Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Des caméras de surveillance auraient saisi le "monstre du Loch Ness suédois"

STOCKHOLM ,le 01/09/08 - Un monstre vivant dans le lac Storsjö, au centre de la Suède, et qui alimente depuis plus de trois siècles les légendes du pays scandinave aurait été filmé par des caméras de surveillance, a-t-on appris vendredi auprès de l'association qui a installé les caméras.

"Jeudi à 12h21, nous avons filmé le mouvement d'un être vivant. Et il ne s'agit pas d'un brochet, ni d'une perche, nous en sommes certains", a indiqué à l'AFP Gunnar Nilsson, président de l'association des commerçants de la petite ville de Svenstaviks, en bordure du lac Storsjö.

Cette association, en partenariat avec la province du Jämtland et la commune de Berg, ont installé en juin dernier six caméras de surveillance, dont deux sous-marines sur le lac de Storsjö.

L'objectif de ce projet, qui a jusqu'ici coûté quelque 400.000 couronnes (près de 43.000 euros), est de percer le mystère de ce Nessie suédois, aperçu plus de 200 fois depuis le premier témoignage en 1635 et dont la dernière apparition connue remonte à juillet 2007.

D'après les témoignages, le monstre serait de forme longiligne, recouvert de bosses, avec des oreilles ou nageoires repliées sur la tête qui ressemblerait à celle d'un chien.

Une personne est employée pour surveiller quotidiennement ce qui est filmé par les caméras.

Sur les images prises jeudi et mises en ligne sur le site internet dédié à la bête, on aperçoit une sorte de long serpent se mouvant dans les eaux troubles du lac.

"Un système très perfectionné sur l'une des caméras a détecté de la chaleur produite par des cellules", montrant qu'il s'agit bien d'un être vivant, a ajouté M. Nilsson

"C'est très excitant et assez spectaculaire", s'est-il enthousiasmé, précisant tout de même que "l'objectif du projet (était) d'améliorer le commerce et le tourisme autour du lac".

"Le monstre nous aide particulièrement" a-t-il ajouté.

Très prochainement, une vingtaine de caméras supplémentaires seront installées, dont une à trente mètres de profondeur pour capter les mouvements sous la glace en hiver.

La race humaine

Une petite fille demande un jour à sa mère:  Maman, comment la race humaine est-elle apparue?
La maman répond : Dieu fit Adam et Eve et ils eurent des enfants. C'est ainsi que la race humaine est apparue.
Deux jours plus tard, la petite fille pose à son père la même question.
Le papa répond : ll y a très longtemps existaient les singes. Au fil des années ils se transformèrent pour devenir des hommes. C'est ainsi qu'est apparue la race humaine.
Confuse, la petite fille retourne voir sa mère et lui demande : Maman comment se fait-il que tu m'aies dit que la race humaine a été créée par Dieu et que papa m'affirme qu'elle vient du singe ?
Chérie, répond la maman, c'est que moi je t'ai parlé de l'origine de ma famille et ton père de la sienne !

La belle blonde...

Pendant les vacances, Rebecca Cohen, genre bonne copine, dit à sa voisine :
- Je tiens à vous avertir qu'avant-hier, sur la plage, j'ai vu votre mari avec une jolie blonde à son bras !
- Et alors ? Vous ne voudriez tout de même pas qu'à son âge il se promène avec un seau et une pelle !

Lorsqu'Israël vend de la neige à l'empire du ski !

Article paru dans "Aroutz7",le 01/09/08

Une compagnie israélienne a réussi à percer un marché qui pourrait sembler fort étranger à un pays inondé de soleil. Ce ne sont pas de belles oranges de Jaffa qu'Israël va exporter en Suisse, un pays qui rime avec sports d'hiver et magnifiques pentes enneigées.

Les changements climatiques ne sont pas pour rien dans le succès de cette firme israélienne. L'an passé, la neige a eu du retard et les pistes de ski sont restées privées de neige presque toute la saison. Il n'en fallait pas plus pour alarmer les Suisses qui ne veulent pas perdre un business si attrayant.

Les médias suisses ont indiqué que le problème avait été pris très au sérieux par les autorités, qui ont appelé les scientifiques à trouver des solutions. Ne voulant pas faire les choses à moitié, les Suisses ont décidé de développer un système permettant de conserver la neige même pendant les mois chauds d'été.

Mais la ville de Zermatt, une des plus importantes stations de ski des Alpes, située à 1 600 mètres d'altitude, n'a pas voulu attendre que ce système soit fonctionnel et a choisi une solution qui a déjà fait ses preuves, tout en optant pour un petit plus proposé par la firme israélienne.

