Yves Benjamin ATTALI

Né le 8 juin 1957 à Paris
Études secondaires en internat à l'école Maïmonide de Boulogne sur seine.
Aliyah en 1976, terminale au lycée français de Jérusalem.
Service militaire dans le génie combattant.
Marié avec une Israélienne, Hanna, père de 4 enfants (2 filles et 2 garçons). Habitons à Kfar Tavor en basse Galilée.
Licence en sociologie et ressources humaines de l'université de Bar-Ilan.
Amoureux des langues, considéré comme le plus Israélien des francophones de ma promotion.
J'ai collaboré pour la première fois avec Alliance en 1997. Aujourd'hui j'ai renoué avec le magazine juif qui est incontestablement le meilleur sur Web.

Les articles de Yves Benjamin ATTALI

Benjamin Stora parle des "Trois exils juifs d'Algérie"

Article paru dans "lematindz.net",le 09/05/08

 "Les Trois exils juifs d'Algérie" est le nouveau livre de l'historien Benjamin Stora. Portrait de groupe sur une photo prise à la veille de la Première Guerre mondiale. Deux générations de français, «pas tout à fait comme les autres», disent par leur tenue vestimentaire le passage de l'Histoire. Les uns sont vêtus à l'indigène, comme on disait alors, les autres à l'européenne. Il s'agit de la famille maternelle de l'auteur et entre les deux générations le décret Crémieux du 24 octobre 1870 a accordé aux Juifs d'Algérie la nationalité française.

Autre photo de famille, vingt-cinq ans plus tard, à la veille cette fois de la Seconde Guerre mondiale, plus aucune trace de vêtement traditionnel. Ces photos et un voyage à Khenchela en 2004, le berceau de la famille Stora, sont prétextes à une quête identitaire collective structurée autour de trois temps forts de l'histoire de la communauté juive d'Algérie, Les trois exils. La démarche est originale. Elle pourrait donner lieu à une saga, l'histoire individuelle de la famille de l'auteur. Mais en qualité d'historien, Benjamin Stora élève l'histoire des siens au rang d'une épopée, sans pathos, ni lyrisme. Il s'agit de l'étude rigoureuse d'une assimilation et de ses conséquences, éclairant par là même des événements historiques qui font encore débat aujourd'hui. Les sources mêlent aux récits de la mère de l'auteur, des documents d'archives privés et publics, peu ou pas exploités. Trois exils, trois déchirures.

L'interview.
Le Soir d'Algérie : Vous avez conçu le projet de ce livre à l'occasion d'un voyage à Khenchela, berceau de la famille Stora. Pourquoi précisément lors de ce voyage ?
Benjamin Stora : Depuis trente ans, je travaille sur le monde indigène, sur l'histoire politique et culturelle algérienne. Dans le monde indigène où l'immense majorité sont des musulmans, il y a cette minorité juive. Et dans mes désirs d'écriture, il y a toujours eu cette volonté de travailler un jour sur cette minorité indigène juive. Le voyage de Khenchela, à l'occasion du cinquantième anniversaire du déclenchement de la guerre dans les Aurès, à Khenchela précisément, m'a beaucoup touché. Khenchela est la ville où le frère de mon grand-père était maire. Il avait connu tous les nationalistes algériens : Ben Boulaïd, Ali Bachir,... y compris Bougara, l'un des responsables des Aurès. J'en avais discuté avec lui avant sa mort. Je savais donc tout cela avant de partir mais je n'étais jamais allé à Khenchela. Quand on fait des projets d'histoire, il y a le côté intellectuel, abstrait puis il y a aussi le contact avec la réalité physique. Il n'y a pas que les archives, le contact physique permet à un moment donné de faire le saut. Ma volonté d'écrire sur l'Algérie a toujours été en rapport avec des attractions physiques : odeurs, couleurs, paysages, rencontres avec des acteurs de cette histoire. Je fais partie des historiens qui ont toujours voulu garder des contacts avec la nature, des villes, des quartiers, des personnages plutôt que de rester confiné dans la recherche académique. L'accueil qui m'a été fait à Khenchela est extraordinaire. J'ai rencontré des personnes qui avaient connu mon père né à Khenchela en 1909. J'ai vu la maison de mon grand-père, le cimetière juif. J'étais accompagné de mon fils Raphaël. Je me suis dit, il faut que j'écrive sur l'histoire de ma famille dans les Aurès. La famille de mon père est originaire des Aurès, celle de ma mère, où je suis né, de Constantine. La famille Zaoui sont des bijoutiers juifs de Constantine. Je connaissais très bien la famille de ma mère mais mal celle de mon père. Or, quand on travaille sur l'Algérie, on ne peut que tomber sur les Aurès.
 
On pourrait penser qu'il s'agit d'une saga, en fait l'historien reprend vite le dessus
Ma famille est le point de départ. J'ai du mal à passer à un récit totalement autobiographique, familial et autocentré. C'est un seuil que je n'arrive pas encore à franchir pourtant je pense que c'est une étape nécessaire. Un de mes projets est d'écrire sur mon propre cheminement intellectuel par rapport à l'Algérie mais pour ce livre, il m'apparaissait d'abord nécessaire de faire le point historiquement. De partir de mon histoire personnelle pour aller vers une sorte d'état des lieux sur la question juive indigène et française dans l'histoire coloniale.
 
Vous parlez d'invisibilité des Juifs d'Algérie dans la société française à l'inverse des Juifs marocains et tunisiens. En quoi et pourquoi cette invisibilité ?
 
Quand les Juifs d'Algérie sont arrivés en France en 1962, ils étaient français depuis déjà quatre générations. Ils se vivaient comme des Français, des pieds-noirs. Ils étaient dans l'exode des pieds-noirs. L'une des figures emblématiques, Enrico Macias, est un chanteur pied-noir. Cette invisibilité, ils la revendiquaient, ils la pratiquaient. Ils n'étaient pas des étrangers au sens classique du terme. A la même époque arrivent les Juifs de Tunisie, pas les Juifs du Maroc qui, eux, sont partis en masse en Israël. Les Juifs de Tunisie sont visibles en tant que Juifs séfarades. Ce sont eux que l'on verra au cinéma dans des films comme La vérité si je mens par exemple. L'invisibilité des Juifs d'Algérie est complète car il y avait cette revendication de francité et ce détachement d'avec les autres indigènes musulmans depuis très longtemps, depuis le décret Crémieux. Beaucoup de Juifs d'Algérie, depuis des générations, étaient devenus des fonctionnaires de l'Etat français. Ils pensaient poursuivre une carrière administrative de l'Etat français. Beaucoup de Juifs algériens n'étaient plus artisans, commerçants, vendeurs de tissus, ce qui avait été la réalité à la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1940. Donc en 1962, lorsqu'ils arrivent en France, beaucoup sont déjà des fonctionnaires. Dans la dimension identitaire, il y a la dimension sociale, la question du rapport au métier. On suit la France parce qu'on suit son travail. Cette continuité du travail leur donne le sentiment d'une suite de l'histoire. C'est une illusion car en fait il y a une profonde déchirure. Il a fallu une décantation historique beaucoup plus large et beaucoup plus profonde au fur et à mesure des années pour qu'apparaisse cette différentiation entre les pieds-noirs et les Juifs d'Algérie, d'où le succès de mon livre qui est arrivé à son heure dans le sens où les petits-enfants de ceux arrivés en 1962 voulaient savoir qui ils étaient. Cette recherche plus profonde, antécoloniale, d'appartenance à l'Orient qui ne se réduit pas simplement à l'histoire française.
 
