Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Le "Bodyguard" de Whitney Houston, Kevin Costner se donne en concert le 22 février à La Cigale!

cost2.jpgA travers quelques œuvres marquantes, dans des genres plutôt réalistes (JFK, Danse avec les loups, Les incorruptibles), Kevin Costner s'est taillé une place  parmi les grands d'Hollywood. D'ailleurs pour la petite histoire, au début, du tournage de Danse avec les loups, les mauvaises langues parlaient de ce film à grand spectacle comme un film ultra ambitieux. Mais ce sera lui qui aura le dernier mot puisque son œuvre ne remportera pas moins de 7 Oscars dont celui du meilleur film et celui du meilleur réalisateur. Aujourd'hui en 2010, le beau Kevin Costner nous revient enfin, non pas sur grand écran (même si l'on en a très envie), mais pour nous faire découvrir ses talents de chanteur-musicien accompagné de sa formation Modern West,  dans un style dont on ne s'y attendait pas, avec un premier album "Untold Truths", aux sonorités country rock, avec des accents de soft rock.

Les morceaux de son premier album parviendront à séduire les publics les plus novices. De mêmecost1.jpg que ses ballades solidement charpentées, pourront convaincre des amateurs de musique californienne paisible. Un grand conseil, si vous êtes des passionnés de musiques de Willie Nelson, Tom Petty, Neil Young ou tout simplement avide de curiosité, n'attendez pas la veille pour vous précipiter à La Cigale (120, bd. Rochechouart 75018 Paris), le 22 février 2010 à 20h00, car Kevin Costner et son groupe Modern West ne donnera qu'une date en France, pour sa route (toute tracée) européenne!

Laurent Bartoleschi

Gad Elmaleh, Mélanie Laurent, Jean Reno ... visage figé et air préoccupé

raf.jpgHier avait lieu la projection privée du film La Rafle , dans lequel joue Gad Elmaleh , Mélanie Laurent et Jean Reno . Et les trois acteurs se sont montrés très touchés lors qu'il a fallu répondre aux questions du public. Parler d'une tragédie historique telle que celle de la Rafle du Val d'Hiv' n'est pas une chose aisée qui peut se faire avec le sourire, et les trois acteurs ont su garder la distance nécessaire pour le faire.
C'est pourquoi Gad, Mélanie et Jean ont le visage figé, et un air fortement préoccupé. Heureusement, une fois la projection achevée et le jeu des questions-réponses terminé, la fête a malgré tout repris le dessus et la belle Mélanie Laurent a retrouvé son beau sourire qu'on aime tant.

La Rafle de Roselyne Bosch

larafle.jpgDate de sortie cinéma :  10 mars 2010

Réalisé par Roselyne Bosch
Avec Mélanie Laurent, Jean Reno, Gad Elmaleh...

Long-métrage français. Genre : Historique, Drame
Durée : 1h55 min Année de production : 2009
Distributeur : Gaumont Distribution

1942, Joseph a onze ans.
Et ce matin de Juin, il doit aller à l'école, une étoile Jaune cousue sur sa poitrine...
Il reçoit les encouragements d'un voisin brocanteur. Les railleries d'une boulangère.

Entre bienveillance et mépris, Jo, ses copains juifs comme lui, leurs familles, apprennent la vierafle2.jpg dans un Paris occupé, sur la Butte Montmartre, où ils ont trouvé refuge.

Du moins le croient-ils, jusqu'à ce matin de 16 Juillet 1942, ou leur fragile bonheur bascule...
Du Vélodrome D'Hiver, où 13 000 raflés sont entassés, au camp de Beaune-La-Rolande, de Vichy à la terrasse du Berghof, La Rafle suit les destins réels des victimes et des bourreaux.
De ceux qui ont orchestré. De ceux qui ont eu confiance. De ceux qui ont fui. De ceux qui se sont opposés. Tous les personnages du film ont existé. Tous les évènements, même les plus extrêmes, ont eu lieu cet été 1942.

Georges Frêche s'attribue des origines juives

georges-freche.jpgDans la campagne hyper médiatisée qu'il mène depuis le dérapage verbal qui lui vaut quasiment un procès en lèse-majesté avec la direction nationale du Parti Socialiste, l'arrêt sur la halte nautique de La Redorte, hier après-midi, a tourné au bain de jouvence pour Georges Frêche dont le moindre écart de parole est plus que jamais épié par les médias.

