Laurent Bartoleschi

Je m'appelle Laurent Bartoleschi, actuellement attaché de production à Radio France International( RFI).
J'ai connu Alliance en 2009, tardivement donc, d'où j'avais proposé à Mme la Présidente-Claudine Douillet, de rédiger quelques articles cinéma. Chose établie puisque jusqu'à aujourd'hui, après en avoir réalisé plusieurs, de couvrir les festivals de Cannes et de Deauville, ainsi que maintes interviews, je suis reconnu par les professionnels de la profession, étant donné qu'ils me délivrent chaque année, depuis 2010, ma carte de critique. Une belle reconnaissance, à vrai dire. Merci à toute l'équipe d'Alliance, en espérant que cette collaboration ne soit qu'un début.

Les articles de Laurent Bartoleschi

Les dvd pour nos petits sont arrivés

Les-zintrus.jpgIls sont là, arrivés en DVD, bien décidés à envahir notre monde et ils en ont les moyens. Ce sont les Zintrus (FPE) avec à leur tête Skip et Sparks. Ce divertissement familial est à la fois un mélange d'action, d'humour et d'extraterrestres ! Si le scénario est quant à lui classique et sans surprise (un groupe d'enfants tente de défendre leur maison de vacances dans le Maine contre une invasion extraterrestre), le film réussit à générer une ambiance plutôt sympathique. Pour l'anecdote, il faut signaler que l'histoire est sortie tout droit de l'imagination du scénariste Mark Burton; il a trouvé le concept du film en s'inspirant du monde réel. Il raconte, en effet, que lorsque ses enfants étaient plus jeunes, ils jouaient souvent dans la maison avec leurs amis. Ils étaient surexcités, couraient dans tous les sens en se tirant dessus avec des jouets. Comme quoi. Aussi, ce n'est pas la première fois qu'il s'attaque à une comédie d'aventure, puisqu'il a notamment participé à l'écriture de Madagascar et a même reçu un Award pour le scénario de Wallace et Gromit le mystère du lapin-garou. Extraterrestres remontés à bloc contre gamins déchaînés: qui l'emportera? Résultats garantis dans les Zintrus (disponible chez FPE).Un film à voir en famille, où chacun y trouvera son compte: des enfants qui se prendront rapidement au jeu, tandis que nous parents nostalgiques, on ne pourra pas s'empêcher de penser à l'univers des Thomas.jpgfameux Gremlins, de Joe Dante.

A présent, une autre ambiance un peu moins agitée du bocal puisqu'il s'agit d'un des personnages les plus connus de vos enfants, Thomas le petit train (disponible chez France Télévisions distributions). Comme son titre l'indique, il est question d'une locomotive accompagnée de ses amis où de grandes aventures les attendent au tournant. Entraînés par le petit train et la musique des mots, les enfants pénètrent dans le monde imaginaire de Thomas. Plus qu’une série distractive et originale Thomas le petit train a une vocation éducative et pédagogique en évoquant des thèmes comme l’amitié, l’entraide et la découverte. Une série d’animation qui mêle fond et forme avec des images 3D, qui permet de baigner l’enfant dans un univers entre imaginaire et réalité. Saviez vous que cette petite locomotive si malicieuse est âgée de 65ans, qui connait à l'heure actuelle un succès énorme en Angleterre, est traduite dans 45 langues et est diffusée dans pas moins de 185 pays!

Cajou2.jpgDepuis les Indestructibles, sauver le monde en famille, c'est vraiment cool. En témoigne la famille du petit mignon Sam Sam (chez Universal Vidéo) qui fera bon usage de leurs supers pouvoirs, tout en s'amusant avec le volume 5 L’espace n’est pas une poubelle. Je vous rappelle que ce petit homme déguisé en costume rouge deux pièces est une version bout'chou du film de super héros. Pour faire le plein d'aventures fantastiques, votre enfant devient grâce à lui, le temps d'un épisode, ce superoui_oui.gif héros cosmique ! Rien ne vous empêche de l'accompagner…Et comme tout le monde extraordinaire de Sam Sam, les moments de la vie se transformeront en aventures intersidérales abracadabrantesques cosmiques. Génial, n'est ce pas? Destinée aux enfants, cette série (comme la précédente d'ailleurs) est à la fois ludique et éducative. Elles visent à apprendre aux plus jeunes (à partir de 4ans dira-t-on)  la tolérance et le partage et le respect d'autrui.
D'autres titres sont également disponibles chez Universal vidéo: CAJOU « L’amie de la forêt »  (vol. 1), « Je parle anglais avec OUI-OUI » (volume 3), PETITE PRINCESSE « Je veux cuisiner » (volume5)…

Laurent Bartoleschi

Et le cinéma britannique entra en guerre de Francis Rousselet aux éditions Cerf-Corlet

cinebrit.jpgOn a tous en mémoire le cinéma russe de l'entre deux guerres, du Cuirassé Potemkine en passant par Octobre avec ses réalisateurs inoubliables tels que Eisenstein et Poudovkine. On connait moins celui de l'entrée en guerre de la Grande Bretagne. Entre 1939 et 1945, ce pays produisit des films de guerre, d'espionnage et surtout de propagande fustigeant le régime dictatorial de l'ennemi. En effet, en 1940, le Ministère de l'Information du gouvernement de Winston Churchill créa un département autonome afin de produire des fictions dédiées au conflit qui écorche l'Europe. Le cinéma, comme objectif, consistait à informer les voisins alliés, et finalement le reste du monde du danger nazi et inciter la population à soutenir la Grande Bretagne.