D'où viennent les Juifs d'Algérie ?

Il viennent de partout dans l'Histoire. Ils arrivent de Palestine au 1er siècle après Jésus-Christ après la destruction du Temple. Mais ils sont là avant l'arrivée du christianisme évidemment. Vers le 3e, 4e siècle, il y a des conversions de Berbères au judaïsme. Cette première vague forme quelques petites communautés essentiellement dans les Aurès. Il vont pratiquer une sorte de syncrétisme avec l'Islam qui va arriver au 8e siècle. Il y aura une forme de pratique rituelle commune entre les communautés juive et musulmane berbères. La deuxième grande vague arrive d'Espagne au 16e siècle. Ces Juifs d'Espagne appartiennent à une élite commerciale et intellectuelle qui va s'établir dans les villes et commercer avec les Juifs francs, principalement en Italie et dans le sud de la France. Ce sont les megorashim qui vont prendre en main la communauté juive d'Algérie. Fondamentalement, il y a deux grands courants. En fait, c'est un peu plus complexe car il y a aussi une différence entre les Juifs des villes de l'intérieur et les Juifs des villes du bord de mer. Ceux de l'intérieur sont davantage dans les traditions, dans la langue, dans l'arabité ou dans la berbérité même si, progressivement, c'est l'arabité qui va s'imposer. Les communautés littorales, elles, sont davantage en prise avec l'extérieur. Ce ne sont pas les mêmes conceptions de l'Histoire. J'ai essayé de faire une typologie qui mette l'accent sur l'ancienneté de l'enracinement en 2000 ans d'histoire.
Vous structurez votre ouvrage autour de trois exils. Le premier étant la conséquence du décret Crémieux, le second celle de son abolition, le troisième celle de la guerre d'indépendance. En quoi le décret Crémieux a-t-il provoqué le premier exil et son abolition le second ? Et de quels exils s'agit-il ?
La notion d'exil est problématique. Dans les deux premiers cas, il s'agit bien sûr d'exil intérieur. Le plus compliqué est le premier car il y a une fraction des élites juives qui souhaitaient l'assimilation, sortir de la condition du dhimmi et jouer la carte de l'égalité républicaine. Ils ont servi d'interprète dans l'armée française car, bien sûr tous les Juifs d'Algérie parlent arabe. Mais la majorité des Juifs d'Algérie étaient très attachés à leur histoire, leurs coutumes. Ils n'avaient pas cette volonté de se séparer radicalement de leurs traditions et ils suivaient leur rabbin. Comme les musulmans, ils étaient attachés à leur histoire propre. Aussi, pour la majorité de ces Juifs-là, le décret Crémieux a été à la fois la possibilité de s'élever socialement très rapidement de la condition d'infériorité qui était la leur, mais ce fut également une déchirure sur le plan identitaire et culturel du fait de l'abandon du statut personnel, donc des tribunaux rabbiniques. Ils se séparent d'un univers culturel de manière rapide et radicale ce qui est pour moi une sorte d'exil intérieur dont la profondeur n'a pas été perçue à cette époque car le prix à payer pour l'émancipation sociale a été très lourd sur le plan culturel : abandon progressif de la pratique de la langue arabe, laïcisation progressive induisant la perte des pratiques religieuses. Ils sortent d'une histoire qui était la leur depuis longtemps pour rentrer dans une autre histoire. Il y a en même temps une sorte d’ambivalence car le fait de sortir de leur histoire leur permettait aussi de s'élever socialement, d'accéder à des métiers comme la fonction publique, ce qui n'était pas possible pour les indigènes musulmans à moins de demander la naturalisation française à titre individuel. L'accès à certaines professions dans l'Etat, c'est la possibilité d'acquérir un statut social, des revenus importants, de quitter la misère sociale. La société coloniale ne permet d'entrer dans la société française qu'à condition d'abandonner de manière radicale l'identité d'origine. Avec l'abandon du décret Crémieux sous Vichy, il s'agit d'un exil en sens inverse. C'est le choc du retour à l'indigénat. Il y a une sorte de déchirure que l'on retrouve dans toutes les biographies, les témoignages, etc.

Pour qualifier ces exils successifs, vous faites référence à des termes de la religion hébraïque : le passage, référence à la Pâque juive, la «sortie» d'Algérie en référence à la sortie d'Egypte. Pourquoi avoir utilisé ce registre ?
Quand j'ai fait ma thèse d'Etat sur l'immigration, j'ai parlé de l'exil en rapport avec l'hegira, c'est-à-dire l'exil qui va vers La Mecque. J'aime entrer dans l'univers à La fois culturel et religieux des populations sur lesquelles je travaille. Prendre des symboles, des images, des trajets à partir d'un vocabulaire de référence qui est le leur. Ce sont des communautés indigènes qui ont vécu profondément dans un monde religieux avec des symboles religieux même lorsqu’ils ont été laïcisés. Se faire comprendre de cet univers, c'est aussi en connaître les ressorts.

En quoi l'armée française, depuis la conquête, a-t-elle façonné une image négative du Juif algérien ?
L'armée de la conquête est profondément antisémite, pour une grande majorité porteur des préjugés européens classiques de l'époque. Viennent s'ajouter aux clichés européens les clichés de l'Orient. L'armée a le pouvoir en Algérie jusqu'en 1871. Il a fallu attendre l'effondrement de Sedan en 1870 pour que le décret Crémieux existe.
L'armée, trop faible sur le plan politique, ne pouvait plus s'opposer à un tel décret. Elle perd la main et c'est un pouvoir civil qui s'installe en Algérie. Le pouvoir de l'armée a duré de 1830 à 1871. Elle va revenir au-devant de la scène pendant la guerre d'Algérie.
 
