Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Voici la liste des gagnants DVD d'Elie Kakou !!!

eliekak.jpgCette semaine, Alliance vous a proposé de gagner  des DVD Best of /livre, DVD Best of et des Dômes de  Marseille inédits d'Elie Kakou, Alors voici la liste des gagnants...Félicitations :

6 DVD Dômes de Marseille

- Brakha Léa de Choisy le Roi
- Rousselle Laurent de Chatou
- Morali Bruno du Kremelin Bicetre
- Guillebeau Chrystelle de Bordeaux
- Castelao Lurdes de Paris
- Cohen-Hadria Elisabeth à Hyeres

4 DVD Best Of/Livre

- Legari Sylvie  de Vernouillet
- Happe Michel de Saint Quentin
- FUSARO Isabelle de Lyon
-Curiel Jonathande Sarcelles 

  4 DVD Best of simple

- Zaremba Francine de Wasquehal
- Chaverot Stephan à Vienne
- Guyot Jean-Marie de Lievin
- Gauduin Stéphane de St Just en Chaussée

Le RubanBlanc

rubbla.jpgAttention chef d'oeuvre!

C'était en mai dernier, lors du dernier Festival de Cannes que l'actrice Isabelle Huppert avait remis la Palme d'or au réalisateur autrichien Michael Haneke, pour son neuvième film ô combien sulfureux, le Ruban Blanc.

Il avait déjà crée une polémique à Cannes en 1997 avec Funny Games où le récit éprouvant du massacre d'une famille par deux adolescents au sadisme inégal. On se souvient d'ailleurs que durant les différentes projections du film, certains spectateurs, horrifiés, quittaient la salle.

En 2009, avec le Ruban Blanc, Michael Haneke atteint un sommet de sa filmographie en faisant une chronique sur la vie quotidienne d'un village est allemand juste avant la Grande Guerre, où des faits étranges se multiplient: agressions, kidnapping, saccages… Des incidents auxquels semblent  être mêlé les enfants. A travers ses multiples mystérieux agissements, le ton du film monte dû à une atmosphère oppressante et pesante. Tout ceci dans un noir et blanc splendide. En effet, le réalisateur manie en compagnie de son fidèle chef op' Christian Berger une photographie sublime, à vous glacer le sang, proche des premiers films de Bergman.

Finalement, le Ruban Blanc reprend un thème cher à Haneke, les enfants. Alors que ces têtes blondes platines (proches des personnages du chef d'œuvre de Wolf Rilla, le Village des Damnés,1960), se retrouveraient impliquer dans cette violence sourde (rien étant montré, tout étant suggéré), la logique conduirait à dire qu'ils soient à l'origine du Mal et par conséquent l'émergence du Nazisme, en vous rappelant que le film se clôt après 2H25 d'intensité, par l'annonce de l'assassinat de l'Archiduc François Ferdinand. Après avoir visionné le Ruban Blanc, on comprend largement pourquoi Jacques Audiard pour Le Prophète n'a pas raflé la Palme. Bravo Monsieur Haneke!

Laurent Bartoleschi

Beauté : le look indigo

blublu.jpgArticle paru dans Topsante.com

Avant c'était le gris, cette saison c'est au tour du bleu. Il y a toujours une couleur prête à voler la vedette au noir. Pour Aaron De Mey, le bleu indigo est le nouveau noir. Emblème de Paris et de la Révolution française, mais aussi de Matisse et du jardin de Majorelle d'Yves Saint Laurent, il s'agit d'une couleur manifeste qui mérite d'être introduite parmi les couleurs de maquillage des femmes.

Pour les plus timides :

On dessine un trait de khôl bleu indigo tout autour de l'il et on barbouille la couleur du doigt. Pour les lèvres, en version soft, on opte pour des lèvres nude.

Pour les plus audacieuses :

On dessine un trait d'eye-liner bleu au ras des cils supérieurs et un trait de khôl à l'intérieur de l'il. Ensuite, on humidifie le doigt avant d'appliquer le bleu indigo de la pulpe du doigt et on poseINDIGO.jpg un voile d'ombre à paupières couleur or, pour un effet métallique. Enfin, on pose une couche de mascara noir (le look indigo c'est chic, mais le too much non).

