Article paru dans "l'Express"
Pologne - A l'occasion de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, les dirigeants israéliens ont qualifié l'Iran de menace pour le monde entier et affirmé que le peuple juif ne serait plus jamais victime d'un régime fanatique.
Le président israélien Shimon Peres, reçu mercredi par le parlement allemand. A l'occasion de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, les dirigeants d'Israël ont qualifié l'Iran de menace pour le monde entier et affirmé que le peuple juif ne serait plus jamais victime d'un régime fanatique. (Reuters/Fabrizio Bensch)
Le président israélien Shimon Peres, reçu mercredi par le parlement allemand. A l'occasion de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, les dirigeants d'Israël ont qualifié l'Iran de menace pour le monde entier et affirmé que le peuple juif ne serait plus jamais victime d'un régime fanatique.
Le 27 janvier 1945, l'Armée rouge soviétique libérait le plus vaste camp de la mort nazi, Auschwitz, non loin du village polonais d'Oswiecim. Près de 1,5 million de personnes, en majorité juives, y ont péri durant la Seconde Guerre mondiale.
"Cette journée ne représente pas seulement un jour de commémoration pour les victimes, elle représente non seulement les remords de l'humanité face à l'incompréhensible atrocité qui a eu lieu, mais aussi face à la tragédie qui a découlé du fait d'avoir remis l'action au lendemain", a déclaré le président israélien Shimon Peres au parlement allemand.
"N'ignorez plus jamais les dictateurs assoiffés de sang qui, sous des masques démagogiques, profèrent des slogans meurtriers", a-t-il dit.
Shimon Peres, qui s'exprimait en hébreu, a pris pour cible l'Iran, dont le président Mahmoud Ahmadinejad a préconisé la destruction d'Israël et nie la réalité de l'Holocauste.
"Les menaces d'anéantissement d'un peuple et d'une nation sont formulées à l'ombre des armes de destruction massive que détiennent des mains irresponsables, des esprits irrationnels (qui s'expriment) dans un langage mensonger", a-t-il déclaré.
TOUT A CHANGÉ DEPUIS 1945
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a aussi parlé d'un devoir de vigilance en présence de journalistes avant d'assister à une cérémonie sur le site d'Auschwitz avec des dirigeants polonais et des ministres d'une trentaine de pays.
"Je crois que la tragédie du peuple juif est de ne pas avoir eu la faculté de percevoir le danger à temps, la faculté de se protéger après avoir perçu (le danger)", a-t-il dit.
"Cette situation a entièrement changé au cours des 65 dernières années. (Nous venons dire ici que) nous sommes une nation qui sait se défendre, et un pays capable d'avertir du danger les nations du monde", a-t-il ajouté.
Peres, 86 ans, a célébré les relations étroites nouées par l'Allemagne après la guerre avec l'Etat d'Israël et a fait l'éloge des Iraniens qui ont manifesté contre la réélection controversée d'Ahmadinejad l'an dernier.
"Comme nos voisins, nous nous identifions aux millions d'Iraniens qui se révoltent contre la dictature et la violence."
Le président russe Dmitri Medvedev, qui avait décliné l'invitation polonaise à assister à la cérémonie, a mis en garde, dans un message lu par le ministre russe de l'Education, Alexeï Foursenko, contre les tentatives de réécrire l'Histoire en minimisant le rôle de l'Armée rouge.
Les Russes, qui ont payé un lourd tribut à ce combat, sont très fiers du rôle joué par leur pays dans la défaite de l'Allemagne nazie. La cérémonie d'Auschwitz a été largement retransmise par les médias russes et des groupes juifs russes ont organisé des cérémonies du souvenir dans tout le pays.
La cérémonie d'Auschwitz, à laquelle ont pris part 150 survivants des camps de la mort, avait pour thème l'enseignement des réalités de l'Holocauste aux jeunes générations.
"Ce lieu a fait de moi ce que je suis aujourd'hui, à près de 90 ans. Il me reste une mission - transmettre à la prochaine génération la connaissance de ce qui s'est passé ici", a déclaré aux journalistes un survivant du camp, August Kowalczyk. Cet acteur à la retraite, envoyé à Auschwitz en 1940, est l'un des très rares détenus à s'en être évadés.
UN MINISTRE RUSSE À AUSCHWITZ
Dans un article publié par le journal Fakt, le président polonais Lech Kaczynski souligne l'importance de l'enseignement pour empêcher que ne se reproduisent des atrocités de type nazi.
"En nous concentrant sur l'enseignement, nous protégeons l'avenir de nos sociétés et de nos pays contre un retour au cauchemar des manipulations totalitaires qui ont abouti à la création de lieux tels qu'Auschwitz-Birkenau", écrit-il.
La plus grande communauté juive d'Europe vivait en Pologne avant 1945. La plupart de ses membres ont péri dans les camps nazis.
Le musée qui administre aujourd'hui le site d'Auschwitz doit présenter une exposition consacrée à la libération du camp par l'Armée rouge.
A Rome, le prix Nobel de la paix Elie Wiesel, survivant des camps d'Auschwitz et de Buchenwald, a prononcé au parlement italien un discours très critique au sujet du "silence" qui est reproché au pape Pie XII durant l'Holocauste.
"Que ce soit au plus haut degré de la politique ou au plus haut degré de la spiritualité, le silence n'aide jamais les victimes. Le silence aide toujours l'agresseur", a dit Wiesel à une assemblée d'élus et de responsables parmi lesquels figurait le président du Conseil, Silvio Berlusconi.
Wiesel a aussi demandé que le président Ahmadinejad soit arrêté s'il quittait l'Iran, et traduit devant la Cour pénale internationale "pour incitation aux crimes contre l'humanité".
Le pape Benoît XVI, qui fut enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes durant son adolescence, a défendu l'attitude controversée de Pie XII durant la guerre. Lors d'une audience générale intervenant dix jours après sa première visite à la synagogue de Rome, le pape a qualifié mercredi l'Holocauste de "folie homicide" qui ne devra jamais tomber dans l'oubli.