Si le décret Crémieux a séparé la communauté musulmane de la communauté juive, comment expliquer que Ferhat Abbas ait demandé son maintien sous Vichy ?
 
La position de Ferhat Abbas a été très longtemps celle d'une fraction des élites musulmanes républicaines, c'est-à-dire favorable à l'extension du décret Crémieux aux élites musulmanes. L'élargissement du décret Crémieux était d'ailleurs la grande hantise des colons européens car pour eux derrière le péril juif, se dessine la menace arabe et la fin de la suprématie européenne. Donc du point de vue de la cohérence des combats politiques qui étaient les siens à l'époque, il était normal que Ferhat Abbas réclame le maintien de ce décret pour lequel il avait toujours combattu. L'abrogation du décret Crémieux, le retour des Juifs au sein de l'indigénat ont précipité les leaders musulmans dans la voie du séparatisme politique car la France reprenait d'une main ce qu'elle donnait de l'autre. Il n'y avait donc pas de possibilité de négociation à ce niveau.
 
Après les massacres de Sétif, des personnalités juives ont dénoncé la répression et les massacres. Pourtant, il apparaît que ces événements ont mis à mal les rapports intercommunautaires.
Mis à mal, non, mais c'est assez compliqué car des Juifs ont protesté, Aboulker en particulier était le premier à dénoncer les massacres de Sétif, mais cela signifiait aussi pour les Juifs d'Algérie qui venaient juste de réintégrer la nationalité française, se retrouver à nouveau devant ce dilemme : faut-il croire dans une nation algérienne ou faut-il rester dans le giron français ? De mon point de vue, la majorité des Juifs d'Algérie étaient davantage orientés vers la France sauf les minorités proches du Parti communiste qui espéraient dans la carte d'une nation algérienne multiethnique, multiculturelle. C'était le rêve d'un certain nombre de Juifs algériens des années 1950-55. Mais c'est une minorité, pour la majorité les massacres de Sétif signifiaient qu'il fallait choisir entre une nation algérienne émergente ou rester dans l'Algérie française. De mon point de vue, je pense que la plupart ont choisi l'Algérie française.
 
Le Congrès de la Soummam somme la communauté juive de se prononcer sur son appartenance ou non à la nation algérienne. Quelle a été sa réponse ?
 
Il n'y a pas eu de réponse officielle. Or, on sait ce que l'absence de réponse signifie en politique. La majorité des Juifs d'Algérie étaient devenus des Français. Ils avaient été traumatisés par la perte de la nationalité française sous Vichy, ils tenaient donc à y rester. Pour la majorité des élites, l'objectif était d'étendre cette nationalité française aux musulmans donc de construire une Algérie française égalitaire et non séparée de la France. Ce qui, dans le fond, était la position de la SFIO, la position socialiste traditionnelle. La plupart d'ailleurs votaient SFIO. Ils étaient fidèles à leur engagement du début du siècle du côté de Dreyfus, la République, la Ligue des droits de l'homme, la SFIO. L'immense majorité des Juifs d'Algérie étaient républicains parce que c'était la République qui les avait émancipés sur le plan juridique. Ils n'ont pas franchi le pas du communisme avec la reconnaissance d'une nation séparée. C'est une minorité qui l'a franchi.
 
Vous dites que la position de la communauté juive était attentiste durant la guerre d'indépendance. Mais ils vont opter progressivement pour le maintien de l'Algérie française. Ce revirement date-t-il de l'assassinat de Raymond Leiris ?
Ce n'est pas un revirement, c'est une continuité. Il y a une tendance lourde des Juifs d'Algérie pendant pratiquement un demi-siècle jusqu'à la guerre d'Algérie, à vouloir rentrer dans la cité française et se faire reconnaître par la France. On peut toujours dire, tout le monde s'aimait, on vivait dans le même univers, ce n'est pas vrai tout ça. J'essaye de faire de l'Histoire. Je ne suis pas dans le mythe rassurant de l'interculturalité indigène brisée par la guerre, puis l'assassinat de Raymond, puis tout le monde est parti. Ce n'est pas vrai. Il y avait un espace mixte culturel commun, mais il y avait une séparation radicale car les uns étaient des citoyens français, les autres ne l'étaient pas. Il ne faut pas se raconter d'histoires. Au bout de quatre générations, les uns étaient devenus des Français, les autres non. Lorsque la guerre d'Algérie commence, ils sont dans une position attentiste dans un premier temps puis progressivement à partir de 1956-57, la plupart de cette communauté bascule sur les thèses de l'Algérie française égalitaire, modèle SFIO. L'assassinat de Raymond en 1961, c'est un élément très important mais qui arrive en fin de course, en fin d'histoire.
 
A l'indépendance, le départ est-il, comme on l'entend souvent maintenant, la conséquence exclusive du radicalisme nationaliste algérien ou n'est-il pas également dû aux positions procolonialistes de ces minorités ?
Bien sûr ! La fin de l'Algérie française, c'est aussi les crimes de l'OAS. Il y a une radicalité communautaire du côté français dont fait partie un élément important de la communauté juive qui s'est radicalisée à partir de 1960. C'est la naissance des activistes, les ultras dans un premier temps puis ensuite l'OAS. C'est une radicalisation communautaire qui va conduire aux drames, aux affrontements, aux exactions les plus sanglantes. C'est une radicalité européenne qui veut maintenir le statu quo colonial. Il n'y a pas d'affrontement avec le FLN. L'armée des frontières ne rentre pas en Algérie, la population algérienne est massivement pour l'indépendance. La violence vient de l'autre côté. Il ne faut pas se raconter d'histoires.
 
En quoi la connaissance de l'histoire coloniale est-elle indispensable à la compréhension de l'histoire contemporaine ?
On pensait que la question coloniale était résolue par le passage aux indépendances des années 60. Or, elle revient dans la société d'aujourd'hui car certains jeunes, en particulier ceux issus des immigrations postcoloniales, la vivent au présent. C'est là que cela devient compliqué parce que cette question est un objet d'histoire classique mais c'est également devenu un instrument d'aujourd'hui. Les deux s'entremêlent avec une force explosive qui complique la tâche des historiens. Car dire les choses simplement sur le plan historique devient compliqué. Il y a beaucoup de mythes, de fantasmes, de reconstructions après coup. Donc la question coloniale n'a pas disparu. Je suis frappé notamment par l'actualité de la mort d'Aimé Césaire ou de Germaine Tillon. Ce sont des personnages qui parlent à la société d'aujourd'hui. Ils nous disent ce qu'a été le colonialisme mais cela parle beaucoup aux générations d'aujourd'hui. C'est dire à quel point il y a une actualité de la question coloniale vécue comme telle.
Propos recueillis par Meriem Nour (Soir d'Algérie)
Biobibliographie
Né à Constantine en 1950, Benjamin Stora est professeur d'histoire du Maghreb à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) à Paris. Il est le fondateur et le responsable scientifique de l'Institut Maghreb-Europe depuis 1991. Il est aussi ou a été auteur-réalisateur documentaires, conseiller historique dans le cinéma, commissaire d'exposition, producteur et animateur de magazine d'actualité culturelle... Il a publié une vingtaine d'ouvrages dont une biographie de Messali Hadj (réédition Hachette-poche 2004), Histoire de la guerre coloniale 1830-1954 (La Découverte 1993), Fin d'amnésie (Ed. Robert Laffont 2004) un ouvrage collectif en collaboration avec Mohammed Harbi, ...