Notre shopping :

Ombre à paupières Colorful Séphora, 10,90 euros

Ombre à paupières Deluxe Eyeshadow Urban Decay, 17 euros

Color liner n°18618 Make Up For Ever, 15,40 euros

Crayon Bleu remix look retro Bourjois, 7,45 euros

Palette liberté Bleu Indigo, Lancôme, 44,84 euros

Source : Ilaria Casati pour www.grazia.fr

Douze hommes en colère avec Michel Leeb

DOUZEHOMMESjpg.jpgVoir Interview de Michel Leeb

Au Théâtre de Paris, Paris

Avec Michel Leeb habité par un rôle à sa mesure et des comédiens talentueux comme Pierre Santini, Alain Doutey, Laurent Gamelon, Jacques Echantillon, André Thorent,..

Un jury doit statuer sur le cas d'un jeune homme de 18 ans, issu d'un quartier difficile, accusé du meurtre de son père.

Les preuves sont accablantes, les hommes sont pressés d'en finir, mais il faut l'unanimité des votes pour condamner l'accusé. Or sur les douze jurés, un d'entre eux a un doute sur sa culpabilité. Commence alors un vif débat au cours duquel chacun devra défendre ses convictions.

Mission G

affichemission-g.jpgOn a souvent tort de se tromper sur les cochons d'inde: on les croit calmes, tout doux, silencieux… Avec un film tel que Mission G en 3D, vous pourrez bientôt affirmer le contraire! En effet, avec la nouvelle production Walt Disney, vous verrez d'un autre œil ses petits animaux que l'on retrouve souvent dans les classes de nos charmants enfants lors de leurs premières années de maternelle.

Avec Mission G, il paraitrait que le gouvernement aurait mis au point un programme classé top secret qui formerait des animaux prêts à devenir de parfaits espions. Aussi ne seront-ils pas amener à déjouer les fameux plans de l'industriel Léonard Saber? Grâce à une équipe de choc mené par Darwin, Blaster Juarez et Hurley, unis comme leurs quatre doigts de leurs pattes, devront se souder à eux Mooch, une mouche experte pour se faufiler un petit peu partout et bien sur Speckles, une taupe spécialisée en informatique, un peu myope sur les bords (mais là, on ne vous apprend rien!).

Bref, ils n'auront pas le temps de s'ennuyer avec toutes les aventures auxquelles ils devront faire face et surtout le twist final! Les animaux dotés de la parole ont toujours fait bonne recette au cinéma: on se souvient des péripéties de la petite souris aux converses rouges Stuart Little ou gforce.jpgplus simplement l'univers de Disney. Ici, avec Mission G, les enfants pourront rire aux éclats, grâce à la multitude d'action loufoques que nos amis rongeurs connaitront ; leurs ainés eux ne se priveront pas de faire la même chose en remarquant en plus les clins d'œil aux héros de ces films de genre, notamment un certain John MacLane. Aussi la Version française n'a pas été choisie au hasard puisqu'il s'agit de la voix officielle de Mr Bruce Willis!

Sinon du côté des voix originales, on retrouve un duo très atypique, mais quel duo: Nicolas Cage et Penelope Cruz. Autre cocktail explosif, il s'agit de la musique: on retrouve aussi bien du Black Eyed Peas que du Lady Gaga. Donc vraiment de pas le temps de se distraire, d'autant plus, que Mission G utilise la 3D à bon escient et cela se justifie à merveille pour les scènes d'action digne d'un jeu vidéo (d'ailleurs, le jeu tiré du film sera disponible sur Xbox, Nintendo, Wii, PSP, etc.) où tout simplement d'un film d'action. Alors les Ethan Hunt ou autres, laissez donc la place à une nouvelle race de minis James Bond en paille, si l'on peut dire.               

Laurent Bartoleschi

Le demon d'Hannah

le-demon-dhannah.jpgCoup de cœur au théâtre des champs Elysées avec la pièce Le Démon d'Hannah, d'Antoine Rault, mis en scène par Michel Fagadau, avec des comédiens exceptionnels Elsa zylberstein, Didier Flamand, Josyane Stoleru et Jean Marie Galey. La mise en scène est grave d'intensité, avec des décors digne d'un film grâce à l'utilisation d'un montage parallèle voire d'un éventuel split screen (écran divisé en deux), ici la scène étant séparée en deux. La pièce débute donc au début des années 1950, la Guerre est finie et la mémoire  collective a pris conscience de la Shoah.