S'il a a tenu sa langue devant les militants PS du Haut-Minervois venus lui témoigner un indéfectible soutien, le président de la région Languedoc-Roussillon n'a pas résisté, au terme d'un exposé sur le Canal royal des Deux Mers digne de son rang d'historien, a livré une phrase croustillante dont il a le secret. S'adressant aux journalistes de Canal + - « Je ne voudrais pas qu'ils aient fait le voyage à vide » - Georges Frêche, allusif à sa déclaration au sujet de Laurent Fabius, s'est fendu d'une phrase qui va ajouter de l'huile sur le feu parisien : « Moi aussi je me demande si je ne suis pas un peu juif bien que je sois catholique.

Figurez-vous qu'il y a beaucoup de Frêche dans la communauté juive parisienne. Ces gens sont originaires de Lituanie et d'Estonie pour la plupart. Ma lignée à moi vient d'Espagne par mon père, des marranes qui s'étaient convertis au catholicisme pour échapper aux persécutions. Je suis dans le même cas que Franco qui a enfermé les juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale mais ne les a jamais persécutés pour cette raison ».
Dans le bras de fer qui l'oppose à la rue de Solférino, il ne fait pas de doute que c'est en terre audoise que Georges Frêche a le meilleur soutien. Didier Codorniou est l'incarnation de ce pack soudé comme au rugby. Ce jeudi le maire de Gruissan, élu en octobre dernier « premier des socialistes », a assigné en justice les instances nationales du PS.

Didier Codorniou accuse la direction du Parti Socialiste d'avoir investi la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, au mépris du vote des militants et des statuts internes du parti. Devant plusieurs dizaines de ces militants du Haut-Minervois, Didier Codorniou a justifié son recours devant le tribunal de grande instance de Paris : « C'est un faux procès qui nous est intenté en vue de la prochaine élection présidentielle. Les menaces de notre direction nationale donnent tout son sens à notre recours. J'ai confiance dans la justice pour faire respecter les règles et le droit. Je me suis engagé pour la défense de nos militants. Je ne perdrai pas mon âme dans ce combat ». Réponse d'ici le 14 mars selon l'avocat des socialistes languedociens. C'est-à-dire la veille de la date butoir, lundi 15 mars à 12 heures, pour le dépôt des listes au premier tour des élections régionales 2010.

John Travolta et toute l'équipe du film "From Paris With Love"

From_paris_with_love_french_poster.jpgJeudi 11 février dernier, un parterre de journalistes l'attendait et elle était à l'heure (ce qui est plutôt rare)! Toute l'équipe du film From Paris With Love, nous a donné rendez-vous dans un des somptueux salons de l'Hôtel Meurice avec à sa tête les comédiens, de Jonathan Rhys Myers, Kasia Smutiniak et John Travolta, le réalisateur Pierre Morel et le producteur et scénariste Luc Besson. Les questions se sont enchainées telle la course poursuite sur l'autoroute dans le film.

John Travolta  se dit très fier d'avoir été contacté par un duo de choc pour jouer dans un film explosif : "Vous savez, lorsqu'un acteur américain reçoit un scénario signé Luc Besson, croyez moi, il le lit très attentivement. Ensuite, je connaissais le travail de Pierre Morel; j'avais vu son film Taken (avec Liam Neeson...) qui m'avait déjà plu. Alors j'ai décidé de les rencontrer tous les deux : ils m'ont fait la descriptionjtra1.jpg du projet et surtout le fait de tourner en France, à Paris. Et puis, ils m'ont averti que je travaillerai  aux côtés de l'acteur anglais Jonathan Rhys Myers.

Je me suis dit qu'une telle alchimie ne pourrait que fonctionner, que ce serait une expérience excitante." Ce que l'on aime chez Mr Travolta est qu'il change de look pour chaque film; pour cela, il a fait un bon travail de recherche avec le réalisateur: "On a feuilleté de nombreux magasines de mercenaires. On a remarqué qu'ils étaient pour la plupart chauves avec un bouc habillés de vêtements très débraillés, un peu à la manière de votre serviteur. On a même régulièrement consulté photoshop afin de réaliser quelques relooking virtuels.

tr2.jpgLook extrême, en contradiction direct avec mon acolyte qui lui a plutôt un côté clean à la James bond." L'agent 007 qui est à l'honneur avec un des titres de la série (From Russia with love), comme nous le dit Luc Besson:" J'adore ce titre! Il fait un peu penser à une carte postale un peu kitch, en opposition totale, avec l'action du film puisque John est censé passer un week-end "tranquille" à Paris or il sera un peu agité où grâce à de cascades toutes spectaculaires les unes autant que les autres, le duo ne l'oubliera pas de si tôt!!" Il faut dire que l'ancien danseur a accompli 95 % de ses cascades lui-même. Autre hommage évident, celui rendu aux thrillers français des années 70/80, comme les films d'Henri Verneuil, Peur sur la ville. Pierre Morel déclare  modestement:" ces films font parti de notre génération de cinéphile. Il y a pleins de choses en effet qui sont digérées et qui reviennent sous une autre forme."  

