La vie troublée d'un rescapé de l'Holocauste ouvre le Festival de Toronto

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   La vie troublée d'un rescapé de l'Holocauste ouvre le Festival de Toronto

TORONTO, le 07/09/07 - Le Festival international des films de Toronto, le plus important en Amérique du Nord, s'est ouvert jeudi soir avec la présentation de "Fugitive pieces", oeuvre retraçant l'histoire d'un rescapé de l'Holocauste taraudé sa vie durant par le sort de sa famille décimée.

Dès avant l'ouverture officielle dans la soirée, la fièvre régnait dans la métropole canadienne, les amateurs s'activant à la recherche de billets ou de cartons d'invitation pour les fêtes nocturnes de ce prestigieux festival.

Le réalisateur du film d'ouverture, le Canadien Jeremy Podeswa, qui a aussi réalisé des épisodes de la populaire série de télévision américaine "Six feet under", les acteurs et le producteur de "Fugitive pieces" ont foulé le tapis rouge du festival torontois qui fait encore une fois cette année la part belle au cinéma canadien en ouverture.

Adaptation du roman éponyme d'Anne Michaels, "Fugitive pieces" retrace les étapes de la vie de Jakob, âgé de sept ans lorsque sa famille est tuée sous l'occupation nazie.

Seul, orphelin de l'Holocauste, le jeune garçon est sauvé par un archéologue grec, Athos, qui effectue des fouilles en Pologne, en pleine guerre. S'amorce ensuite un périple en Grèce, puis un exil à Toronto où un Jakob adulte se réfugie dans l'écriture pour tenter de mettre en place les pièces du puzzle de sa vie.

Oeuvre sur la mémoire, "Fugitive pieces" a reçu un accueil favorable mais pas dithyrambique de la critique torontoise, le quotidien The Globe and Mail saluant l'adaptation du roman au grand écran.

"Le livre est à plusieurs titres un avertissement à l'humanité", a expliqué à la presse locale le réalisateur Jeremy Podeswa, dont le père a vécu dans un ghetto en Pologne et survécu à un camp de concentration.

"Si vous faites des choses bonnes ou mauvaises, celles-ci laissent une trace. Les gens ont une mémoire, la terre a une mémoire... tout a une mémoire. Alors, il faut faire attention à ce que vous introduisez dans l'univers", poursuit le réalisateur, engagé par Steven Spielberg pour réaliser au moins un épisode de sa nouvelle série sur la Seconde Guerre mondiale.

Les vedettes ont commencé à défiler jeudi à Toronto, rendez-vous du gotha hollywoodien à la veille de la rentrée culturelle automnale. Jodie Foster était attendue dans la soirée pour la première mondiale de "The Brave One" du réalisateur Neil Jordan, réalisateur de "Entretien avec un vampire" et scénariste de "Crying Game".

L'actrice américaine y joue une femme assoiffée de vengeance après avoir été battue et violée dans une rue sombre de New York.

D'autres pointures sont attendues dans les prochains jours à Toronto, dont les réalisateurs Michael Moore, David Cronenberg, Sean Penn, Kenneth Branagh, Woody Allen et les acteurs Brad Pitt, George Clooney et Cate Blanchett, tous venus faire la promotion de leurs plus récents films.

Contrairement à Cannes, Venise ou Berlin, le festival torontois ne comporte pas de compétition officielle, mais décerne quelques prix, dont ceux du public et de la critique.

Au total, 349 films de 55 pays seront diffusés à Toronto jusqu'au 15 septembre. Un autre film sur les séquelles du nazisme clôturera le festival: "Emotional arithmetic", qui raconte l'histoire de trois survivants de l'Holocauste se retrouvant une quarantaine d'années après la tragédie.

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