Martin Heidegger, favorable à la doctrine d'Hitler, réside en Allemagne entouré de sa femme, alors qu'Hannah Arendt, juive vit, elle, aux Etats Unis avec son compagnon; ils comptent parmi les plus grands philosophes du XXème siècle. Lui, sollicite des grands philosophes en leur écrivant (à Jean P. Sartre en l'occurrence, sur L'être et le Néant), tandis qu'elle, se préoccupe d'une association s'attachant à faire l'inventaire des biens culturels juifs. Leur lien? Il a été son professeur de philosophie, alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente.

Mais surtout, ils étaient amants! Pour elle, il est le grand révélateur de tout, sur le plan amoureux évidement, mais aussi sur le plan intellectuel. Cette passion sera bouleversée par la grande Histoire; comment, l'un et l'autre vont être rattrapés par la politique: Heidegger, bascule dans le national socialisme avec une attitude plus que contestable, Hannah, est en pleine écriture de son livre le plus considérable Les Origines du Totalitarisme, où elle traite de l'antisémitisme à travers le stalinisme et le nazisme.

Elle se dit qu'elle ne retournera plus jamais voir Heidegger, cet homme qui a soutenu le Führer. Et pourtant, elle va retourner en Allemagne, non pas pour le retrouver, mais pour l'association dont elle s'occupe; cependant, ce n'est pas un hasard si elle décide de s'y rendre le 7 fevrier 1950, puisque 25ans plutôt, jour pour jour, les deux amants eurent leur première nuit d'amour. Dans quelles circonstances, vont-ils se retrouver? La pièce posera également deux questions majeures: qu'est ce qu'un être humain et qu'est ce qu'un engagement philosophique?

Le Demon d'Hannah, où la relation Arendt-Heidegger est un mélange d'admiration et d'une forme de respect parfaitement rendu par l'intensité du duo Zylberstein-Flamand qui est en effet plus qu'époustouflant: ils ont l'air comme absorbé par les personnages qu'ils interprètent. Elsa Zylberstein est incroyable de passion, de douleur et de beauté, alors que Didier Flamand montre un talent inégalable, une prestation à couper le souffle.

Notez que leurs monologues en guise d'épilogue, restent une pure merveille. "Il y a deux choses dans l'Amour: la Fidélité et l'Oubli"; dans la pièce, il n'est pas question d'oubli, puisque tant qu'il n'y a pas d'oubli, l'Amour existe encore.

Laurent Bartoleschi

Qui est Monsieur Schmitt?

QUIESTjpg.jpgVoici La question que se pose avec une certaine angoisse Richard Berry, au Théâtre de la Madeleine depuis le 15 septembre. Dans cette pièce de Sébastien Thierry (Cochons d'Inde) et mis soigneusement en scène par José Paul et Stéphane Cottin, le comédien mène une vie on ne peut plus banale, parisien marié et sans enfant, jusqu'à ce fameux soir. Alors que Mr et Mme Bélier (épatante Raphaëline Goupilleau ) dinent paisiblement, une sonnerie de téléphone retentit, deux problèmes se posent: les Bélier n'ont ni de téléphone ni d'abonnement téléphonique.

Au bout du fil, on demande un certain Mr schmitt, inconnu à cette adresse, et pourtant! Au fil des différents tableaux, et surtout de la venue de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, et tous à la recherche de ce Mr Schmitt en la personne de Mr Bélier, ce dernier va comme qui dirait perdre la tête et par-dessus tout perdre son identité, et nous faire plonger dans une sorte de quatrième dimension. Les questions se chevauchent.

Qui détient La vérité? Qui est fou? Es ce une blague? Qui est Monsieur schmitt? Le monde où bascule Richard Berry devient un véritable labyrinthe de la schizophrénie organisée par Sébastien sch1.jpgThierry; le spectateur n'a pas d'autre choix que de se fier à ce qu'il voit. Peut être qu'il cherchera à rationnaliser la chose, à comprendre ce qu'il est en train de regarder. Il faudra faire abstraction de tout jugement intellectuel et ne pas chercher à comprendre pour admirer cette pièce.

Les deux metteurs en scène nous entrainent dans un univers abstrait, proche de Kafka, de David Lynch, voire d'un tableau de Magritte: les décors (tout parait bien ordonné, le sol représente un damier…), la mise en scène prend des airs à la  Buñuel, les personnages sortent tout droit d'un film tel que Lost Highway. Malgré l'humour grinçant, le climat reste pesant et l'ambiance glauque: comme dans ce chef d'œuvre de Lynch, il y a une permanente opposition entre la folie et la raison, le monde du cauchemar et celui du rêve; aussi, ces valeurs ne symbolisent elles pas les deux facettes de l'individu?