Enfin en guise de conclusion, il était inévitable de passer à travers l'implication  de John Tavolta sur la question d'Haïti:" Je possède un avion suffisant pour mettre à bord plus de sept tonnes de vivres et de médicaments; de mon domicile je ne suis qu'à deux heures d'Haïti, j'ai pensé que ce serait intelligent de m'en servir. Il faut dire que j'ai eu le privilège de pouvoir contrôler la destination de ces marchandises, étant donné que je m'y présentai de manière totalement indépendante. Aussi, tout est allé directement à la population et les médecins qui m'ont accompagné ont réussi à sauver des centaines de vies."

Laurent Bartoleschi

La Rafle en projection privée

raf.jpgMélanie Laurent , Gad Elmaleh et Jean Reno ont présenté La Rafle en avant-première au Gaumont Marignan.

Hier, 14 février 2010, le Gaumont Marignan organisait une projection en avant-première de La Rafle , le film de Roselyne Bosch qui raconte l'arrestation et la déportation de milliers de juifs français le 16 juillet 1942.

A cette occasion, outre la présence des têtes d'affiche du film et de stars ( Mélanie Laurent , Gad Elmaleh , Jean Reno , Raphaëlle Agogué , le petit Hugo Leverdez, Dany Boon ), des hommes politiques étaient présents : Jacques Chirac , Jean-Paul Huchon , Eric Besson, Luc Chatel, et le président du Conseil réprésentatif des instituions juives de France (Crif), Richard Prasquier . Preuve que le cinéma peut servir, encore et toujours, de vecteur d'enseignement aux générations futures. Sortie le 10 mars 2010.

Les César 2010 : Gad Elmaleh et Valérie Lemercier ouvriront les festivités le 27 février

Rohmer, comme si vous le connaissiez...du moins son cinéma

rohmdvd.jpgCe coffret édité chez Opening résume pour tout glouton atteint de cinéphilie aiguë, la plus grande partie de l'œuvre du réalisateur. Le résultat d'un travail accompli par un grand maitre qui vient tout juste de nous quitter. Laissant derrière lui, des œuvres majeures comme Ma nuit chez Maud, Les nuits de la pleine lune, Conte d'été. Chez Eric Rohmer, on se mettait volontiers à genoux devant les mots. Il filmait tel un romancier: des images toujours narratives, inséparables d'une stratégie de la parole. Amour, jalousie, goût de la passion ou de l'indépendance, éducation sentimentale, Rohmer décrivait les grandes manœuvres de la séduction, du désir, de la vérité et du mensonge.

Ses films étaient pour la plupart remarquablement interprété; que ce soit avec des comédiensrohmdvd2.jpg amateurs, d'autres se faisant rares (on pense à Feodor Atkine), des petits devenus grands (P. Greggory, A.Dombasle, T.Karyo et bien sur F. Luchini), ou des talents plus que confirmés (F.Fabian, A.Dussolier, J.C.Brialy). Discret, de son vrai nom Maurice Schérer, il demeurait l'ennemi du vedettariat, il n'accordait presque jamais d'interview à la télévision. Finalement, ce sont ses acteurs qui en parlaient le mieux. Lui se plaisait à répéter que "l'auteur n'existe que par son œuvre". Une de ses paroles que vous pourrez retrouver dans certains de ces DVD, puisqu'en guise de bonus, de brillants commentaires radiophoniques y figurent. Pensez donc à vous offrir ce coffret de 21 films (disponible chez Opening), quasi balzacien, où la séduction passe d'abord par les mots.     

Laurent Bartoleschi

Rendez-vous cette semaine avec un duo, un trio et un monde tout vert!

brothers.jpgComme pour la guerre du Vietnam, les américains sont très affectés par la guerre en Afghanistan. En témoigne des films tels que Dans la vallée d'Elah, Redacted ou encore récemment l'excellent Démineurs de Kathryn Bigelow. Brothers, le nouveau film de Jim Sheridan (Au nom du père, The Boxer…) frappe fort. Sam et Grace forment le parfait petit couple avec leurs charmantes petites filles, jusqu'au jour où Sam justement est envoyé à l'étranger pour une mission; or après un attentat, son hélicoptère s'écrase. Présumé mort au pays, il n'est que récupéré et torturé par l'ennemi. Pendant ce temps, la famille, confiée au frère (récemment sorti de prison) du porté disparu, tente tant bien que mal à reprendre ses marques.