Nommé à la tête de la Films Division du M.o.I, Sir Kenneth Clark deviendra une figure de proue: c'est lui-même qui fera appel à des réalisateurs comme Carol Reed, Michael Powell et  Alfred Hitchcock. Leur cinéma possède un lourd héritage, celui du documentaire. Comme le souligne l'auteur "le cinéma britannique s'était bâti une solide réputation au cours de la décennie précédant la guerre." En 1942, pour exemple, l'œuvre de correspondant-17.jpgHumphrey Jennings I was a fireman, avec la présence d'acteurs non professionnels, mais vrais pompiers, jouant des personnages de fiction, évoquait plus le néoréalisme italien que l'ambiance hollywoodienne.

Mais ce sont deux commandes toujours du Ministère, deux films prestigieux qu'ils transforment en entreprises exceptionnelles et qui marquent l'accomplissement  de Michael Powell et d'Emeric Pressburger comme cinéastes majeures: 49th Parallel et One of Our Aircraft is Missing. Ce duo sera à l'origine d'une belle saga romanesque et pacifique (ce qui déplaira au Vieux Lion), Colonel Blimp, qui marquera, sept ans plus tard, l'éclosion de la forme raffinée et le style unique du film culte de Powell The Red Shoes (ressorti actuellement dans certaines salles de France). En parcourant le passionnant travail de Francis Rousselet dans son livre Et le cinéma britannique entra en guerre aux éditions du Cerf-Corlet, on discernera le patrimoine avec ses valeurs et ce courage que l'on retrouvait dans les premiers  films de Boorman et  Frears.   

Laurent Bartoleschi

Interviewexclusive de Stéphane Freiss

freiss1.gifDans ce jeu de l'Amour, du Hasard, et du Mensonge, UNE COMEDIE ROMANTIQUE est une œuvre résolument moderne et pétillante, servie par des comédiens qui n’en font jamais trop. Le couple vedette n'est autre que Stéphane Freiss et la fraîche Elodie Navarre (vue récemment au cinéma dans Une affaire d’état) est sublimement entouré d'excellents seconds rôles. Une pièce qui se joue actuellement au Théâtre Montparnasse, où des éclats de rires peuvent tomber d'un moment à l'autre.

L.B: Une comédie romantique n'est pas comme son nom l'indique une tragédie, mais encore?
Stéphane Freiss: C'est un texte qui se prête à pleins d'interprétations. Mais la vision de ce spectacle est beaucoup plus pragmatique et premier degré que l'on ne pense. Cette pièce amène une lecture vitale et organique. Elle exige de nous (ma complice et moi) que l'on soit très physique. Gérald Sibleyras, l'auteur, nous propose une succession de scènes extrêmement courtes dans lesquelles il est difficile de ne pas s'attacher aux personnages, il installe de véritables situations de jeu, et amène des dialogues plutôt sympathiques. Une histoire parmi tant d'autres. Du rire, des sentiments, un peu de rêve. Et c'est charmant.

L.B: Dans la pièce comme dans certains de vos films (5 X2, Betty Fisher…), on a l'impression que vous avez un caractère de dragueur, non?
S.F: On ne peut pas voir le personnage comme un dragueur mais plus comme un séducteur. Quand je suis séduis par quelque chose ou par quelqu'un, je fais agir effectivement mon pouvoir d'attirance et j'essaie de faire en sorte que le rapport se passe plus vite et mieux. Que ce soit pour un objet afin de se l'approprier ou d'une personne. C'est un homme qui n'est pas malhonnête. Il est assez franc, ce n'est pas du tout un dragueur de premier ordre. Cela dépend comrom.jpgaussi des soirs : si ma partenaire (Elodie Navarre, NDLR) me renvoie beaucoup d'amour, je joue plus la maladresse. C'est elle qui va mettre en jeu notre rapport de séduction. Cette dernière est un outil dans la société, on ne peut pas s'en défaire. J'aime le rapport à l'autre et en même temps, je suis quelqu'un de très curieux. J'aime créer des rapports de séduction entre les gens, puisqu'on crée quelque chose de ludique, par contre dragueur je ne l'ai jamais été : je suis très maladroit. D'ailleurs jeune, j'étais plutôt timide, je ne sortais pas en boite.

