Et le cinéma britannique entra en guerre de Francis Rousselet aux éditions Cerf-Corlet

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cinebrit.jpgOn a tous en mémoire le cinéma russe de l'entre deux guerres, du Cuirassé Potemkine en passant par Octobre avec ses réalisateurs inoubliables tels que Eisenstein et Poudovkine. On connait moins celui de l'entrée en guerre de la Grande Bretagne. Entre 1939 et 1945, ce pays produisit des films de guerre, d'espionnage et surtout de propagande fustigeant le régime dictatorial de l'ennemi. En effet, en 1940, le Ministère de l'Information du gouvernement de Winston Churchill créa un département autonome afin de produire des fictions dédiées au conflit qui écorche l'Europe. Le cinéma, comme objectif, consistait à informer les voisins alliés, et finalement le reste du monde du danger nazi et inciter la population à soutenir la Grande Bretagne.

Nommé à la tête de la Films Division du M.o.I, Sir Kenneth Clark deviendra une figure de proue: c'est lui-même qui fera appel à des réalisateurs comme Carol Reed, Michael Powell et  Alfred Hitchcock. Leur cinéma possède un lourd héritage, celui du documentaire. Comme le souligne l'auteur "le cinéma britannique s'était bâti une solide réputation au cours de la décennie précédant la guerre." En 1942, pour exemple, l'œuvre de correspondant-17.jpgHumphrey Jennings I was a fireman, avec la présence d'acteurs non professionnels, mais vrais pompiers, jouant des personnages de fiction, évoquait plus le néoréalisme italien que l'ambiance hollywoodienne.

Mais ce sont deux commandes toujours du Ministère, deux films prestigieux qu'ils transforment en entreprises exceptionnelles et qui marquent l'accomplissement  de Michael Powell et d'Emeric Pressburger comme cinéastes majeures: 49th Parallel et One of Our Aircraft is Missing. Ce duo sera à l'origine d'une belle saga romanesque et pacifique (ce qui déplaira au Vieux Lion), Colonel Blimp, qui marquera, sept ans plus tard, l'éclosion de la forme raffinée et le style unique du film culte de Powell The Red Shoes (ressorti actuellement dans certaines salles de France). En parcourant le passionnant travail de Francis Rousselet dans son livre Et le cinéma britannique entra en guerre aux éditions du Cerf-Corlet, on discernera le patrimoine avec ses valeurs et ce courage que l'on retrouvait dans les premiers  films de Boorman et  Frears.   

Laurent Bartoleschi

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