C'est alors que plusieurs semaines passent, un coup de téléphone retentit pour annoncer que Sam est bien vivant. Mais Tommy, le frère et Grace se sont plus ou moins rapprochés. Brothers est un remake du film éponyme de Susane Bier mis en scène en 2006. Là où le film de la réalisatrice traitait à la manière du dogme de Lars Von Trier, un mélo sur les liens fraternels, celui de Sheridan nous entraine certes sur cette même voie, mais surtout sur les méandres de la culpabilité, voire de la folie. On peut y voir les diverses répercutions de la guerre sur l'esprit humain qui se laisse décalquer sur un homme, son couple, sa famille.

Les acteurs sont tous aussi parfaits  les uns que les autres: que ce soit Tobey Maguire dans le rôle de Sam qui navigue entre démence et remord, alliant le sentiment de culpabilité à celui de l'effroyable déshonneur d'être à la fois trompé par sa femme et trahi par son frère; interprété par Jake Gyllenhaal, est lui aussi irréprochable dans le rôle du frère délaissé par son père; enfin, Nathalie Portman prouve une fois encore que c'est une actrice pleine de justesse.

On n'oubliera point la prestation d'une des petites filles, Bailee Madison, qui vous fera utiliser un bon nombre de mouchoirs. Brothers de Jim Sheridan (peut être son meilleur film, depuis Au nom du père en 1996!) est un film fort et criant de vérité. 

La Vérité, on voudra la connaitre! Mais il faudra patienter raisonnablement 2h pour connaitre le Sherlock-Holmes.jpgplan machiavélique que Messieurs Sherlock Holmes et Dr Watson vont devoir détourner face aux ténébreux Lord Blackwood. Cette nouvelle adaptation menée vivement par un Guy Ritchie sur-vitaminé demeure très libre des enquêtes du fameux détective. Le film ne trahit jamais Sir Conan Doyle! Il reconstitue avec soin, aussi bien le 221B Baker Street, que l'atmosphère de misère et de mort où baigna l'Angleterre victorienne. Le réalisateur aborde son sujet avec respect sans tomber dans la lourdeur et laissant place à un humour qui ne dérive, heureusement, jamais vers la parodie facile. Paradoxalement, cette version ne correspond à aucun livre de Conan Doyle.

C'est sans doute cette liberté d'agir qui a donné des ailes au réalisateur de Snatch. D'abord parce qu'il joue à merveille des ambiances opaques et de tous les fantasmes que peuvent susciter les épaisses nappes de brouillard  du Londres en pleine construction du Tower Bridge, mais aussi parce qu'il est servi d'un duo de choc: Jude Law et surtout Robert Downey Jr. Mais comme dans tout bon roman des aventures de Sherlock Holmes, il faudra être vigilant, attentif, méthodique et surtout se méfier des autres! N'est ce pas? Elémentaire mon cher lock Holmes (pardon, Holmes)

PLANETE_51.jpgPoursuivons dans la lignée des énigmes: je suis vert, j'ai quatre doigts et je n'ai pas de nez, mais j'ai une belle paire d'antenne sur ma tête. Je suis? Un Alien? Faux! Du moins, pas dans le dessin animé de Jorge Blanco Planète 51. L'histoire se passe donc sur cette fameuse planète, un monde où le temps s'est arrêté dans les années 50, avec la peur d'une invasion venue de l'espace. Et quand un astronaute débarque par erreur sur la planète, il sème une panique monstre, c'est le cas de le dire, puisqu'il devient malgré lui…l'Alien. Aussi ce dernier sera pris en otage par les plus hautes autorités. Le "mutant" est aussi rusé qu'une huître, l'exotisme est garanti cependant. On peut voir en Planete 51 aussi bien un film d'animation rendant un vibrant hommage aux magazines Pulp, genre Amazing Stories, qu'aux multiples références des films de genre: de Mars attacks en passant aux Body Snatchers, E.T, Wall-E sans oublier bien sûr Alien.