L.B: La pièce est très "adulte": ça parle cash, le couple se retrouve régulièrement au lit, etc. Ne trouvez vous pas que ce couple joue un peu comme des enfants où il n'y a que les jeux justement qui changent?  
S.F: On parle de sexe tout au long de la pièce c'est vrai, mais au fond tout est entreprise de jeu. Il n'y a pas d'âge pour se comporter avec de l'insouciance, de l'irresponsabilité et c'est plutôt intéressant. Lorsque la pièce se termine, on a l'impression d'avoir transmis, au public, une part de juvénilité. Les hommes ont comme une envie de séduire à nouveau leur propre femme (et vice-versa). Une réelle envie de retourner vers l'autre, et la pièce est bien réussie dans ce sens.

L.B: Là où la pièce est définitivement actuelle, c'est sur l'omniprésence de la technologie : la communication se fait aussi bien par téléphone que par l'envoi de mails; ne craignez vous pas comme disait Pierre Etaix que "trop de communication fait que l'on communique plus."
S.F: C'est un sujet vaste et pour ne rien vous cacher, personnellement, je suis resté encore à l'époque du crayon et de la gomme. De  l'ordinateur, j'envoie très peu de mail, idem pour tout ce qui est SMS, textos…; je dis cela mais en même temps, je me surprends parfois  à envoyer des messages qui vont plus loin de ce que j'aurai pu dire de visu à la personne. Déjà, on ne peut pas se défaire des propres instruments que l'on a nous même créé. Ensuite, l'auteur a voulu raconter ces instruments justement pour communiquer. Maintenant la question que vous posez : serait-ce un pas en avant vers le rapprochement ou au contraire un fossé qui se crée entre plein de solitude. Auparavant, on ne pouvait pas si rapidement prendre contact avec quelqu'un. Qu'est-ce qu'on y gagne? Qu'est-ce qu'on y perd? Pour la première, on retire La part de mystère au rapport à l'autre. Et dans l'autre on y révèle une part de vérité.

L.B: Léon rencontre au hasard Anita dans une boutique SNCF, et là c'est le coup de foudre : alors, êtes vous plus Hasard ou Destin, dans la vie?
S.F: Chacun a sa propre lecture et comme dirait Woody Allen, "le Hasard c'est le nom que prend D'ieu, quand il veut passer incognito". C'est plutôt complexe, pour ma part puisque mon niveau de conviction est très variable. Il y a des jours où l'on sème (in)consciemment la récolte que l'on aura un jour, ainsi après elle arrive comme elle arrive. Parfois elle arrive de manière évidente, et parfois de manière incongrue. Maintenant, il est clair que si l'on ne fait rien, il n'arrivera rien du tout.

Laurent Bartoleschi

DVD : Rapt et les Regrets

rapt.jpgRares sont les films de genre français qui s'avèrent brillants, Rapt (Diaphana) en est l'exception. En transposant l'affaire de l'enlèvement du Baron Empain, en 1978, le réalisateur Lucas Belvaux nous livre ici un récit contemporain d'un réalisme poignant, mêlant intrigue policière, drame intime et critique acerbe des arcanes du Pouvoir. La crédibilité des scènes de séquestration doit beaucoup à la justesse d'Yvan Attal, qui a perdu plus de 18kg. Un vrai rôle "à la de Niro", pourrait on dire. Jusqu'au 28 février, on aurait pu s'imaginer qu'il aurait été le parfait lauréat du César du meilleur acteur. Mais c'est  Tahar Rahim qui lui a "dérobé" la récompense, méritée toutefois. En tout cas, Rapt reste un film à la fois dur et implacable d'une intensité exceptionnelle. Aussi, connaissant tous le destin de l'homme d'affaire, Lucas Belvaux trace ici le portrait d'un homme déchu, victime de lui-même, de l'argent et du pouvoir. Tout comme le personnage incarné par Yvan Attal, le spectateur n'en ressortira pas indemne, mais néanmoins avec la certitude d'avoir assisté à du grand cinéma.

Du grand cinéma, il en est question aussi avec le dernier film de Cédric Kahn (l'Ennui, Roberto Succo…), les Regrets (Warner Home Vidéo), où il met en scène un couple d'anciens amants qui ont refait leur vie mais qui vont à nouveau vivre une passion destructrice. C'est dans la provinceLESREGRETS.jpg de son enfance que Mathieu, 40 ans, architecte parisien, croise Maya, son amour de jeunesse (femme et mère, aujourd'hui), qu'il n'a pas revue depuis quinze ans. La passion qui les animait va être ravivée par ce simple échange de regards. Si cette histoire vous parle, c'est tout simplement qu'il s'agit d'une version 2009 du chef d'œuvre de François Truffaut, La Femme d'à côté (avec le duo F.Ardant et G.Depardieu).

