Les Bourgeoises de Sylvie Ohayon. Editions Robert Laffont. Introduction de l'article à écouter.

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Quand j'ai vu ce titre , "Les Bourgeoises" je me suis tout de suite dit, voici un livre qui ne va pas faire dans la dentelle. Et je ne me suis pas trompée.Sylvie Ohayon a parfaitement su camper les femmes qui ont croisé son chemin. Pas n'importe quelles femmes, Les Bourgeoises,comme elle l'aime les appeler.Ces femmes qu'elle a toujours admirée, regardée avec envie, envies assumées, oui, elle voulait devenir l'une d'elle, faire partie, un

SKY20120919103755nimalv.jpg jour, une vie peut-être de leur monde.

Un monde, comme elle nous dit ,dans la terrasse de ce café du 8 ème arrondissement, où elle savoure à présent d'y vivre, un monde où les émotions sont retenues jusqu'à l'étouffement,  poli, policé, où rien ne dépasse, celui du double langage, qu'elle souhaitait elle, petite fille juive tunisienne, habitant à la Courneuve, surdouée en lettre, talent qui la propulsera, plutôt que prévu, dans ce monde justement,  en passant par la Sorbonne.

Elle va pouvoir les côtoyer, les observer à loisir,  décoder leurs codes insensés, comprendre, comparer,s'emparer d'elles, de leur parfum, de leurs manières, pour enfin, épuisée, découvrir qui elle est. 

C'est un parcours dit-elle, le sien, respectable, car elle saura avec lucidité, percevoir rapidement la perversité, des non-dits, des manières qu'on ne lui pas inculquées, certes, mais qui font d'elle aujourd'hui une grande dame. 

Car ce parcours a su la rendre authentique malgré les chants des sirènes.Comme il est dur de résister à son rêve malgré que l'on soit déjà réveillée...

Elle finira par devenir non pas une femme hybride, empruntant selon les circonstances les codes , mais une femme qui assume son identité juive tunisienne,ses origines modestes , elle les assume comme ses envies.

Elle s'est sentie longtemps inférieure à ses femmes parce que à genoux devant elles. Mais Sylvie est une rebelle elle veut voir si l'herbe en face  est plus verte , oui, elle est plus verte.Ces bourgeoises sont belles, tous ce qui les entourent est beau, la culture du beau, du bon , du parfait, elle voulait faire partie de cet univers si chatoyant au point d'oublier que chaque médaille à son propre revers

Très vite elle comprendra que lorsqu'elles se taisent,  car dans leur monde ça ne se fait pas de dire les choses on ne fait pas de vagues,  elle, elle  gueule, et elle obtient.

Lorsqu'elles détournent la tête quand leur mari les trompe, elle,  elle divorcera dès la première erreur sans se retourner quitte à en crever. Elle assume ses souffrances dans les larmes et se fait consoler dans les bras chargés d'amour de sa famille.

Quand on lui demande "Pensez vous que ces différences sont liés à l'argent ?"

"Pas du tout dit elle, non c'est vraiment un monde à part, l'argent n'a rien à voir. C'est une éducation, une façon de traverser la vie qui ne me traverse pas l'esprit. Pourquoi aller de travers alors qu'il suffit d'aller tout droit ? Elles ont été éduquées de cette façon et sur plusieurs générations. "

Tout au long du livre elle nous fait découvrir sans complaisance ces femmes , dont  elle adoptera leurs codes, elle y arrive avec talent, car elle a du talent Sylvie Ohayon, elle le démontrera dans son métier de créative de publicité, on lui doit notamment des campagnes qui ont marqué l'univers si particulier de la pub, comme Nespresso ou Air France. La reconnaissance à la force du poignet , elle connaît.

Se lever le matin à 5 heures pour être à l'heure quand d'autres viennent en cours parce qu'il faut bien faire quelque chose  entre le bac et le mariage, elle connaît aussi.

Elles n'ont rien à montrer ces femmes bien naît. Elle,Sylvie Ohayon, voulait prouver qu'elle pouvait exister ailleurs que chez elle, ce chez elle où pourtant gavée d'amour par sa grand-mère qui a une affection particulière pour cette enfant si particulière.

Elle comprendra que c'est cet amour qui a été le tremplin de sa réussite. Elle nous le dit autour d'un crème mousseux dans ce café du  8 ème, ma famille est fière de moi, mon mari aussi, mes enfants encore trop jeunes mais je leur inculque les valeurs du travail, sans le travail on est pas grand chose, c'est par le travail que l'on se réalise.Travailler est essentiel.

Quand on lui demande pourquoi elle a quitté le monde de la pub ? Elle répond "Il y a un temps pour tout. J'en avais fait le tour, et je voulais devenir vraiment indépendante. L'écriture me le permet et j'ai un mari qui me pousse à le faire."

Son précédent ouvrage,  Papa was not Rolling Stone, va faire l'objet d'une adaptation cinématographique, gageons que ce dernier , Les bourgeoises également.

Au-delà des apparences elle a découvert des femmes pauvres,  aux sentiments dénaturés, rabougris un peu comme les bonzaï, à force de se retenir de pousser , ils restent petits. Mais elle a aussi découvert des femmes merveilleuses, qui l'on obligé à voir le monde autrement , à chausser des lunettes différentes de son point de vue, des femmes qui lui ont fait comprendre, qu'elle Sylvie, n'était pas mieux qu'elles avec ces tonnes de préjugés.

Alors Sylvie a découvert l'amitié, la vraie, elle a compris que chaque être est unique, et bien souvent les parcours les plus opposés sont fait pour se rencontrer pour se compléter.

"Les bourgeoises" à lire absolument.

Editions Robert Laffont.

Claudine Douillet

 

 

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