Que ce soit pour les plus petits (à partir de 5ans), ou pour les plus grands (jusqu'à 121ans), vous passerez un agréable moment en compagnie des habitants de la planète, Lem, Neera, Skiff et les autres, et le monstre (qui n'en est pas un, pour nous humains) Chuck et son robot Rover. Concernant la Version française du film, elle est toute à fait adaptée grâce à la prestation amusante d'un Vincent Cassel qui a dû prendre un sacré plaisir de gamin.  

Laurent Bartoleschi

Dérapage verbal : Frêche se pose en victime

georges-freche.jpgDans une interview parue ce jeudi dans l'Express, Georges Frêche, président DVG sortant de la région Languedoc-Roussillon, tient à l'encontre de Laurent Fabius, ancien Premier ministre, des propos que la première secrétaire du PS condamne fermement. Martine Aubry, qui se dit «indignée», a annoncé qu'elle saisirait mardi prochain la direction du PS pour «décider des suites».

«Voter pour ce mec en Haute-Normandie me poserait un problème, il a une tronche pas catholique», déclare Frêche à l'adresse de Fabius. Cette déclaration n'a pas été démentie mercredi par l'entourage de l'élu. Laurent Fabius étant de confession juive, il s'agit d'un sérieux dérapage.

Dans un communiqué publié mercredi, la patronne du PS a affirmé : «La déclaration de Georges Frêche (...) est indigne d'un élu de la République et constitue une insulte aux valeurs de la gauche».

Victime d'«une chasse à l'homme»

L'auteur des propos a réagi jeudi en expliquant que ses paroles avaient été déformées pour lui nuire. «A Paris, se servir de mes propos, les déformer à dessein, devient la principale occupation de certains dirigeants en panne d'idées, déclare le président de la région Languedoc-Roussillon dans un communiqué. C'est devenu un sport national que de taper sur Georges Frêche (...) Les habitants du Languedoc-Roussillon qui me connaissent savent combien cette caricature, qui vire à la chasse à l'homme, est dérisoire».

«Interrogé sur le non-soutien de Laurent Fabius à mon endroit, j'ai répondu par une expression populaire utilisée par tous les Français depuis des siècles. Celle-ci exprime le manque de confiance que j'ai à son égard depuis le Congrès de Rennes de 1990 et pas autre chose», ajoute-t-il.

Un habitué du dérapage verbal

Georges Frêche n'en est pas à son premier dérapage verbal. C'est déjà pour un premier débordement que le président sortant du Conseil régional du Languedoc-Roussillon avait été exclu du PS en janvier 2007. Il avait estimé qu'il y avait trop de «blacks» dans l'équipe de France de football. En 2006, il avait aussi été suspendu pour avoir qualifié les Harkis de «sous-hommes».

Même si son cas embarrasse les instances du PS, il a cependant été plébiscité par les militants socialistes pour conduire la liste régionale en mars prochain et la direction du PS ne lui a pas opposé de liste alternative.

Un peu avant la réaction de Martine Aubry, les Verts ont condamné ses propos qu'ils jugent «inadmissibles» et «aux relents nauséabonds», demandant au PS de réagir. «Après l'affaire des blacks de l'équipe de France et les harkis, après avoir traité de nazi un pasteur de la Cimade, ces derniers propos aux relents nauséabonds sont inadmissibles», assure Jean-Louis Roumégas, porte-parole national des Verts et tête de liste Europe-Ecologie en Languedoc-Roussillon.

Le député PS de Seine-Maritime et ancien Premier ministre Laurent Fabius avait affirmé fin décembre qu'il n'était «pas sûr» de voter pour les listes de Georges Frêche s'il était électeur en Languedoc-Roussillon, car «ses idées ne sont absolument pas les (s)iennes».

Interview exclusive de Catherine Breillat

abus2.jpgC'est au sein d'un grand hôtel parisien que Catherine Breillat (metteur en scène de plus d'une douzaine de films dont le très sulfureux Romance), nous a accordé un entretien, autant exclusif qu'émouvant. A l'occasion de son livre récemment paru aux éditions Fayard, elle nous raconte sous forme de parallélisme, d'un côté son combat contre son grave accident cérébral et de l'autre son histoire avec le petit grand arnaqueur d'Hollywood, Christophe Rocancourt; celui qui a réussi à lui dérober la somme de 750 000 euros, profitant de l'état de faiblesse de la réalisatrice. 

Laurent Bartoleschi : Comment avez-vous été séduite par Le Rocancourt? Parlez-nous un peu de lui.