Dans les Regrets, Yvan Attal partage l'affiche avec Valeria Bruni Tedeschi. Une habituée de rôles liés à l'infidélité, souvenez vous de 5 X2 et de Coquillages et crustacés. Ici, c'est en effet la passion qui mène la danse; une passion totale entre deux amants qui les emprisonne dans un tourbillon proche de la folie. Les corps se déchirent avec une telle bestialité à faire perdre la tête. Tout comme le film de 1981, le jeu de fuite est omniprésent: il manifeste le rapport de séduction qui conduira les amants tour à tour dans les chambres d'hôtel, que se soit en ville, en Province, hors de la France, divers lieux où l'adultère sera mis en activité.  Mais comme disait Truffaut disait à propos de La femme d'à côté que rien n'est plus important que de vivre son amour pleinement!

Laurent Bartoleschi

Interview de Pascal Elbé pour Tête de turc

pascalel.JPGSortie le 31 mars 2010

- Voir Article sur le film

- Gagner des places pour voir le film

Pascal Elbé écrit, réalise et interprète cette chronique au sein d'une banlieue sulfureuse où se mêlent plusieurs destins d'origines différentes.  Un thriller en guise de premier film, mené tambour battant par un metteur en scène ô combien cinéphile.

Laurent Bartoleschi: Après avoir participé à l'écriture de scénario de films tels que Père et fils de Michel Boujenah et Mauvaise foi de Roschdy Zem, on attendait plus Pascal Elbé avec une comédie pour premier film en tant que réalisateur.

Pascal Elbé: Je serai bien parti en effet sur une comédie mais le sujet a dicté sa voie. Il m'a emporté dans sa gravité. Il faut dire que les derniers films qui m'accompagnent sont plus des films noirs américains. Et puis je voulais parler de la transmission et de la communication qui sont des thèmes très importants dans la société d'aujourd'hui. C'est pour cette raison que je ne voulais pas traiter mon film avec autant de légèreté. J'avais en fait envie de passer plus par le discours que par l'image; ce qui permet de dire plus de choses.

L.B: On sent en effet le travail d'un passionné du cinéma de Haggis/ Altman pour le film choral, Friedkin pour la noirceur et Gray et Coppola sur le thème de la famille.

P.E: Tête de turc est en quelque sorte un accouchement de tout ce que j'ai pu ingurgiter comme tetedeturc.jpgfilms depuis toujours : un vrai premier film de cinéphile. Après lorsqu'il s'agit de faire parler ces personnages, on est plus dans le cinéma espagnol ou israélien, où les femmes peuvent trouver leur place. Mais comme vous pourrez le constater le cinéma français est absent. Pourquoi? Je trouve qu'en France, on est un peu trop consensuel ou fade. Il ne se dégage pas la même énergie d'un Scorsese ou d'un Inaritu, peut-être, parce que l'on appartient à une société plus gâtée et plus tranquille. Quand on parle du cinéma espagnol, il y a Franco qui est passé par là. Quand on parle du cinéma Israélien, il y a le contexte permanant que l'on sait. En tout cas, je reconnais que le cinéma français me parle moins.

L.B: Parlez-nous justement de ce cinéma israélien…

P.E: C'est une vitalité formidable. Quand on prend l'histoire du cinéma israélien, on remarque qu'il est passé par des étapes incroyables. Du cinéma de propagande dans les années 50, il a commencé à s'émanciper depuis plus de dix ans en étant très autocritique. Il faut reconnaître aussi qu'il a des créateurs éblouissants qui sont capables de tout : prenez une histoire d'amour telle que dans Jaffa, c'est très fort. Tout ça parce que la société du pays est vivante, elle est tournée vers l'instant présent, ce qui donne un état d'urgence. Une vitalité que l'on trouve nulle part ailleurs. Ronit Elkabetz, je l'ai engagé parce qu'elle me rappelle ces actrices italiennes d'après guerre qui incarnaient La vraie femme. Je pense à Sophia Loren, Irène Papas, Gina Lollobrigida. Elle m'a tout de suite impressionné lorsque je l'ai vu dans Prendre femme ou dans Mariage tardif. Maintenant, qui était capable d'incarner une mère courageuse et digne avec autant de force, en France?

L.B: A-t-elle donné immédiatement son accord?

P.E: Lorsque je lui en avais parlé une première fois elle m'a dit que cela ne serait pas possible, parce qu'elle avait plein de travail. Je n'ai pas lâché prise. Un jour qu'elle faisait ses courses à Paris, je lui ai tendu le scénario. Deux jours plus tard, elle m'appelle pour me dire qu'elle a été très séduite, et qu'elle imaginait déjà ce qu'elle pourrait tirer de ce personnage. Aujourd'hui, on ne me parle que d'elle. J'en suis fière.

L.B: Les personnages du film ne correspondent pas forcément à leur propre origine. Etait-ce un choix particulier? Vouliez-vous éviter les clichés ?

P.E: Oui justement, puisque nous, comédiens, sommes souvent enfermés. Là est l'esprit d'ouverture. Ce sont avant tout des acteurs que j'admire; Ronit est israélienne certes, mais elle est avant tout une grande comédienne. La preuve, elle peut jouer sans problème une femme turque qui souffre. Idem pour Roschdy Zem qui joue parfaitement un policier arménien. C'est tout cela la liberté de notre métier, le pouvoir de tout jouer!