Ehud Olmert ignore les appels à la démission

Le 29/05/08,Soupçonné de corruption, le Premier ministre israélien Ehud Olmert ignore l'appel à la démission de ses partenaires travaillistes au sein du gouvernement de coalition.

Après avoir clairement écarté mercredi, par le biais d'un collaborateur, l'hypothèse d'une démission à court terme réclamée par le ministre de la Défense Ehud Barak, le chef du gouvernement n'a rien évoqué d'autre que son entretien du jour, avec son homologue danois Anders Fogh Rasmussen.

"J'ai l'intention d'aborder avec le Premier ministre les efforts internationaux pour faire cesser le programme nucléaire iranien, le processus de paix régional, la guerre contre le terrorisme et la progression de l'islam radical au Proche-Orient et dans le monde", a déclaré Olmert.

Son agenda, qui prévoit notamment une visite aux Etats-Unis, la semaine prochaine, n'a en outre pas été modifié.

Barak, chef de file d'un Parti travailliste dont l'actuel gouvernement ne peut se passer, a brandi mercredi la menace d'élections anticipées au lendemain de la déposition de l'homme d'affaires américain Morris Talansky, qui a reconnu avoir remis à plusieurs reprises des enveloppes de billets à Olmert.

BARAK ÉVASIF

Le Premier ministre, qui a fait l'objet de plusieurs enquêtes dans des affaires de corruption, s'est engagé à renoncer à ses fonctions s'il est inculpé.

Niant toute malversation, il décrit les dons de Talansky comme des contributions au financement de ses campagnes électorales.

Cette nouvelle crise politique pourrait porter un coup sévère aux efforts des Etats-Unis en vue de parvenir à un accord de paix israélo-palestinien avant le départ de George Bush de la Maison blanche, en janvier.

Barak s'est toutefois montré évasif quant à ses intentions.

L'ancien Premier ministre n'a pris aucune initiative susceptible d'entraîner la chute du gouvernement et de renvoyer aux urnes des électeurs qui penchent aujourd'hui davantage en faveur du Likoud de Benjamin Netanyahu que des travaillistes.

Les prochaines législatives sont, pour l'heure, prévues en 2010.

Illustrant l'étroitesse de la marge de manoeuvre du ministre de la Défense, le dessinateur du Yediot Ahronoth, premier tirage de la presse israélienne, le montre jeudi affublé d'oreilles de lapin, allusion au terme d'argot qui signifie "lâche".

L'enquête, elle, suit son cours.

Le procureur général Menachem Mazuz devait consulter jeudi procureurs et policiers chargés des investigations. Morris Talansky sera par ailleurs interrogé une deuxième fois en juillet, en présence des avocats d'Olmert.

Après sa premier déposition, mardi, le procureur Moshé Lador a refusé de préjuger d'une éventuelle inculpation du Premier ministre et a déclaré qu'aucune décision ne serait prise avant la fin de l'enquête.

Plateau du Golan: Israël et la Syrie reprennent leurs discussions en Turquie

JERUSALEM,le 02/07/08- Israël et la Syrie devaient entreprendre mardi en Turquie un troisième tour de négociations indirectes au lendemain d'un vote au parlement israélien tendant à empêcher d'éventuelles concessions sur le plateau syrien du Golan.

"Les discussions indirectes avec les Syriens continuent pour permettre des négociations directes entre Israël et la Syrie dans l'espoir que nous pourrons parvenir à la paix avec la Syrie tout en assurant la sécurité de l'Etat d'Israël", a déclaré le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, lors d'une visite à Dimona, dans le sud du pays.

Deux conseillers de M. Olmert, Shalom Turjeman et Yoram Turbowitz, devaient se rendre dans la journée en Turquie, a indiqué un responsable israélien.

Sur place, des diplomates turcs devaient continuer à jouer les intermédiaires entre les représentants israéliens et syriens qui ne se trouveront pas dans la même pièce.

Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, Israël espère que des négociations directes pourront débuter "dans les toutes prochaines semaines".

Un vote du parlement israélien risque toutefois de peser sur les discussions. Le Parlement a adopté lundi en première lecture un projet de loi imposant un référendum ou une majorité de 80 députés sur 120 pour entériner toute concession sur des territoires annexés par Israël, tels que le plateau du Golan ou Jérusalem-est.

Ce texte, qui a été adopté par 65 députés sur 18, doit passer encore en deuxième et troisième lectures avant d'avoir force de loi.

Selon les commentateurs, ce texte vise à rendre très difficile tout retrait du plateau du Golan conquis par Israël sur la Syrie lors de la guerre de juin 1967 puis annexé par une loi du parlement israélien (Knesset) votée en 1981.

En mai, M. Olmert avait affirmé qu'Israël était "prêt à aller loin dans les concessions qui seront forcément douloureuses". Il évoquait ainsi un possible retrait du Golan, ce qui avait été dénoncé par l'opposition de droite et une partie de la majorité.

Lors du vote de lundi, des députés de Kadima, le parti de M. Olmert, du parti travailliste et du Shass, un parti religieux, piliers de la majorité actuelle, ont voté en faveur de ce texte.

Selon le chef de l'opposition de droite, Benjamin Netanyahu, "jusqu'à présent, les gouvernements israéliens pouvaient renoncer à des territoires avec une intolérable facilité. C'est quelque chose qui devait être rectifié".

La députée Zehava Galon, du parti d'opposition de gauche Meretz, a en revanche dénoncé ce texte en affirmant que la "Knesset tente ainsi de torpiller toute possibilité de négociations sur le Golan".

Un représentant des quelque 20.000 colons israéliens installés dans le Golan, Yéhuda Harel, a pour sa part estimé que ce vote "met pratiquement fin à toute possibilité de retrait" de ce territoire.