Catherine Breillat: En le voyant pour la première fois lors d'une émission à la télé, je m'étais dit qu'il serait trop vieux pour mon personnage dans Bad Love. Il me fallait de l'adolescence. A notre première rencontre, en ouvrant ma porte, je me souviens m'être dit :"ah oui ouf vous êtes jeune! Il a souvent fait l'éternel ado, celui qui a tout lu Nietzsche, mais qui ne connaissait que les dix lettres de son nom, comme disait sa compagne Sonia Rolland. Lui qui voulait faire un film sur sa vie, à 40ans, il était en mesure de dire qu'il voulait faire un film bilan, avec pour le rôle titre Patrick Bruel! Grâce à sa sympathie, il arrivait à faire susciter une telle émotion qu'on en croirait ses dires. C'est un professionnel. Un vrai "Serial" comme je le dis souvent dans le livre. Il ne peut s'exprimer et exister parce que c'est un rien. Ce qui le fait "exister", c'est justement l'escroquerie.

L.B : Y-a-t-il eu un rapport mère/fils?

C.B : Enormément, oui! Plus que ce que d'autres journalistes ont comparé notre relation à une histoire d'amour. On pourrait croire que c'est parce qu'il avait une réelle sympathie, de l'attachement vis-à-vis de moi. Il faut dire que malgré ma maladie, je ne me consacrais qu'à lui, à tel point que je ne voyais plus mes propres enfants. Le seul "amour" que j'ai pu avoir envers lui est celui qu'un metteur en scène peut avoir pour son personnage. Je suis un peu la mère qu'il n'avait jamais eu : une mère de substitution. Il répétait souvent qu'il avait reçu une éducation terrible. Or tout cela est faux! Peut être s'agit-il d'une des raisons du pourquoi j'ai écrit Abus de faiblesse, afin d'éclaircir tout ceci dans ma tête.

L.B : Vous dites:" être Hémiplégique, c'est devoir s'excuser tout le temps". C'est-à-dire? abus.jpg

C.B : On ne peut pas faire semblant. Je fais du cinéma et quelquefois, durant les tournages, on doit me porter. Je ne cherche pas à être un éventuel dictateur; parfois certaines personnes le comprennent mal. Je n'ai pas ce que l'on appelle une sensibilité profonde : je ne sais pas si j'attrape quelconque objet; je peux opposer mes doigts aux autres, mais c'est tout. Quand je ne regarde ni mes jambes, ni mes pieds, je ne peux pas vous dire où ils se trouvent. Je suis un demi-cadavre. Un corps qui n'existe que par sa douleur: deux parties indépendantes, pesantes et absentes. L'une tombe sur l'autre. Non seulement, je ne peux me déplacer comme tout le monde, mais en plus cela me demande une colossale concentration. Depuis que je suis mal à gauche, je suis mal à droite.

L.B : Qu'en est-il de l'affaire au jour d'aujourd'hui?

C.B : Ce qui est sur est qu'il soit resté une journée entière en garde à vue par la brigade de répression de la délinquance astucieuse rue du Château des Rentiers dans le XIIIème à Paris, spécialisée pour les abus de faiblesse. Il avait des "choses à répondre", mais il trouvé le culot d'annoncer diverses vérités selon lui abracadabrantes : que je l'avais payé en tant qu'acteur 750 000€, et qu'il avait un contrat! Ahurissant de pouvoir dire cela, en pleine garde à vue, à la police. Aujourd'hui, il y a régulièrement des audiences et il y fait appel. Il a une caution de 30 000 € à me verser chaque mois. Interdiction de sortir du territoire, interdiction d'essayer de m'approcher et/ou de me contacter.

L.B : Vous êtes actuellement en plein tournage et vous souhaitez pleinement que Ronit Elkabetz fasse partie de votre aventure. Où l'avez-vous rencontré?

C.B : C'était lors d'un festival à Tel Aviv où l'on me rendait hommage à travers une rétrospective de mes films, que j'ai rencontré cette sublime actrice. Elle avait adoré Romance et moi j'avais trouvé sa performance exceptionnelle dans "Prendre Femme". Depuis, on se contacte régulièrement. J'ai énormément envie de la faire tourner dans mon prochain film La belle au bois dormant. Mais elle a un planning très chargé; c'est pour cette raison que je lui ai proposé trois rôles, et selon ses disponibilités elle choisira. On peut dire que l'on a un grand point commun elle et moi: nos films n'intéressent qu'une catégorie de cinéphile et on a du mal à trouver des fonds pour les faire.

Laurent Bartoleschi