En tout cas Richard Berry, lui,  est complètement à sa place, pas le moindre cabotinage pendant toute la durée de la pièce (1H15, c'est tout, peut être le petit bémol), et c'est le principal. Qui est Monsieur Schmitt? Est une pièce que l'on admire beaucoup, plus qu'on ne la comprend!   

Laurent Bartoleschi

LES INSATIABLES, avec Marianne James, Patrick Braoudé, Lionel Abelanski

insatiables.jpg

Voir Interview des comédiens par Laurent Bartoleschi

STUDIO DES CHAMPS ELYSEES
De Hanokh Levin
Adaptation de Laurence Sendrowicz
Mise en scène de Guila Braoudé
Avec Marianne James, Patrick Braoudé, Lionel Abelanski

Deux hommes et une femme abordent tous la quarantaine en célibataire avec une grande envie de rencontrer l’âme sœur et de se marier. Oui mais... pas si simple.
Joyeux trio de constipés du cœur, où chacun essaie, avec beaucoup d’effort mais une déplorable stratégie, de s’élever au-dessus de sa propre mesquinerie...
Adresse :
STUDIO DES CHAMPS ELYSEES
15 AVENUE MONTAIGNE
75008 PARIS
Accès :
METRO : ALMA MARCEAU

Interview Marianne James,Patrick Braoudé, Lionel Abelanski et Guila Braoudé

cinsatiables.JPGVoir article sur la pièce

Laurent Bartoleschi:
Alors pour commencer connaissiez vous l'univers de cet auteur, ô combien dérangeant par son langage et sa verdeur à couper au couteau?

Lionel Abelanski: Personnellement, j'avais déjà lu une pièce (La Laborieuse Entreprise), on m'avait d'ailleurs proposé de l'interpréter, je l'avais accepté mais malheureusement cela ne s'est jamais fait.

Patrick Braoudé: Comme Guila a eu un coup de cœur pour Levin depuis trois ans, elle m'a trainé dans des théâtres dont La Laborieuse Entreprise justement et Shitz l'année dernière.

Guila Braoudé:
Je suis tombée tout d'abord sur ce texte des Insatiables; puis, j'ai découvert Yaacobi et Leidental, (qui se joue actuellement à la Cartoucherie de Vincennes) et une Laborieuse Entreprise que j'adore, dont j'avais déjà fait une adaptation cinématographique: il y a une vraie confrontation homme/ femme et surtout plein de férocité que l'on retrouve (avec plaisir) dans les Insatiables. On parle d'une partie de la tragédie humaine: Levin dit tout haut ce que les gens n'osent pas se dire tout bas dans leur quotidien.

L.A: J'ai appris tout récemment que Levin était membre du Parti Communiste dans les années insatiables.jpg60/70, en Israël, qui est un vrai paradoxe avec toute son œuvre.

L.B: Clairement, on le voit dans la pièce, chaque personnage à son importance, tous les trois sont différents et pourtant il y a un dénominateur commun: la recherche de l'amour.

P.B: Je dirais même mieux la recherche de la construction de leur vie; à travers le fait de vouloir transmettre, de perdurer, d'avoir des enfants, ils le voudraient bien mais sans rien donner en échange. Ils ne sont pas prêts, en fait, à lâcher quoique ce soit de leurs biens, d'où un certain égoïsme.

L.A: C'est un peu une survie pour eux l'idée de transmettre. Là où ils sont différents, c'est dans le temporel: Bela vit au jour le jour, shmuel avec son lourd héritage est obligé de vivre dans le passé alors que mon personnage Yonathan est dans la projection, où il s'imagine entouré de sa femme et de ses enfants.     

L.B: C'est finalement un peu comme une fable philosophique, ils  cherchent un sens à leur vie, un peu comme des personnages voltairiens, Candide en l'occurrence.

G.B: En effet c'est comme cela que l'on a voulu raconter cette pièce, en fable farce; oui il y a ton absurde, très décalé.

Marianne James:
Se sont des personnages qui ont un appétit féroce pour la vie. Ils ne lâchent rien; prêts à tout pour tout recommencer, ces insatiables sont en réalité des résistants de la vie: à chaque fois, ils remettent les compteurs à zéro en se disant que tout est possible demain, mais leur incapacité à vivre les empêche.

