’épopée. Et l’auteur d’ajouter : « Quand je mourrai, mon nom retournera là d’où il est venu. Un Seneca viendra le chercher. »

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