"De toute façon, ces discussions en Turquie relèvent en fait du spectacle: les Syriens ne sont pas prêts à rompre leur alliance avec l'Iran et à cesser leur soutien aux organisations terroristes, tandis qu'Israël ne se retirera pas du Golan", a-t-il ajouté.

La Syrie exige la restitution de cette région stratégique, où vivent également 18.000 druzes qui ont conservé pour la grande majorité leur nationalité syrienne, comme condition à tout accord de paix avec Israël.

Le 16 juin, Israël et la Syrie avaient achevé un deuxième tour de discussions indirectes sous les auspices de la Turquie, qui avaient été qualifiées de "positives" par des responsables israéliens et turcs.

La reprise du dialogue indirect entre la Syrie et Israël, après un gel de huit ans, avait été annoncée simultanément le 21 mai par Israël, la Syrie et la Turquie.

Israël et la Syrie sont formellement en état de guerre depuis 1948 mais ont signé des accords d'armistice ou de cessez-le-feu.

Israël: des milliers de gens aux funérailles d'un ex-prisonnier du Hezbollah

NAHARIYA ,le 17/07/08 - Des milliers d'Israéliens ont participé jeudi dans un silence pesant aux funérailles militaires de Ehud Goldwasser, l'un des deux soldats dont les restes ont été restitués la veille par le mouvement chiite libanais Hezbollah.

Parents, proches, amis et anonymes se sont massés dans le carré militaire du cimetière de Nahariya (nord) pour rendre un ultime hommage au militaire qui avait été enlevé en Israël, avec son camarade Eldad Regev, par le Hezbollah le 12 juillet 2006.

La famille du soldat Gilad Shalit, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis juin 2006, est aussi venue, de même que des députés, notamment Benjamin Netanyahu, le chef de l'opposition de droite (Likoud).

"On dit que le temps panse les plaies, mais depuis ce matin du 12 juillet 2006, à 09h06, notre vie a été brisée et la réalité est devenue effrayante pour moi, pour nous tous", a déclaré dans un éloge funèbre Karnit Goldwasser, la jeune veuve du soldat, toute de noir vêtue.

"Je voulais croire au rêve, et c'était un cauchemar (...) Pour toi, défendre le pays était un privilège, pas un devoir, et je t'ai embrassé chaleureusement, comme d'habitude, avant que tu partes. Je ne t'oublierai jamais, toi et ta voix caressante (...) Sans toi, je souffre. Udi, mon Udi, en deux ans, tu es devenu le Udi du monde entier", a ajouté la jeune femme en essuyant ses larmes.

Son mari devait célébrer ses 33 ans vendredi. Depuis son enlèvement, la jeune femme a mené, de concert avec la famille Regev, une véritable croisade internationale pour que les deux soldats soient rendus.

Le Hezbollah, pour sa part, avait délibérément maintenu une chappe de plomb sur leur sort jusqu'à mercredi.

Le 25 septembre 2007, Karnit Goldwasser avait même directement apostrophé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad de passage aux Nations unies, à New York. Israël accuse l'Iran de financer et d'armer le Hezbollah.

"Je m'appelle Karnit, femme d'Ehud Goldwasser enlevé par le Hezbollah il y plus d'un an. Vous en êtes responsable en raison du soutien que vous apportez au Hezbollah, alors pourquoi ne permettez-vous pas à la Croix-Rouge de lui rendre visite?", lui avait-elle demandé. Ahmadinejad l'avait ignorée en détournant la tête.

Jeudi, Miki Goldwasser, la mère du soldat, a appelé ses compatriotes "à marcher la tête haute" en dépit de la peine.

"Je suis fière de vivre en Israël, un Etat guidé par des valeurs éthiques", a confié à l'AFP Sigal Marcos, la cousine de Ehud Goldwasser, en montrant une photo du soldat.

Le cercueil du militaire, drapé aux couleurs bleu et blanc d'Israël, a été porté par des soldats de son unité, précédés d'un rabbin lisant des psaumes. La foule s'est ensuite rassemblée autour de la fosse, avant la mise en terre et la lecture du kaddish, la prière juive pour les morts.

"Nous voulions t'accueillir autrement avec ton camarade Eldad (Regev). Nous voulions vous embrasser et vous voir sourire (...) Mais ce sont nos larmes qui vous accompagnent aujourd'hui. Nous avons le coeur lourd et la tête haute", a de son côté déclaré le ministre de la Défense Ehud Barak.

"Nous inhumons en terre d'Israël un combattant de l'unité Guivati qui nous est cher. C'est la fin d'un chemin pénible. Udi a étudié l'écologie et l'aéronautique. Il aimait le cinéma, les courses à vélo et la photo, et tous ses rêves se sont terminés le 12 juillet", a-t-il ajouté.

"En tant que ministre de la Défense, je le répète, si par malheur l'un d'entre nous tombe aux mains de l'ennemi, nous ferons tout notre possible, tout ce qui est humainement et raisonnablement possible, pour le ramener à la maison. C'est un engagement du peuple d'Israël tout entier", a encore dit M. Barak.

Des gerbes ont ensuite été déposées, et les camarades de Ehud Goldwasser ont tiré trois salves d'honneur.

Rose, l’enfant martyr que pleure Israël

Article paru dans le "Figaro",le 29/08/08

Les enquêteurs, qui n’ont pas encore retrouvé le corps de la fillette de 4 ans et demi, restent persuadés de la culpabilité de son grand-père.

Rose, «l’enfant dont personne ne voulait», comme la surnomme la presse israélienne, reste introuvable. Depuis le début de la semaine, la police israélienne remue ciel et terre pour localiser le corps de la fillette de 4 ans et demi, présumée assassinée par son grand-père, Roni Ron. Ce dernier a avoué l’avoir battue à mort - parce qu’elle avait sali sa voiture -, avant de la fourrer dans une valise puis de la jeter dans le Yarkon, une rivière du nord de Tel-Aviv. Durant quarante-huit heures, des plongeurs ont fouillé le lit du cours d’eau avant de suspendre leurs investigations. Convaincus qu’il est bien coupable de cet infanticide, les enquêteurs n’excluent pas que Roni Ron les ai trompés sur l’endroit où il s’est débarrassé du corps.

