Peintre juif : Gideon Rubin peintre de l’effacement, tout ce qui reste

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Gideon Rubin peintre de l’effacement : tout ce qui reste

Gideon Rubin peintre de l’effacement : tout ce qui reste

Toute la problématique de Gideon Rubin tient dans un paradoxe : concentrer l’œil sur le visage et en même temps effacer tout signe de ce visage. L’identité disparaît si bien que le regardeur pour se repérer tente de chercher ce qui entoure l’élément habituellement central. Dès lors tout se porte sur un exercice de mémoire plus collective que personnelle.
Une dimension extra-temporelle apparaît à travers des indices qui quoique marqueurs temporaires laissent dans une certaine zone de latence.

Gideon Rubin peintre de l’effacement : tout ce qui reste

Gideon Rubin peintre de l’effacement : tout ce qui reste

Le vide crée donc un plein « en creux » par effet d’empreinte plus que de présence.
Les visages suent l’oubli mais tente pourtant de se reconstruire. Le vide n’est donc pas absence ou nullité : ce qui s’efface possède un poids.

L’artiste reprend ainsi la problématique émise par Beckett dans « Peintres de l’effacement » : dans le portrait ce qui compte n’est pas le visage mais ce que l’auteur nomme la « visagéité ».
A savoir ce qui est derrière ou au-delà des apparences.

L’effacement crée donc un sens qui s’oppose à toute nostalgie. En ce sens l’artiste est à sa manière un néo-platonicien. Ce qu’il tente n’est pas de l’ordre de la représentation mais du générique. La disparition est donc insécable de la trace. A la figuration il faut préférer la figure. C’est retrouver le sens et le lieu de la peinture jusque dans son « vide ». Quelque chose y perdure.

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