L.B: En travaillant sur Tête de turc, qui traite d'un fait divers dans une banlieue, n'aviez-vous pas songé à la tragédie survenue à Ilan Halimi?

P.E: Tout le temps en effet! J'ai pensé à Ilan. J'ai pensé à Mama Galledou. Et surtout, j'ai pensé au procès. Puisque dans les deux cas, la Parole ne s'est jamais libérée, ou très peu. Il n'y a pas eu de pardon. Comme si le fait de demander pardon allait dévaloriser le Barbare vis-à-vis du groupe. C'est cela même qui m'a le plus choqué. Ce n'est pas la violence en soi. Cet acte antisémite  m'a évidemment transpercé, mais je vous le dis c'est surtout un an plus tard. J'ai rencontré le patron de la Brigade Criminelle qui m'a dit que c'était un échec absolu, pour eux. Ils n'ont pas cru qu'on aurait pu arriver jusqu'à cet assassinat terrible.

J'ai pensé pendant toute la préparation et même pendant le  tournage à ces 2 victimes, en me répétant souvent qu'est-ce que c'est que cette société où les mômes n'ont aucune prise de conscience de la conséquence de leurs actes! A la finalité ni de pardons ni de regrets n'ont pu être entendu. Pendant ce temps, la maman d'Ilan est détruite à vie. Le destin de Mama Galledou est brisé en deux. Un vrai scandale! C'est une des raisons du pourquoi j'ai fait Tête de turc.  En tant que juifs on a tous été meurtris, parce que l'on s'est sentis visés directement. Contrairement à ce qu'ont pu dire certains médias (au début surtout), oui, c'est un crime qui est le fruit de l'antisémitisme.

Laurent Bartoleschi

Interview Exclusive de Leïla BEKHTI et de Géraldine NAKACHE pour "Tout ce qui brille"

geradineleila.gif- Voir article sur le film

- Voir autre interview de Géraldine Nakache

C'est avec un grand plaisir partagé que Géraldine Nakache et sa complice Leïla Bekhti ont accepté de répondre à nos questions à l'occasion de la sortie de Tout ce qui brille, premier film coréalisé avec Hervé Mimran.

Laurent Bartoleschi: Quelle serait la part d'autobiographie dans Tout ce qui brille? La banlieue?

Géraldine Nakache : Tout ce qui brille est avant tout une belle histoire d'amitié qui se passe en banlieue; cette dernière n'étant qu'une toile de fond. J'avais envie, avec Hérvé Mimran, de raconter cette histoire de ces deux filles qui veulent couper le cordon avec leur famille et qui s'aiment comme deux sœurs. La part d'autobiographie se situe en fait où Leila comme pour moi avons déjà eu des copines qu'on avait rencontré à l'âge de quinze ans et avec qui l'on "échange son sang" et on se dit qu'on ne se quittera jamais. C'est une période essentielle et fondatrice de ce que tu vas devenir plus tard.

Leïla Bekhti: Nous sommes nées en banlieue toutes les deux dans le 92, moi à Bagneux, Géraldine à Puteaux, et je peux dire que je m'y suis bien retrouvée. Il n'y avait rien d'idyllique. Les réalisateurs ont parlé de ce qu'ils connaissaient et pour le coup la banlieue y est légitime. C'est à dix minutes de Paris et c'est ce qui va frustrer ces deux jeunes filles et les perdre.

L.B: Sans le côté violent, j'ai trouvé que le film avait des similitudes avec La Haine…elles.jpg

G.N: Ah merci! Il n'était pas loin de nous, lorsque l'on a écrit le film…

Leïla B : …c'est son film fétiche.

G.N : Oui, c'est un des films références de Tout ce qui brille. Vous savez lorsque l'on fait un film on mentionne une note d'intention pour les moyens financiers; et à l'intérieur figurait Manhattan,  Lost in Translation, Little Miss Sunshine et le film justement de Mathieu Kassovitz. Comme dans La Haine, c'est un trio que l'on forme toutes les deux avec Audrey Lamy, il y a ces codes de langage, et surtout la fraternité mais au féminin. Comme ces trois gars, ces filles ne se lâchent pas comme des sœurs. 

L.B : Il y a cette envie du Paris mais pas n'importe lequel celui des magazines, celui de la nuit : le Paris chic!

G.N : On ne voulait pas montrer un Paris "carte postale". Ces filles là ne veulent pas s'attarder sur la Tour Eiffel ou le Sacré Cœur. Au contraire justement, elles rêvent d'en être : de s'intégrer dans les soirées du moment, avec les gens du moment tout en portant les vêtements du moment.
Leïla B : Tout ce qui brille est un film sur les codes; Ely et Lila rêvent d'avoir ces codes pour être reconnues : elles rentrent dans les boîtes mais par la sortie de secours. Ces filles ne sont pas que des banlieusardes : elles sont mignonnes, pas forcement cultivées mais ont un peu de bagou et surtout de l'observation où leur bible serait les journaux people.

