Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu demande qu'un embargo sur le secteur pétrolier iranien soit mis en place immédiatement, au besoin sans l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu.
Le programme iranien d'enrichissement d'uranium, qui défie plusieurs résolutions de l'Onu, pousse les grandes puissances à envisager une nouvelle série de sanctions.
Israël soutient le processus de négociations engagé avec Téhéran, mais n'a jamais écarté l'option d'une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes en cas d'échec de la diplomatie.
Devant un groupe de représentants d'organisations juives de différents pays, Netanyahu a estimé que si la communauté internationale n'était "pas résolue à arrêter l'Iran, alors nous n'avons pas besoin de sanctions adoucies, modérées, mais de sanctions efficaces, cinglantes, qui limiteront les importations et exportations d'hydrocarbures en Iran".
"Si le Conseil de sécurité ne peut s'accorder là-dessus, alors il faudra le faire en dehors du Conseil de sécurité, et immédiatement", a-t-il ajouté.
L'Iran est le cinquième producteur mondial de pétrole, mais doit importer 40% de son essence, ne disposant pas de suffisamment de raffineries.
VISER LE SECTEUR PÉTROLIER ?
De nombreux diplomates occidentaux estiment que la Chine, ainsi que la Russie, utiliseraient leur droit de veto au Conseil de sécurité pour s'opposer à des sanctions visant le secteur de l'énergie en Iran.
Les sanctions actuellement envisagées se concentrent sur le corps des gardiens de la Révolution.
Le porte-parole de Netanyahu, Mark Regev, a souligné qu'Israël préférait une solution passant par le Conseil de sécurité, mais a estimé que le soutien international à des sanctions sur le pétrole était suffisant pour en décider en dehors de l'Onu.
"Si les Etats-Unis, l'Europe et d'autres pays dans le même état d'esprit agissent de concert, ils peuvent réussir à envoyer le message voulu et forcer le régime de Téhéran à reconsidérer son programme d'armement nucléaire", a déclaré Regev.
L'Iran assure que ses travaux dans le domaine nucléaire ne visent qu'à assurer son indépendance énergétique.
Les discours anti-israéliens des autorités iraniennes ainsi que la menace que l'Etat juif laisse planer sur une possible frappe militaire contre les installations nucléaires de la République islamique font craindre un nouveau conflit régional.
Netanyahu n'a fait aucune référence dans son discours à l'éventualité d'une intervention armée d'Israël, qu'on suppose être la seule puissance nucléaire du Proche et Moyen-Orient.