Dans un mois, un canon à neige made in Israël fournira de la poudre blanche dans la station de ski suisse et contrairement aux canons habituels, celui-ci fonctionne même lorsque les températures sont largement supérieures à zéro degrés Celsius.

Le canon à neige israélien, appelé "IDE Snowmaker", a été conçu à l'origine pour le dessalement de l'eau de mer. Le journal suisse Tages Anzeiger affirme que les créateurs israéliens de cet engin ont rapidement découvert qu'il était capable de produire de la neige sans ajouter le moindre produit chimique et sans utiliser d'eau potable, un plus indéniable.

Les canons à neige israéliens sont vraiment polyvalents lorsque l'on sait qu'ils sont utilisés dans le monde entier pour le refroidissement, en Afrique du Sud par exemple pour l'industrie des diamants et pour diverses autres activités. Ces canons à neige sont très gros, aussi doivent-ils avoir un emplacement fixe.

Sans oublier le prix de cette belle bête de 30 tonnes et 11 mètres de haut (rien que ça) : la modique somme de 7 millions de shekels (1,33 millions d'euros).

Nigéria: un Israélien libéré

Le 01/09/08, Un ressortissant israélien enlevé la semaine dernière au Nigéria a été libéré par ses ravisseurs, ont annoncé son épouse et l'ambassadeur d'Israël dans ce pays.
"Mon mari, Ehud Avni, a été relâché et va bientôt rentrer à la maison. Il va bien, et ses ravisseurs l'ont bien traité", a déclaré son épouse Tzipi à la radio publique israélienne.

"Nous ignorons encore les conditions dans lesquelles il a été libéré, mais apparemment aucune rançon n'a été versée à ses ravisseurs. C'est le résultat de l'étroite coopération des services de sécurité du Nigéria et du ministère (israélien) des Affaires étrangères dans cette affaire", a-t-elle ajouté. "Apparemment, mon mari a été enlevé à la suite d'une erreur, et ses ravisseurs ont décidé de le relâcher", a-t-elle encore dit.

Kibboutz terminus

Article paru dans "Libération", le 01/09/08

En Israël, les villages collectivistes sont en voie de privatisation. Témoignage à Sde Nehemia, en Galilée.

Quiconque traverse Sde Nehemia a le sentiment de descendre le cours de son histoire, irréversible comme celui du Jourdain dont la source dévale sur son flanc ouest. Posé à l’extrême nord d’Israël, dans «le doigt de la Galilée» - cette vallée fertile enclavée entre la montagne libanaise et les hauteurs du Golan -, Sde Nehemia est un kibboutz en fin de vie, une communauté de 167 membres en voie d’achever la liquidation de soixante-huit ans de collectivisme.

On y croise, dans l’ordre : un silo desaffecté décoré d’une fresque où des jeunes dansent la hora (1) et un âne tire un araire, image des années 40 ; un local fermé de l’agence Reuters, base arrière de journalistes pendant la guerre du Liban de 1982 ; le vaste réfectoire qui fut le centre de gravité de la communauté et où personne ne vient plus déjeuner depuis 2005. En s’égarant par les sentiers bitumés, on verra des maisons coquettes, bordées de fleurs et pelouses émaillées d’abris anti-obus (le Liban est à 5 km, la Syrie était aussi proche avant l’annexion du Golan en 1967), une crèche avec ses balançoires et ses cris d’enfants, une piscine autrefois gratuite et à présent payante, une usine de plastique qui tourne encore pour la collectivité. Enfin, aux confins nords du kibboutz, on découvrira son avenir : le chantier d’où ont surgi de grosses villas desservies par de larges rues, vendues à des citadins au prix du marché.

Zvi Abendanan, 67 ans, habite à quelques centaines de mètres de ce nouveau quartier. Né Richard à Alger, c’est un acteur anonyme, «ordinaire», dit-il, de l’aventure kibboutzique, unique dans l’histoire des constructions sociales. Un témoin atypique, mûri loin du creuset doctrinaire.

Zvi est arrivé à Sde Nehemia en 1974, après onze ans à Petah Tikvah, faubourg populaire de Tel-Aviv. Venu de «la ville» dans ce microcosme rural inspiré par les idéaux de la révolution russe de 1905, il est de cette minorité de juifs des pays arabes qui ont choisi le kibboutz par idéal, s’y sont accrochés corps et âme pour s’intégrer tant bien que mal, en ont tiré «fierté et bonheur», et ont vécu avec un sentiment mêlé de nostalgie, d’amertume et de soulagement, sa lente mais sûre décomposition.