L.B : Leïla, vous avez tourné dans des films comme Un prophète ou encore Mesrine,  comment s'est passé le fait de changer complètement de genre?

Leïla B : Ce qu'il y a de jouissif lorsqu'on est comédienne réside dans le fait que l'on peut aussi bien jouer des rôles graves que gais. Il faut dire que j'ai été très honorée lorsque j'ai appris qu'ils étaient sur le point d'écrire le script du film en pensant à moi. Pendant tout le tournage du film, je n'ai point vu de rôles principaux, tous sont aussi importants les uns que les autres que ce soit Audrey Lamy, Virginie Ledoyen, Nader Boussandel, Daniel Cohen,… Il n'y a pas de faire valoir. Il faut ajouter que l'on a fait régulièrement des lectures tous ensemble, ce qui a permis de souder l'équipe, chose rare dans le cinéma. La sensation d'être entourée d'une vraie troupe de théâtre.

L.B : Vous êtes juive et vous êtes musulmane, n'aviez vous pas eu peur de tomber dans le film communautaire avec ses clichés?

G.N : On ne le nie pas avec Hervé, c'est sûr. Il y a des conflits interreligieux dans les banlieues et ailleurs, c'est vrai aussi qu'il y en avait beaucoup moins avant. Mais dans ma banlieue à Puteaux les gens sont restés les mêmes. Lorsque je vais tous les vendredis chez mes parents, je croise d'anciens copains de classe qui habitent toujours là et on parle de tout et de rien, mais jamais du conflit Israélo/Palestinien.

Leïla.B : Il y a du mouvement certes, on est rentré malheureusement dans une phase plus communautaire où l'on se reconnait plus avec des gens qui nous ressemble. Il ne faut pas que mon origine soit systématiquement le sujet du film. Je veux bien m'appeler Malika dans tous mes films, il faut juste que ce soit bien justifié; chose faite dans Tout ce qui brille.

L.B : Il y a comme un rapport difficile à ce moment précis dans la vie d'une jeune fille, où l'on a à la fois honte de ses parents tout en espérant qu'ils seront fiers de nous?

G.N : Exact, c'est un âge où tout se concentre et se fabrique pour l'avenir; on a envie de "nettoyer" tout le passé. On ne veut pas ressembler à ses parents, on veut couper le cordon. Et pourtant lorsque l'on est perdu on fait appel à nos valeurs en recherchant les bases et ces dernières ne sont finalement que nos parents, notre famille. Ils représentent les fondations et surtout le droit chemin. Un vrai paradoxe en soit effectivement. On veut tous les remercier, en leur disant "je t'aime", mais on n'a pas les mots qu'il faudrait.

Leïla B : Le jour où elles les perdent c'est le même jour où elles se rendent comptent qu'elles en ont le plus besoin. C'est tout simplement parce que l'on grandit et que l'on vit des choses. La prise de conscience reste énorme. Mon rêve aujourd'hui serait de ressembler le plus possible à ma mère dans dix ans!

Laurent Bartoleschi

Le Concert

leconcertdvd.jpgDVD Zone 2 - 2 DVD
De Radu Mihaileanu
Avec Aleksei Guskov, Mélanie Laurent , François Berléand
Distribution : Sony Pictures Home Entertainment - TF1 Vidéo
Sortie : 4 Mars 2010

A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.

Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche...

Lula Da Silva n'hesite pas à lancer des phrases qui...

lulaisrael.jpgLaurent Zecchini et Annie Gasnier: "Les Israéliens attendaient le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, lundi 15 mars, à Jérusalem, avec un mélange de sympathie, un peu de condescendance et pas mal d’agacement. Ils sont sensibles à cette visite du représentant du pays le plus influent d’Amérique latine, premier chef d’Etat brésilien à se rendre dans la région depuis la visite du dernier empereur du Brésil, Dom Pedro II, en… 1876. Il s’agissait alors de la Palestine.

Pays émergent de l’économie globalisée, le Brésil souhaite désormais jouer un rôle diplomatique à sa mesure, notamment au Proche-Orient. Les Israéliens ont noté que le président Lula se considère lui-même, grâce à son passé syndical, comme un négociateur-né, un homme de dialogue capable de résoudre bien des conflits, mais ils doutent un peu de sa capacité à résoudre celui du Proche-Orient, qui a détruit les illusions de moult hommes d’état chevronnés.

Dans un entretien publié par le quotidien Haaretz, le président Lula définit ainsi sa “feuille de route” pour le Proche-Orient : “Les parties prenantes au conflit et les gens impliqués dans le processus sont depuis longtemps désabusés. Il est temps d’introduire dans le jeu de nouveaux acteurs qui seront capables d’avancer de nouvelles idées. Ces acteurs doivent avoir accès à tous les niveaux du conflit : en Israël, en Palestine, en Iran, en Syrie, en Jordanie et dans bien d’autres pays.”

