Comme pour la guerre du Vietnam, les américains sont très affectés par la guerre en Afghanistan. En témoigne des films tels que Dans la vallée d'Elah, Redacted ou encore récemment l'excellent Démineurs de Kathryn Bigelow. Brothers, le nouveau film de Jim Sheridan (Au nom du père, The Boxer…) frappe fort. Sam et Grace forment le parfait petit couple avec leurs charmantes petites filles, jusqu'au jour où Sam justement est envoyé à l'étranger pour une mission; or après un attentat, son hélicoptère s'écrase. Présumé mort au pays, il n'est que récupéré et torturé par l'ennemi. Pendant ce temps, la famille, confiée au frère (récemment sorti de prison) du porté disparu, tente tant bien que mal à reprendre ses marques.
C'est alors que plusieurs semaines passent, un coup de téléphone retentit pour annoncer que Sam est bien vivant. Mais Tommy, le frère et Grace se sont plus ou moins rapprochés. Brothers est un remake du film éponyme de Susane Bier mis en scène en 2006. Là où le film de la réalisatrice traitait à la manière du dogme de Lars Von Trier, un mélo sur les liens fraternels, celui de Sheridan nous entraine certes sur cette même voie, mais surtout sur les méandres de la culpabilité, voire de la folie. On peut y voir les diverses répercutions de la guerre sur l'esprit humain qui se laisse décalquer sur un homme, son couple, sa famille.
Les acteurs sont tous aussi parfaits les uns que les autres: que ce soit Tobey Maguire dans le rôle de Sam qui navigue entre démence et remord, alliant le sentiment de culpabilité à celui de l'effroyable déshonneur d'être à la fois trompé par sa femme et trahi par son frère; interprété par Jake Gyllenhaal, est lui aussi irréprochable dans le rôle du frère délaissé par son père; enfin, Nathalie Portman prouve une fois encore que c'est une actrice pleine de justesse.
On n'oubliera point la prestation d'une des petites filles, Bailee Madison, qui vous fera utiliser un bon nombre de mouchoirs. Brothers de Jim Sheridan (peut être son meilleur film, depuis Au nom du père en 1996!) est un film fort et criant de vérité.
La Vérité, on voudra la connaitre! Mais il faudra patienter raisonnablement 2h pour connaitre le
plan machiavélique que Messieurs Sherlock Holmes et Dr Watson vont devoir détourner face aux ténébreux Lord Blackwood. Cette nouvelle adaptation menée vivement par un Guy Ritchie sur-vitaminé demeure très libre des enquêtes du fameux détective. Le film ne trahit jamais Sir Conan Doyle! Il reconstitue avec soin, aussi bien le 221B Baker Street, que l'atmosphère de misère et de mort où baigna l'Angleterre victorienne. Le réalisateur aborde son sujet avec respect sans tomber dans la lourdeur et laissant place à un humour qui ne dérive, heureusement, jamais vers la parodie facile. Paradoxalement, cette version ne correspond à aucun livre de Conan Doyle.
C'est sans doute cette liberté d'agir qui a donné des ailes au réalisateur de Snatch. D'abord parce qu'il joue à merveille des ambiances opaques et de tous les fantasmes que peuvent susciter les épaisses nappes de brouillard du Londres en pleine construction du Tower Bridge, mais aussi parce qu'il est servi d'un duo de choc: Jude Law et surtout Robert Downey Jr. Mais comme dans tout bon roman des aventures de Sherlock Holmes, il faudra être vigilant, attentif, méthodique et surtout se méfier des autres! N'est ce pas? Elémentaire mon cher lock Holmes (pardon, Holmes)
Poursuivons dans la lignée des énigmes: je suis vert, j'ai quatre doigts et je n'ai pas de nez, mais j'ai une belle paire d'antenne sur ma tête. Je suis? Un Alien? Faux! Du moins, pas dans le dessin animé de Jorge Blanco Planète 51. L'histoire se passe donc sur cette fameuse planète, un monde où le temps s'est arrêté dans les années 50, avec la peur d'une invasion venue de l'espace. Et quand un astronaute débarque par erreur sur la planète, il sème une panique monstre, c'est le cas de le dire, puisqu'il devient malgré lui…l'Alien. Aussi ce dernier sera pris en otage par les plus hautes autorités. Le "mutant" est aussi rusé qu'une huître, l'exotisme est garanti cependant. On peut voir en Planete 51 aussi bien un film d'animation rendant un vibrant hommage aux magazines Pulp, genre Amazing Stories, qu'aux multiples références des films de genre: de Mars attacks en passant aux Body Snatchers, E.T, Wall-E sans oublier bien sûr Alien.
Que ce soit pour les plus petits (à partir de 5ans), ou pour les plus grands (jusqu'à 121ans), vous passerez un agréable moment en compagnie des habitants de la planète, Lem, Neera, Skiff et les autres, et le monstre (qui n'en est pas un, pour nous humains) Chuck et son robot Rover. Concernant la Version française du film, elle est toute à fait adaptée grâce à la prestation amusante d'un Vincent Cassel qui a dû prendre un sacré plaisir de gamin.
Laurent Bartoleschi