Soupçons. Il avait précédemment affirmé avoir vendu l’enfant à des Palestiniens puis à des Bédouins du Néguev. «Nous ferons tout pour la retrouver», a promis en personne Avi Dichter, le ministre de la Sécurité. Rarement un fait divers aura autant captivé les Israéliens qui suivent heure par heure l’avancée des recherches. Rarement, il est vrai, le calvaire d’une enfant n’aura charrié autant de détails sordides. Rose est née de l’union de Benjamin Pizem et de Marie-Charlotte Renault. Il est israélien, elle est française, ils ont à peine 20 ans lorsqu’ils se marient. L’enfant naît en France et alors qu’elle n’a que quelques mois, le couple se rend en Israël, chez les parents de Benjamin. Mais le séjour familial prend un tournure inattendue. Marie-Charlotte tombe amoureuse du père de son mari, Roni Ron, et décide de refaire sa vie avec lui.

Humilié, Benjamin Pizem repart en France, avec sa fille. Devenu père célibataire, il ne parvient pas à élever l’enfant convenablement. Rose présente des troubles du comportement. Elle ne s’exprime pas correctement, n’est pas propre. A la suite de soupçons de maltraitance, Rose est retirée à son père puis placée dans un foyer pour l’enfance. La mère engage alors une procédure de divorce et obtient auprès du tribunal de Versailles la garde de l’enfant et l’autorisation de la ramener en Israël. Rose intègre alors un foyer désormais constitué de sa mère et de son grand-père. Entre-temps, le couple a conçu deux autres enfants, des filles, âgées de 2 ans et 1 an. Malheureusement, la cohabitation se passe mal au sein de cette singulière famille recomposée. Roni Ron ne supporte pas sa petite-fille. Il prétend qu’elle est violente avec ses demi-sœurs et la colle chez sa mère, Vivian, l’arrière-grand-mère de Rose. «L’enfant n’était bien que chez son arrière-grand-mère. Elle n’aimait pas ses parents parce qu’ils la battaient,» affirme Chalom Aboutboul, le frère de Vivian.

L’arrière-grand-mère couvre l’enfant d’affection mais se plaint de ne pas avoir la force de l’élever. Elle insiste pour que ses parents la confient à un foyer. Finalement, après maintes sollicitations, Roni Ron vient récupérer Rose en mai dernier, la rage dans le cœur. Dès lors, la fillette disparaît. Après avoir cherché vainement à la revoir, Vivian finit par alerter les services sociaux, le 22 juin dernier. Même réaction des grand-mères maternelles et paternelles qui saisissent la justice française et l’ambassade d’Israël à Paris. La police israélienne lance alors un avis de recherche et fini par soupçonner le grand-père.

Aveux. Tantôt chauffeur de taxi, tantôt éboueur, Roni Ron est réputé violent et manipulateur. Il passe rapidement aux aveux avant de se rétracter et de brouiller les pistes. Si sa culpabilité semble avérée, le rôle de Marie-Charlotte Renault reste plus flou. Le visage diaphane, cette jeune femme de 23 ans, est apparue effondrée devant les caméras de télévision. Pourtant les enquêteurs pensent qu’elle aurait demandé à son concubin de «se débarrasser» de l’enfant. «Une femme qui est capable d’abandonner sa fille est capable de beaucoup de choses», a asséné depuis la France, Benjamin, le mari trahi par sa femme et par son père. De son côté, la mère de Benjamin, Betty, a affirmé hier dans le Parisien que sa belle-fille ne supportait plus Rose.

Détail troublant, Marie-Charlotte Renault s’est abondamment répandu sur sa fille sur la Toile. De 2004 à 2005, elle a ainsi participé à un forum de jeunes mamans sur le site Famille.com. A grand renfort de photos en gros plan, elle loue les qualités de Rose («ma princesse», «mon trésor») et informe ses amies virtuelles de son désir de quitter son mari pour s’installer en Israël. Sur sa fiche de Copainsdavant.com, un site destiné à retrouver ses camarades d’école, la jeune femme indique avoir fréquenté des établissements scolaires à Saint-Valery- en-Caux et à Rouen (Seine-Maritime). Puis elle précise : «J’habite en Israël et je suis maman de trois poupées, Rose, Juliette et Louise.» A la case profession, elle écrit : «Maman.»

Du 10 au 14 septembre 2008 , LE MANDAT

lemandatok.jpgLa compagnie l’Omnibus a le plaisir de vous annoncer la reprise de : la comédie "Le Mandat" de Nikolaï Erdman .

Offre : Une place achetée, la seconde est offerte!!

Mise en scène Stéphane Douret

Assistant à la mise en scène : Olivier Fredj

AU THÉÂTRE DE L'ÉPÉE DE BOIS (grande Salle) - dans le cadre du festival "un automne à tisser"

- Mercredi 10 Septembre à 19h00
- Jeudi 11 Septembre à 21h00
- Vendredi 12 Septembre à 21h00

- Samedi 13 Septembre à 21h00
- Dimanche 14 Septembre à 20h00

Durée du spectacle 2h sans entracte
Réservations au 01 48 08 39 74 ou fnac - ou www.epeedebois.com

Avec Claire Nadeau, Gwendal Anglade ,Romain Cottard ou Fred Noaille ,Olivia
Dalric ,Julie Jacovella +,Paul Jeanson ou Benjamin Baclet , Yves Jego , Agnès Ramy ,Antoineclaire autel.jpg Rosenfeld et Françoise Lépine dans le rôle de Tamara

site du festival : http://www.unautomneatisser.com

Interdite jusqu’en 1994 et pratiquement jamais jouée en France, cette comédie politique éclaire, avec un humour acide, les dérives du pouvoir. Comment exister dans une société où l'on n'a plus sa place? Comment vivre lorsqu'on est totalement ignoré, jusque dans ses actions transgressives? Telles sont les interrogations des personnages du Mandat, petits fauteurs de trouble égoïstes et mesquins perdus dans un monde qui n'est plus le leur. Avec un humour salvateur et une lucidité presque prémonitoire, Erdman dénonce toutes les peurs, compromissions, lâchetés et opportunismes qui portent et maintiennent au pouvoir des hommes incapables de l'exercer .

groupemandat.jpgSynopsis

Confinée dans un appartement communautaire avec sa cuisinière et ses deux enfants, une ancienne commerçante ruinée par la révolution, manoeuvre pour marier sa fille au rejeton d'un
ancien tsariste encore riche. Mais celui-ci, persuadé que la présence d'un membre du Parti dans sa famille assurerait ses arrières, exige en dot... un communiste ! Le frère de la jeune fiancée, se trouve donc contraint par sa mère non seulement à s’inscrire au Parti, mais également à se trouver des parents qui puissent confirmer une prétendue origine prolétarienne. De ce point de départ déjà extravagant va naître une infinité de quiproquos et de situations improbables, vécues (ou plutôt subies) par une galerie de personnages étonnants. Les intrigues s’entremêlent, s’enrichissent , s’entrecroisent pour confluer vers un thème central : La faillite tragi-comique d’une grotesque conspiration contre le pouvoir soviétique et pour le rétablissement de l’Empire Russe.