Vote pour le salariat

Zvi était venu là, à 33 ans, pour renouer avec le rêve qu’il caressait dans sa jeunesse algéroise, celui d’une société égalitaire, démocratique, solidaire, laïque et au grand air. Pas de salaires, les biens en commun, les besoins de chacun assurés par la collectivité (éducation, santé…), les décisions votées en assemblée générale. Et surtout, une économie fondée sur la culture de la terre et la culture tout court. «C’étaient les deux valeurs suprêmes, la clé de l’émancipation du peuple juif. Arrivé ici, j’ai tout de suite demandé à être aux champs», dit Zvi, devenu expert agricole, au-delà de ses rêves. Il a fait tous les métiers dans les agrumes, le coton, les avocats, les kiwis, et a créé des ruches («un hobby»). A la demande du kibboutz, il appris une variété de professions sur le tas, à l’école et à la fac, pour son plus grand plaisir d’«éternel étudiant», lui qui est sorti du système scolaire avec un certificat d’études. «A chaque nouveau travail, j’ai demandé une formation, dit-il. J’ai été chargé du contrôle qualité à l’usine de plastique, j’ai créé et dirigé la maison pour personnes dépendantes, ouverte en 1998 par le kibboutz, après avoir été responsable des questions de santé et secrétaire général du kibboutz.»

C’est de ce poste-là, au cœur du système, que Zvi Abendanan voit monter les débats annonciateurs de la fin du collectivisme. «En assemblée générale, des membres ont commencé à parler de "changement", c’était le mot politiquement correct pour la privatisation» , dit-il avec agacement. Plusieurs kibboutz s’étaient engagés sur cette voie depuis le début des années 90 après avoir perdu beaucoup d’argent en Bourse. Mais Sde Nehemia était bien géré. Il avait été fondé en 1940 par une quarantaine de Hollandais, Viennois et Tchécoslovaques, austères, qui avaient le sens de la gestion rigoureuse. Jamais une dette. Il n’empêche.

«On a suivi le chemin tracé ailleurs, de façon grégaire. Avec, au début, le leitmotiv des kibboutz endettés : faire des économies, mettre un prix sur chaque chose, pour chaque personne», raconte Zvi. Première cible : la gabegie des repas offerts matin, midi et soir au réfectoire, en self-service. «On a évalué le prix d’un repas.» Puis, celui de l’électricité… Et enfin, le prix du travail. Un audit détermine combien rapporte un ouvrier au champ, à l’usine, un cadre. «Et on a commencé à parler de "salaires différenciés".»

«Trop bolchevique»

Résultat, en 2005, les kibboutzniks votent à la majorité pour l’instauration du salariat. Pratiquement du jour au lendemain, les uns passent cadres, les autres ouvriers. La cantine devient payante, l’électricité aussi, en partie. Est venu le tour de la pièce maîtresse : le logement. Le kibboutz fournissait à chaque famille une maison selon sa taille. «En 2005, des experts ont évalué les maisons, et chacun a fait ses comptes. En fonction du nombre d’années travaillées au kibboutz, celui-ci nous devait une somme. Si la maison coûtait plus, on devait la différence. Sinon, le kibboutz nous devait de l’argent», explique Zvi. Il devient ainsi propriétaire de sa maison de 80 m2 avec jardin. C’est l’heureux point d’orgue d’un effondrement qu’il s’explique avec le regret critique de celui «qui a toujours été minoritaire».

«Le kibboutz est mort non pas tant à cause du libéralisme ambiant ou de la crise économique, estime-t-il. Mais de sa sclérose. C’était une société révolutionnaire. Elle a produit une société normative qui n’a pas su évoluer, qui n’aime ni les femmes divorcées, ni les célibataires, ni les homosexuels, et qui réserve aux femmes les travaux dans la cuisine, l’habillement, la crèche.» «Le système de gouvernance était trop bolchevique, reprend-il. Tout se votait chaque semaine en assemblée générale au suffrage direct. Mais c’était le royaume du lobbying. Quand j’étais secrétaire général, j’ai tenté une réforme : les membres élisaient des représentants et on fonctionnait comme un parlement. Mais ça n’a pas tenu au-delà de mon mandat. Le démantèlement du système était en route.» «Il faut avoir une peau d’éléphant pour vivre au kibboutz, confie-t-il. Pas de sanction mais pas de gratification.»

