Ecrivain juif : Jean-Pierre Faye révision de l’Histoire par la poésie

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écrivain juif Jean-Pierre Faye lanceur d'alerte poésie pliée

Faye révision de l’Histoire par la poésie

Jean-Pierre Faye, « Couleurs pliées », Notes de Nuit, Paris, 160 pages, 19 Euros.

Fabian Gastellier avec « Notes de nuit » tente de le ramener à nous l’œuvre totale de Jean-Pierre Faye.
Y aura-t-il assez de « lanceurs d’alertes » pour la ramener au nouveau siècle ?
Elle reste notre isba de l’être mais demeure inhabitable. Plus que de montrer elle nous immole, nous plonge dans l’impasse impavide dont nous ne sommes jamais sortis. Sur ce qu’elle insémine, il y a des seuils, mais il faut des voix pour signaler leurs voies.

Faye dès1965 osa un tel renversement des données du poétique. Cette volonté comme toutes celles de l’auteur fut ignorée comme si hors de la simple figure de style l’image, mère dit-on de tous les vices, s’ouvre par les couleurs et en leurs plis à l’inceste irrattrapable.

Néanmoins, idiote ou icône de la famille, innocente ou indécente, indigente ou indigne, l’image colorée telle que Faye la conçoit jusque dans la structure de son texte (deux parties : une lisible « à la normale » l’autre dans le sens perpendiculaire à celle-ci ) devient tout sauf l’infirmière impeccable de nos identités.

Le poète ne cesse d’infuser là où le « ça » travaille le plus une piqûre de couleurs hors ornementation afin que l’imagination morte imagine « laissant même / aux yeux leurs couleurs / laissant à ce qui voit / d’être vu » encore ici même, ici bas.

Ce qu’une telle poésie montre est à la fois proche et si étrange. Les « couleurs pliées » demeureront toujours ce qui nous précède et qu’il fait remonter sous formes d’îles flottantes et délices (ice-cream) ou icebergs cruels à la dérive.

Loin des invitations au rêve des amours enfantines Faye plonge par ses racines sur l’implicite de l’inconscient aussi individuel que collectif. La poésie dit le corps, le fait jaillir d’une manière inédite. Avec ses textes il rejoue le réel , il l’insémine. C’est la nuit de l’iguane, c’est la porte infernale où nous ne cessons de frapper avant la nuit, pour voir, pour croire voir, nous sentir exister.

Vos réactions

  1. jfaye@orange.fr'Faye Jean-Pierre

    Je souhaite souligner, dans le cadre de votre admirable émission, que la mention faite de moi comme « écrivain juif » est inexacte – et pourtant récurrente ! Mais bien sûr, beaucoup de mes livres expriment ma profonde solidarité pour la cause juive. Et aussi mon projet juvénile de publier, pendant la Seconde Guerre mondiale, un livre – et une AFFFICHE de RESISTANCE – à partir du mot de Nietzsche : « Quel soulagement de rencontrer un Juif parmi des Allemands ! « . Projet central pour moi… ll se transforme dans les termes du livre ‘clef’ à cet égard qu’est « L’ECLUSE » (le ‘Renaudot’, appuyé par Claude-Edmonde Magny, passionnément ‘pro-juive’). –– Mais je ne suis pas juif …

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