Israël: élection du successeur d'Olmert

JERUSALEM,le 17/09/08 - Quelques 74.000 membres du parti Kadima en Israël étaient appelés mercredi à élire la femme ou l'homme chargé de diriger le pays après la démission promise du Premier ministre Ehud Olmert empêtré dans des affaires de corruption.

Le scrutin s'est ouvert à 07h00 GMT dans 114 bureaux de vote disséminés dans le pays. Les urnes fermeront à 19h00 GMT et le résultat final devrait être publié probablement dans la nuit de mercredi à jeudi.

La favorite, dans la course à la direction du parti centriste au pouvoir est la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, 50 ans, jugée pragmatique sur des dossiers comme le processus de paix et le nucléaire iranien.

Mme Livni, qui se présente comme "Mme Propre", promet de donner un nouveau souffle à un parti frappé par une série de scandales de corruption qui ont affecté sa direction.

Elle dispose de l'appui de l'entourage de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon, le fondateur du parti en novembre 2005 et qui gît dans le coma depuis janvier 2006 à la suite d'une attaque cérébrale foudroyante.

Elle affronte le ministre des Transports Shaul Mofaz, 59 ans, qui s'est forgé une réputation d'adepte de la manière forte mais que ses adversaires accusent d'opportunisme compte tenu de ses volte-face passées.

Cet ancien chef d'état-major et ministre de la Défense a axé sa campagne des primaires sur le thème de son expérience en matière de sécurité.

Il prône l'option militaire contre l'Iran, rejette tout compromis avec la Syrie et préconise les liquidations ciblées contre les chefs du mouvement palestinien Hamas.

Les deux candidats ont écarté un accord avec l'Autorité palestinienne avant fin 2008, auquel M. Olmert tente de parvenir.

Mme Livni dispose d'une nette avance selon les sondages, mais dans le passé ces enquêtes d'opinion ce sont trompées concernant des primaires de parti, où le poids des appareils est déterminant.

Or si Mme Livni fait figure aujourd'hui de personnalité la plus populaire du Kadima, M. Mofaz dispose d'un fort soutien de la base et des élus locaux.

Pour être élu au premier tour, le futur chef du Kadima devra dépasser la barre des 40% des suffrages exprimés, faute de quoi un deuxième tour sera organisé le 24 septembre.

Pour ces primaires, les premières depuis la création du Kadima, deux autres candidats sont en lice mais ont peu de chances de faire un bon score: Meïr Shetreet, ministre de l'Intérieur, et Avi Dichter, ministre de la Sécurité intérieure.

Le vainqueur tentera de former un nouveau gouvernement et s'il échoue, devra affronter le chef de l'opposition de droite Benjamin Netanyahu, chef du parti Likoud, donné en tête dans l'ensemble des récents sondages d'opinion.

M. Olmert a d'ores et déjà promis de démissionner dès l'élection de son successeur au Kadima.

Mais cette démission pourrait ne pas être immédiate, vu qu'elle doit être annoncée auparavant en Conseil des ministres, réuni dimanche, puis présentée au chef de l'Etat Shimon Peres qui se rend à New York la semaine prochaine à New York pour la session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU.

Selon des analystes, cette démission ne devrait entrer en vigueur qu'après la fin du Nouvel an juif (Rosh Hashanah) le 2 octobre.

M. Olmert restera cependant à la tête d'un cabinet de transition tant qu'un autre gouvernement n'aura pas été formé.

Après sa démission, M. Peres devrait accorder un délai de 42 jours au prochain chef du Kadima pour constituer une majorité parlementaire. En cas d'échec, il pourra confier cette tâche à un autre député pour 28 jours.

Si cette nouvelle tentative échouait, des élections anticipées auraient lieu début 2009. La législature actuelle s'achève normalement fin 2010.

Israël: Olmert démissionne, Livni espère lui succéder

olmert-demissionne.jpgJERUSALEM ,le 22/09/08 - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert, éclaboussé par des affaires de corruption, a démissionné dimanche et ouvert la voie à la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui espère pouvoir lui succéder le plus vite possible.

Si la nouvelle dirigeante du parti centriste Kadima de M. Olmert est la mieux placée pour former un nouveau gouvernement, elle n'a toutefois aucune assurance à ce stade d'obtenir l'appui indispensable d'une majorité de députés.

Ehud Olmert a lui remis sa démission dimanche soir au président Shimon Peres. Par cet acte, il a enclenché officiellement le processus de succession à la tête du gouvernement, qui devient automatiquement de transition.

Un tel gouvernement ne peut être renversé par la Knesset (Parlement) et aucun de ses ministres ne peut le quitter de par la loi.

Le Premier ministre est arrivé discrètement dans la soirée au bâtiment de la Présidence, à Jérusalem, et a remis une brève lettre à M. Peres annonçant que, "conformément à ses engagements, il remettait sa démission", a rapporté la présidence israélienne.

Peu après, le président Peres a lui-même annoncé à la presse la démission de M. Olmert, auquel il a rendu un vibrant hommage pour "son action en faveur du peuple et de l'Etat d'Israël".

Il a souligné qu'il allait consulter "tous les groupes parlementaires pour prendre au plus vite une décision" concernant la désignation d'un successeur possible à M. Olmert, qui doit rester en fonctions d'ici là.

Le président israélien a précisé que ces consultations "marathons" s'achèveraient avant son départ lundi soir pour New York, où il doit représenter Israël à la session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU.

M. Peres dispose de fait de sept jours pour consulter les différents partis représentés à la Knesset et désigner le député le mieux placé, selon lui, pour tenter de former un gouvernement.

Il a commencé dimanche soir par une rencontre avec les représentants du Kadima (29 députés sur 120) qui, sans surprise, ont proposé de confier à Mme Livni la charge de Premier ministre.

Il doit ensuite rencontrer ceux du parti travailliste (19 députés), profondément divisé et qui jusqu'à présent s'est refusé à soutenir la candidature de Tzipi Livni.

Puis le président israélien doit s'entretenir avec les représentants du Likoud (opposition de droite), qui sont contre la candidature Livni et proposent des élections anticipées, et ceux du parti Shass (12 députés).

Le parti ultra-orthodoxe, qui fait partie du gouvernement transitoire et pose des conditions à son soutien à une candidature Livni, réserve sa réponse.

Lundi, M. Peres doit rencontrer les autres formations, en particulier les listes représentatives de la population arabe (10 députés).

Tzipi Livni a succédé à Ehud Olmert à la tête du Kadima lors de primaires organisées mercredi dernier.