P.B: C'est d'ailleurs un thème très juif, où le passé nous rattrape; la destruction intérieure est là! Se sont de vrais survivants.

L.B: Il y a un thème récurent chez Levin: les amours et le mariage, une opposition et un rapport indirect avec la pièce puisqu'il est question de mariage, d'enfants et de transmission mais aussi de préservatifs(!) d'où la difficulté de procréer.

M.J: Là où l'auteur est d'une cruauté absolue réside dans la manière où il donne tout à ses personnages pour être heureux. C'est l'universalité de l'individualisme; c'est chacun pour sa gueule, ils ne lâcheront rien, on l'a dit. D'ailleurs, quand je rentre sur scène, je ne me pose pas plus d'autres questions que d'être assez autoritaire, cash, franche et un peu verticale.

L.B: Un grand moment de la pièce serait celui où vous, Marianne, prenez largement le dessus sur vos partenaires; on pourrait presque penser que le sexe faible devient le sexe fort le temps d'une scène.

M.J: Une réflexion me vient lorsque vous dîtes cela: la liberté qu'elle prend à ce moment là n'a rien à voir avec son territoire à lui (Yonatan); parce que les femmes sont libres, elles ont du pouvoir, elles ont juste gagné un territoire, pas forcement celui des hommes. Enfin, il faut ajouter que Bela est une femme libre et surtout moderne, ce dont voulait à tout prix, d'ailleurs, Guila.

L.B: Shmuel et Yonatan sont à la recherche d'une femme certes, mais là où le thème juif revient encore avec la recherche d'une mère: Marianne James ne représenterait elle pas l'image maternelle? L'affiche tient des airs de la Louve de Rome de Romulus & Remus.

P.B: Déjà je peux vous assurer que Marianne n'a pas plus que deux seins. (Rires)

G.B: Bela représente la femme fellinienne par excellence; elle a un côté féminin accompagné d'une large autorité sur ces deuz zigotos.

P.B: Mais effectivement, lorsque je me couche sur son sein, il y a comme un lien mère/enfant.

M.J: avec ce rapport ambigu entre Shmuel et Yonatan, elle détient un comportement de dominatrice, voire de garce.

G.B: Ces femmes là chez Levin ont besoin de se transposer dans un rêve que les hommes n'ont pas: eux, vont fantasmer, alors que Bela voudrait être "au dessus", s'inventer une vie de théâtre, de paillettes, en somme sortir du quotidien.

M.J: C'est surtout une insatisfaite et Levin est très précis là-dessus: c'est un anthropologue des sentiments. On est dans un ton qui fait parti d'une génération.

L.B: Les insatiables d'Hanokh Levin ne ressemblerait il pas à l'univers cru de Bertrand Blier?

Ensemble:
Bravo pour la comparaison!!!

M.J: Même si Levin est plutôt gentil avec le sexe féminin contrairement à Blier (cf. Les Valseuses ou encore Buffet Froid). Je trouve que c'est une très bonne référence avec cette violence du Mot et le rythme des disputes.

G.B: Il faut dire que l'adaptation faite par Laurence Sendrowicz y est pour quelque chose: elle a fait un travail considérable pour ramener Levin en France.

P.B: N'ayant pas fait de théâtre depuis 27ans, ma crainte était de savoir si j'allais réussir à faire de longs monologues; en fait c'est tellement bien écrit, et grâce à cette fluidité et cette musicalité, je peux vous affirmer que ce fût un plaisir à apprendre ce texte.

M.J: Parfois même au début pour m'aider je voulais glisser mes propres mots, je me suis vite rendu compte que ceux de Levin étaient plus efficaces. 

Laurent Bartoleschi

Pinky

affiche-pinky.jpgLa  patronne délirante et excentrique d’un magazine pipole au bord de la faillite monte une machination pour finir de couler son propre magazine. La diablesse veut lancer un nouveau mensuel tendance: « Pinky ».
Pour arriver à ses fins, elle manipule Gus, son rédac’chef et Ex amant, Rocky, une star du «X » et Olivia la nouvelle égérie du cinéma français

La Pinky Mania déferle au Théâtre le Temple à partir du 29 Septembre 2009.

Une comédie éclatante et moderne de Michel Thibaud avec la collaboration de Vanessa Muller. Mise en scène de Michel Thibaud avec Clair, Laurent Artufel, Armelle Layrisse, Fabrice Lelyon.

http://www.bepinky.com/