Ce n’était pas tout à fait ce monde-là que Zvi imaginait, quand, adolescent dans une Algérie secouée par les attentats, il rêvait de partir vivre en Israël. A l’instar de son père, directeur d’une maison de commerce, il était convaincu que l’Algérie ne resterait pas française car «chaque peuple a le droit de vivre dans un Etat indépendant, de prendre en main son destin. Les Arabes d’Algérie, et les juifs. J’étais alors certain que l’Algérie serait le premier Etat arabe socialiste et laïc.» A 15 ans, en 1958, il entre dans un mouvement de jeunesse sioniste, un groupuscule d’une trentaine de jeunes : Israël est alors une réalité virtuelle pour les juifs d’Algérie, citoyens français. Il signe avec ses copains un manifeste antimilitariste… invoquant Sartre à l’appui du refus de servir en Algérie. En 1958, il part faire un stage dans un kibboutz. En 1960, il émigre, le cœur léger.

Locations aux vacanciers

«Les frontières étaient calmes. On croyait que la paix était pour demain, que l’armée et la guerre serait un souvenir.» Il arrive au kibboutz Hanita et, jeune homme de belle carrure, se voit devenir un vrai kibboutznik, dans le sillage des pionniers. L’histoire en décide autrement. Ses parents débarquent à Tel-Aviv en 1962, à l’indépendance de l’Algérie. Il doit les aider. Il trouve du boulot dans la capitale, dans le bâtiment, puis entre, contre toute attente, dans la police. Après la guerre de 1973 («un choc»), il en a «ras-le-bol» de la ville et de ses noirceurs. Il cherche un kibboutz d’accueil et débarque à Sde Nehemia avec sa femme et ses deux filles. «Le paradis, les montagnes, le Jourdain.» Un troisième enfant naît, «l’enfant du bonheur». Mais Sde Nehemia n’est pas un jardin de roses. «Dans la police, on me traitait de kibboutznik. I ci on me regardait comme un policier. Avec méfiance. On a dû attendre deux ans au lieu d’un avant de devenir membre de la communauté.»

Trente-quatre plus tard, c’est le système collectiviste qui est rejeté par la communauté. Sde Nehemia est en voie de devenir un village ordinaire. Des maisons sont louées à des vacanciers, et les mentalités changent. «On l’a vu durant la dernière guerre du Liban, l’été 2006. Pour la première fois, les gens ont quitté le kibboutz en masse. Il est resté les vieux et ceux comme nous, qui ont leurs vieux parents. Avant, c’était un devoir de rester, quitte à passer des jours dans les abris.» Il faut dire qu’en 2006, «ça a tapé jour et nuit durant trois semaines». «Je préfère effacer cette période de ma mémoire», dit-il. Et cultiver son jardin de cactus et ses études d’histoire européenne, dévorer Michel Winock et visiter ses ruches, en attendant l’issue des négociations sur le Golan, et celle du kibboutz. «Il reste à privatiser l’usine, les champs», résume le futur ex-kibboutznik.

Sa fille cadette, Eynat, professeur d’art dans un kibboutz voisin se souvient de la honte d’avoir porté, enfant, des chaussures différentes des autres enfants du kibboutz, catégorie «citadine, donc bourgeoise». Après ses deux ans de service militaire, elle a voyagé en Asie et en Europe, vivant de petits boulots. De retour à Sde Nehemia, elle n’imagine pas vivre ailleurs. «C’est le plus bel endroit au monde», dit-elle. Les propriétaires des cinquante villas du nouveau quartier du kibboutz le pensent sans doute aussi. Venus des villes voisines où ils travaillent, ils façonneront bientôt, à voix égale avec les «anciens», l’avenir de Sde Nehemia : une jolie bourgade de Galilée.

(1) Danse folklorique israélienne

Comme un juif en France

SUR FRANCE 5, LUNDI 1 SEPTEMBRE 2008 DE 20H35 À 21H30 (55')

Une rumeur se répand depuis quelques années aux Etats-Unis comme en Israël : la France serait devenue le pays le plus antisémite d'Europe. A l'aube des années 2000, brusquement, dans la patrie des droits de l'Homme et de l'émancipation des juifs, des menaces, des agressions et des incendies de synagogues composent les pages d'un nouveau bréviaire de la haine. De l'arrivée des juifs du Yiddishland à l'exode des juifs d'Afrique du Nord, de la Grande Guerre à Vichy, des hommes et des femmes, juifs français ou Français juifs, racontent avec humour et émotion, sur un commentaire lu par Mathieu Amalric, ces années de bonheur et de tourments. Ce premier volet débute avec l'affaire Dreyfus.