En tant que chef du parti au pouvoir, elle a toutes les chances d'être choisie par M. Peres. Dans ce cas, elle disposera de 42 jours pour présenter un gouvernement, faute de quoi des élections anticipées devraient être organisées dans les 90 jours.

La ministre des Affaires étrangères fait face à une possible alliance de deux anciens chefs de gouvernement, Ehud Barak (travailliste), actuel ministre de la Défense, et Benjamin Netanyahu (Likoud), qui se sont rencontrés samedi soir à Tel-Aviv.

Tous deux s'inquiètent de l'arrivée au pouvoir de Mme Livni, qui pourrait au gouvernement renforcer sa popularité, selon les médias.

Les deux hommes se sont déclarés favorables à un gouvernement "d'urgence nationale", a indiqué un communiqué du ministère de la Défense, en allusion à un cabinet qui regrouperait les travaillistes, le Likoud et Kadima.

Ehud Olmert, qui avait succédé à Ariel Sharon en janvier 2006, pourrait pour sa part être inculpé de corruption dans deux affaires ayant précipité sa démission.

Israël: Livni devrait former un cabinet

livni-devrait.jpgLe 22/09/08 - La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni devrait se voir confier lundi soir la tâche de former un nouveau gouvernement au lendemain de la démission du Premier ministre Ehud Olmert.

Au terme de consultations-marathon, le président Shimon Peres devrait charger Mme Livni d'obtenir la confiance de la Knesset (parlement) à un nouveau gouvernement qu'elle a 42 jours pour présenter.

"Je suis convaincu que le président va confier dès ce soir à Mme Livni la tâche de former un gouvernement", a déclaré à la radio le secrétaire général du parti travailliste, Eytan Kabel.

Nouvelle dirigeante du parti centriste Kadima, la plus grande formation de la Knesset avec 29 sièges sur 120, Tzipi Livni est la seule personnalité à pouvoir briguer le poste de Premier ministre dans la présente législature. Mais elle n'a à ce stade aucune assurance d'obtenir une investiture de la chambre unique, compte tenu de la faiblesse de la coalition actuelle et de ses profondes dissensions.

Mme Livni a été élue mercredi lors de primaires à la tête du Kadima pour succéder au Premier ministre Ehud Olmert, soupçonné de corruption.

Le Premier ministre a remis sa démission dimanche au président Shimon Peres qui doit se rendre lundi soir à New York pour représenter Israël à l'assemblée générale annuelle de l'ONU. M. Olmert a ainsi enclenché officiellement le processus de sa succession tout en continuant à diriger un cabinet devenu automatiquement gouvernement de transition.

Dans la course au pouvoir, Mme Livni souffre au départ d'un premier handicap pour n'avoir remporté les primaires qu'à l'arraché, à l'issue d'un scrutin déjà contesté au sein de son parti. Il va lui falloir surmonter aussi les réticences du parti ultra-orthodoxe Shass (12 députés), dont l'appui est indispensable pour obtenir une majorité stable à la Knesset. Or ce parti, dont la base penche fortement à droite, pose des conditions pour continuer de faire partie de la coalition.

Il exige un engagement formel de Mme Livni de s'abstenir de toute négociation sur l'avenir de Jérusalem-est, une question majeure dans tout règlement de paix avec les Palestiniens. Il réclame en outre une hausse substantielle des allocations familiales, ce à quoi Mme Livni et le ministère des Finances sont opposés.

La ministre des Affaires étrangères se trouve par ailleurs confrontée à des manoeuvres compliquées du parti travailliste (19 sièges), principal partenaire du Kadima dans le gouvernement sortant. Le parti s'est abstenu dimanche de soutenir la candidature Livni à la direction du pays, avançant pour la forme celle de son leader Ehud Barak, actuel ministre de la Défense. La loi exige qu'un Premier ministre soit député pour être désigné par le Parlement, ce qui n'est pas le cas de M. Barak.

Mme Livni a rencontré dimanche soir M. Barak pour un entretien qualifié de "positif et sérieux" par les parties. M. Peres a de son côté rencontré dimanche soir les représentants du Kadima qui, sans surprise, ont proposé Mme Livni. Il s'est entretenu ensuite avec ceux du parti travailliste qu'il doit recevoir à nouveau lundi.

Le président Peres a reçu ensuite les représentants du Likoud, l'opposition de droite, qui sont contre la candidature Livni et ont proposé des élections anticipées. Puis il a reçu ceux du Shass qui ont réservé leur réponse à ce stade.

Lundi, M. Peres doit rencontrer les autres formations, en particulier les listes représentatives de la population arabe (10 députés). Si Mme Livni échouait à réunir une majorité, des élections anticipées doivent se tenir dans les 90 jours. Le Likoud dirigé par l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu est donné favori par les sondages.

En attendant un scrutin, M. Olmert continuerait à diriger le gouvernement.

Rwanda: , Pierre Péan accusé de négationnisme

PARIS,le 25/09/08  - L'écrivain-enquêteur français Pierre Péan, poursuivi en justice pour son livre sur le génocide rwandais, a fondu en larmes, mercredi, au deuxième jour de son procès, après qu'un des témoins l'eut comparé à un négationniste.

C'est l'intervention de l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Benjamin Abtan, qui a déstabilisé le prévenu qui depuis mardi répond devant le tribunal de Paris de diffamation et d'incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en novembre 2005 chez Fayard.

Evoquant des rescapés du génocide rwandais qu'il a rencontrés, M. Abtan a affirmé qu'ils "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah".

Condamné à de nombreuses reprises par la justice française, le négationniste Robert Faurisson conteste depuis plus de 30 ans la réalité de l'Holocauste.

Ayant tenté de remplacer le mot "tutsi" par "juif" dans l'ouvrage de Pierre Péan, l'ancien président de l'UEJF a avoué mercredi n'avoir pu s'empêcher de faire le lien avec Mein Kampf d'Hitler.

Tout en dénonçant "un amalgame intolérable", Pierre Péan a alors fondu en larmes, tandis que le président Philippe Jean-Draeher a suspendu les débats.

Après la suspension de séance, le défilé des témoins a repris. Après l'ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, c'est l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine qui est venu soutenir Pierre Péan.

"Je ne vois pas ce que vous lui reprochez", a déclaré M. Védrine, stigmatisant "le mauvais procès" fait à l'écrivain. Ces propos sont peut-être "un peu simplistes", mais ne constituent pas "un scandale horrible".

La publication de cet ouvrage de Pierre Péan consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.

L'association et le ministère public reprochent à l'écrivain d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".

Le procès doit s'achever jeudi soir et la décision être mise en délibéré.