C’est à ce propos que le gouvernement du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, trouve les idées de Lula moins amicales. Car le très populaire président brésilien, qui jouit d’un a priori favorable sur la scène internationale, entend jouer les intermédiaires entre l’Iran et Israël. Il l’a prouvé en accueillant, le 23 novembre 2009 à Brasilia, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Certes, cette visite officielle avait lieu quelques jours après celle du président israélien Shimon Pérès, mais, depuis, le Brésil n’a pas adopté une attitude très favorable à Israël, estime-t-on à Jérusalem. En novembre, lors de la réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le Brésil, comme la Turquie, s’était abstenu de voter une résolution condamnant Téhéran. En recevant la semaine dernière la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, Lula avait réaffirmé son hostilité à de nouvelles sanctions contre l’Iran, parce que, avait-il expliqué, “il ne faut pas mettre l’Iran, dos au mur”.

Position singulière

Dans Haaretz, il persiste : “Ma thèse est que nous ne devons pas permettre qu’il arrive à l’Iran ce qui s’est produit en Irak. Donc, avant toute sanction, il faut tout faire pour favoriser la paix au Proche-Orient”, insiste le président brésilien, qui a prévu de se rendre en Iran en mai. La position singulière du Brésil risque d’être peu appréciée à Jérusalem au moment où Israël s’inquiète des atermoiements de la communauté internationale pour adopter de nouvelles sanctions contre l’Iran.

Le président Lula assure qu’il a exhorté son homologue iranien à cesser de demander la destruction d’Israël et de nier l’Holocauste, mais il ajoute : “Quiconque compare Ahmadinejad et l’Iran moderne à Hitler et aux nazis fait preuve du même radicalisme dont il accuse l’Iran.” La comparaison ne sera pas du goût des autorités israéliennes, mais elles ne devraient pas prendre ombrage de la “préoccupation” de M. Lula à propos de la poursuite de la colonisation juive à Jérusalem-Est, tant celle-ci a fait l’objet de condamnations tous azimuts."

Sources : IsraelValley

Cancer colorectal : encore trop de décès évitables

cancercolo.jpgArticle paru dans "Le figaro"

De nouveaux traitements ciblés arrivent, mais le diagnostic précoce reste fondamental.
Le cancer colorectal est responsable chaque année en France de 17 000 décès pour 37 000 nouveaux cas. C'est le troisième cancer en termes de fréquence, le deuxième pour la mortalité. Plus que d'autres, ce cancer, qui frappe trois hommes pour deux femmes, est lié au vieillissement. «Pour 100 000 habitants, on compte 10 nouveaux cas par an chez les plus de 50 ans, contre près de 400 à 75-80 ans», indique le Pr Philippe Rougier, chef du service de gastro-entérologie et d'oncologie digestive de l'hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne. 

Si les traitements ont beaucoup progressé, leur efficacité dépend largement du diagnostic précoce de ces tumeurs. Or, encore 40% de ces diagnostics sont faits alors qu'il y a déjà des métastases. D'où la campagne actuelle de l'Inca et du ministère de la Santé pour inciter les personnes de 50 à 74 ans à se faire dépister.

À l'origine du cancer colorectal, un polype qui se transforme sournoisement en tumeur maligne. Un tiers des plus de 65 ans présentent des polypes bénins, ou adénomes, sur la muqueuse du gros intestin et du rectum. Un adénome sur dix atteindra 1 cm de diamètre, et parmi eux un sur quatre dégénérera en cancer. Par chance, le cancer colorectal évolue lentement, en moyenne sur dix ans. Mais aucun symptôme ne permet de le repérer durant cette période. Seul le test de dépistage peut révéler un peu d'hémoglobine dans les selles, signe éventuel d'un polype qui saigne. C'est pourquoi le dépistage répété tous les deux ans chez les 50-74 ans est si important.
Hygiène de vie

Tabac, alcool, surpoids, sédentarité et régime hypercalorique riche en viande favorisent la survenue de ce cancer, dont la fréquence s'effondre dans les pays où l'alimentation privilégie les fibres. Seuls 3% des cas sont dus à une maladie génétique, polypose familiale ou syndrome de Lynch, importante à diagnostiquer pour surveiller les proches. Dans 17% des cas, un cancer colorectal chez un parent au premier degré traduit une prédisposition familiale qui multiplie le risque par deux. Mais 80% sont des cancers isolés. Passé 50 ans, des modifications du transit intestinal, des douleurs abdominales, la présence de sang dans les selles doivent donc amener à consulter. Lorsque le dépistage est positif (3% des cas) et chez les personnes à risque, une coloscopie permet de repérer un polype suspect, qui est alors enlevé et analysé.

