Peter Lindbergh artisan des poncifs

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Les clichés féminins de Peter Lindbergh

Peter Lindbergh artisan des poncifs

Peter Lindbergh se veut un enchanteur : mais son œuvre radote à coup de portraits qui d’un modèle à l’autre semblent interchangeables. La femme est une nymphe saisie dans un rituel indécis et flottant. Des coulées de lumière se déversent mais cela ne suffit pas à donner à l’œuvre une portée universelle. L’œuvre – en dépit des stars qu’elle scénarise – reste anecdotique. Il manque de l’élan dans ce qui tient d’un perpétuel soliloque médiatique drôle en hommage à la femme qui devient une sorte de concept dans des lacis qui ne déplacent rien.

Photo de Peter Lindbergh

Photo de Peter Lindbergh

En robe de soirée ou en bottes, yeux en amande, anneaux aux oreilles, jouant les gitanes abandonnées, sauvages et sévères tout appels à la bagatelle éliminés, la visibilité de la femme n’est pas absolue mais factuelle. Elle donne l’impression ne n'avoir jamais pu être comme elle est aujourd'hui. L’œuvre est trop léchée pour être pertinente. Elle veut jouer du rêve mais n’en est qu’une pâle copie plutôt mièvre.

Ce qui prétend donner à voir l’intime de l’être reste factice et sans émotion. Les rudiments de peau n’offrent que ceux d’un langage certes maîtrisé mais chargé de convention. Les corps restent des armoires vides de toute poésie. La femme demeure l’objet fantasmatique et l’œuvre qu’un chapitre de cette histoire trop connue.

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