Des signes d'une possible reprise du processus de paix au Proche-Orient, gelé depuis un an, sont apparus lors d'une entrevue mardi entre le chef du gouvernement israélien et le président égyptien, estiment des responsables israéliens et palestiniens.
"La région va connaître une intense activité politique dans les deux semaines à venir", a ainsi prédit Nabil Abou Rdainah, conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas.
L'émissaire américain George Mitchell, qui a effectué plusieurs navettes cette année sans résultat, se rendra à nouveau dans la région le mois prochain, apprend-on de source diplomatique.
Répondant au conseiller de Mahmoud Abbas, Mark Regev, porte-parole de Benjamin Netanyahu, a quant à lui exprimé l'espoir "de voir reprendre les discussions avec les Palestiniens dans un avenir proche".
"Nous sommes prêts", a-t-il souligné.
Interrogé par Reuters, un membre de l'administration israélienne ayant requis l'anonymat a, lui aussi, annoncé des efforts importants à brève échéance en vue d'une relance du processus de paix. "Tout le monde le souhaite", a-t-il assuré.
Le gouvernement ne veut pas dévoiler ses intentions à ce stade, a ajouté le haut fonctionnaire, "mais nous sommes prêts à jouer notre rôle dans le cadre d'un règlement global".
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a quant lui fait état d'une évolution de la position du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, après son entretien de mardi au Caire avec le président Hosni Moubarak.
"Je ne peux pas entrer dans les détails (...) mais Netanyahu a parlé de choses qui, à notre avis, vont plus loin que ce que nous entendions depuis un long moment de la part des Israéliens", a dit le chef de la diplomatie égyptienne.
"IL AVANCE"
"Je ne peux pas dire qu'on se rapproche d'un règlement. Je ne peux pas dire si Netanyahu est venu en Egypte pour faire part d'un changement de sa position (...) Mais il avance", a-t-il poursuivi.
A son retour à Jérusalem mercredi, le Premier ministre israélien a dit aux membres de son parti, le Likoud, que "le temps était venu de reprendre le processus de paix", un de ses leitmotivs depuis plusieurs semaines.
Mahmoud Abbas refuse de reprendre les discussions sans, notamment, un gel total des implantations juives dans les territoires palestiniens.
Le président de l'Autorité palestinienne doit prononcer jeudi à Ramallah un discours pour le 45e anniversaire de la fondation de son mouvement, le Fatah. Il entamera ensuite une tournée des capitales arabes et se rendra notamment au Caire.
Lundi, provoquant la colère des Palestiniens, Israël a dévoilé un projet de construction de plus de 700 nouveaux logements dans des secteurs de Cisjordanie que l'Etat juif considère comme appartenant à Jérusalem.
Sous la pression américaine, Benjamin Netanyahu a ordonné en novembre un "gel" de dix mois des nouvelles constructions en Cisjordanie - en excluant de cette mesure des zones frontalières situées à la périphérie de Jérusalem.
Israël s'est attiré les critiques de la communauté internationale le mois dernier en approuvant un projet de construction de 900 nouveaux logements dans la colonie de Gilo, à la périphérie de Jérusalem-Est, où vivent déjà 40.000 Israéliens.
Environ un demi-million d'Israéliens vivent en Cisjordanie et à Jérusalem-Est - la partie arabe de la ville sainte prise par Tsahal en 1967 - parmi 2,7 millions de Palestiniens.