La chirurgie reste le traitement privilégié du cancer colorectal. Elle suffit, seule, à traiter 70% à 80% des cancers superficiels ou limités à l'intestin. Mais ceux-ci ne représentent qu'un tiers des cas. Lorsque les ganglions proches sont atteints ou quand le cancer a formé des métastases dans d'autres organes, le traitement fait aussi appel à la chimiothérapie. «Quand le cancer reste limité au côlon et aux ganglions voisins, cette chimiothérapie réduit de 50% le risque de récidive après l'opération, et de 30% à 40% le risque de décès, explique le Pr Rougier. Lorsqu'il y a des métastases, la chimiothérapie devient le traitement principal. Elle fait régresser les tumeurs dans 50% des cas. Chez 15% des malades, cette régression est même suffisante pour permettre au chirurgien de retirer les métastases au foie et au poumon, transformant une maladie incurable en maladie potentiellement curable.»

À côté des chimiothérapies classiques combinant le 5-fluorouracile, l'irinotécan et l'oxaliplatine, sont apparues récemment des thérapies ciblées inhibant spécifiquement une étape du processus cancéreux. «Le bevacizumab (Avastin) est dirigé contre le VEGF, un facteur de croissance indispensable à la vascularisation, donc au développement de la tumeur. Le cetuximab (Erbitux) et le panitunumab (Vectibix) inhibent le récepteur à l'EGF, première étape d'une voie vers la prolifération incontrôlée des cellules, explique le Pr Pierre Laurent-Puig, qui dirige l'unité d'oncologie biologique de l'hôpital Georges-Pompidou, à Paris. Mais ces deux derniers sont inefficaces si la tumeur présente une mutation du gène Kras, soit un tiers des cas. Cette mutation est donc systématiquement recherchée. Cette médecine personnalisée, basée à la fois sur la recherche des altérations génétiques de la tumeur, qui permettent de prédire sa réponse, et sur la pharmacogénétique, qui permet d'adapter le traitement et sa toxicité aux paramètres du patient, est appelée à se développer.» L'inhibition d'autres voies de signalisation cellulaire - MAP kinases, PI3 kinases et IGF1 notamment - semble aussi intéressante.

Aujourd'hui, quand la maladie est diagnostiquée au tout premier stade, la survie à cinq ans atteint 94% : des chiffres qui parlent d'eux-mêmes en faveur du dépistage.

La Rafle. Le film qui ravive la Mémoire.

10gad-elmaleh.jpg- Voir interview de Jean Reno

- Voir article sur le même sujet

Ce film est remarquable car avec un talent rare il met en lumière les deux faces d'une même pièce, celle de l'événement vécu de l'extérieur, par des politiques , sorti du contexte humain,  ne faisant jamais l'erreur, qui leur serait fatael, d'être sur le terrain.

Et les autres ,ceux qui vivent de l'intérieur ces décisions politiques inhumaines. La vision de ces deux espaces temps démontrent sans manicheisme comme il est facile de basculer dans l'horreur quand on remplace les hommes par des nombres.

Deux mondes infranchissables, incommunicables, par la volonté même d'une poignée d'hommes. A quelques kilomètres d'intervalles on voit un Hitler en famille auprès d'Eva Braun (document authentique) fêtant son anniversaire, presque serein.

Seule une trouée de lumière, quand cette infirmière,  Annette (interprétée par Mélanie Laurent) ose se tenir à peine debout  devant monsieur le prefet et lui démontre l'horreur de ses décisions, bouleversant à jamais la vie des juifs dont elle a décidé de partager le destin.

Premier film qui traite de la rafle du Vel d'hiv et qui a fait un excellent choix de ne pas somber dans l'horreur à laquelle on aurait pu s'attendre avec légimitié.

C'est un film qui n'est pas à proprement parler traumatisant, il n'explique pas, il ne prend pas parti, il montre,telle qu'une caméra qui passe d'un camp à un autre . Il est bien-sûr difficile  de ne pas retenir ses larmes - La décision des pompiers passant outre les ordres de la préfecture de Paris, et distribuant l'eau de la ville  est un bel exemple de cette humanité absente à un plus haut niveau.

L'excés de zèle, que dis-je de collaboration active  du gouvernement français,  plus nazi que le parti lui-même. La France qui a toujours su mettre un genoux à terre face à l'occupant. Peut-être que c'est cela qu'il faut retenir ?

Ce n'est pas par lâcheté mais par haine de l'étranger, haine de l'autre, par antisémitisme.
Ce qu'ils n'ont pas osé faire les nazis l'on fait. Bien-sûr il ne faut pas généraliser , les protestants ont su être aussi bien en Allemagne qu'en France les premiers justes à protéger les juifs.

L'histoire ne se répète pas, elle est là pour enseigner les erreurs aux hommes mais elle peut aussi permettre à d'autres d'imaginer de nouveaux moyens afin d'arriver à un même résultat.

Nous pouvons qu'espèrer qu'un tel film, qui s'inscrit dans une démarche active, dans un contexte sensible, sera mettre en alerte les signes d'une situation qui risque de devenir non pas similaire, mais implosive si le gouvernement n'y prend pas garde.

Un film qui faut aller voir en famille avec vos adolescents. Il est peut-être temps qui sait, comme le dit  Le Docteur David (interprété par Jean Reno) de tourner ses yeux vers Israël.

Claudine Douillet