Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Dans la manifestation du 1er mai, on fete le Hebollah

Article paru "streetreporters.net"

Ecoutez les chants du Hezbollah en plein Paris Des dizaines de militants du parti islamiste libanais, dans le défilé de la fête du travail, jeudi dernier. Problème : tout le monde tape dans les mains…

Jeudi dernier, dans le défilé du 1er mai.
L’esprit est bon enfant, les chants sont entraînants, les manifestants battent le pavé et tapent dans les mains. Il est 16h30, entre la place de la Nation et la place de la République, jeudi dernier.
En marge du cortège unitaire (CGT et CFDT ensemble pour la première fois depuis 2003), avec les principales fédérations d'enseignants, Sud Solidarité et les organisations d'étudiants et de lycéens : des militants pro-Hezbollah.
Accompagnés par des militants des comités pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah (emprisonné en France pour l’assassinat de diplomates américains et israéliens), du Comité de soutien aux prisonniers d’Action directe ou à Yvan Colonna, l’appel de la musique est clair : « Celui qui gouverne, c’est Nasrallah, la victoire viendra avec l’aide de dieu ».
Pas la première fois
Ce n'est pas la première fois, que la milice chiite qui littéralement signifie « parti de dieu » fait parler d'elle en France.
C'est après l'agression de 4 jeunes d'un mouvement juif, l'Hachomer Hatzaïr, en marge d'une manifestation contre la guerre en Irak que le milieu associatifs a pris conscience de la présence de militant islamistes en marge de ses cortèges.
On se souvient également que la chaîne du Hezbollah, Al Manar avait eu maille à partir avec des responsables d'associations de défense des droits de l'homme et les leaders de la communauté juive en raison de la diffusion de ses programmes sur le satellite.
Mais le 14 juillet 2007, une délégation du Hezbollah était invitée par Bernard Kouchner à participer à la conférence inter-libanaise de Saint Cloud, en région parisienne. C'était la première (et d'ailleurs la dernière fois) que les fondamentalistes libanais étaient appelés à prendre part à un forum en terre européenne. Scandale, car le Hezbollah est non seulement un mouvement hyper-violent mais aussi la courroie de transmission du régime iranien au Liban.
Reste que la présence de ces Fous de Dieu dans un défilé laïc et syndical a, au moins, de quoi surprendre. Le Hezbollah est responsable de nombreux attentats comme l'attaque contre le bureau central de la communauté juive à Buenos Aires en 19994 qui a fait 84 morts. Il est considéré comme l'un des groupes armés les plus dangereux de la nébuleuse islamiste.
Syndicalistes et militants de gauche sont souvent bernés par le terme «résistance libanaise» or les fondamentalistes chiites militent pour un retour à la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre et ne se battent contre aucun occupant israélien puisque ceux-ci ont quitté le Liban en 2000.

Les néo-nazis allemands se réunissent en Belgique

Le 05/05/08, Il est apparemment plus facile pour ces groupes de se réunir en Belgique qu'en Allemagne où ils sont placés sous haute surveillance. Ici au moins ils peuvent mettre au programme de leurs concerts des chansons interdites en Allemagne…
imprimer envoyer à un ami

La salle des fêtes "Le Chevalier", à Bellegem, près de Courtrai, il y a deux semaines. Environ trois cents néo-nazis allemands y célèbrent l'anniversaire d'Adolph Hitler.
Les caméras n'y sont évidemment pas les bienvenues...
Mais un journaliste allemand infiltré parvient tout de même à filmer ce concert très particulier... Les paroles des chansons sont explicites…
"Le sang doit couler. Nous ch... sur la république des Juifs".
C'est sous le faux nom de Thomas Kuban que ce journaliste prend des images. Il mène depuis quatre ans une double vie, déguisé en skinhead...
Les néo-nazis viennent ici en Belgique sans être inquiétés. Leurs chansons appellent au meurtre de Juifs et personne n'intervient. Et même, ces chansons, tout le monde les reprend en chœur.
"Aiguisez vos longs couteaux sur le trottoir. Plantez-les dans ce corps de Juif".
Ce n'est pas par hasard que ces concerts se déroulent en Belgique. La loi ne permet apparemment pas de les interdire. Et les néo-nazis en profitent...
La Belgique, surtout pour les néo-nazis allemands, est très importante en ce qui concerne les concerts. En Allemagne, le risque d'être arrêté par la police est beaucoup plus grand, ils n'y organisent donc que des petits concerts. En Belgique, ils savent qu'ils peuvent réunir plusieurs centaines de participants...
Et de tels rassemblements se déroulent apparemment plusieurs fois par an dans notre pays.
Etonnant, et inquiétant.Le parquet de Courtrai va enquêter…

Une mère de famille condamnée à 8 mois de prison avec sursis pour propos antisémites

Article paru dans "Le Parisien",le 05/05/08

Une mère de famille de 40 ans, reconnue coupable d'avoir proféré des propos racistes et antisémites et d'avoir agressé une autre mère de famille devant une école de Fréjus (Var), a été condamnée vendredi à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Draguignan.

Le tribunal a également prononcé deux années de mise à l'épreuve accompagnées de mesures strictes comme interdiction de parler à la victime et à sa famille, obligation de changer de trottoir et de rester à distance ou encore interdiction de se déplacer à l'étranger.

La mère de famille a également été condamnée à 1.500 euros de dommages et d'intérêts et à verser 1 euro symbolique à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), partie civile.

Le 7 janvier, Annie Ripoll avait insulté Mélissa Humbert en lui répétant: «tu n'es pas juive pour rien, tu es une mauvaise langue». Le ton était monté et des coups avaient été portés entraînant une incapacité totale de travail (ITT) de dix jours pour Mme Humbert.

Selon la victime et les nombreux témoignages fournis, dont des attestations rédigées par des policiers municipaux de Fréjus, les insultes duraient depuis près de trois ans. A tel point que Mme Humbert se faisait accompagner par des parents jusqu'à l'école et que parfois les policiers municipaux la raccompagnaient à son domicile.

Son avocat Me Jean-Christophe Piaux a mis l'accent sur ces «trois années de souffrance et de harcèlement moral quotidien».

Rappelant la hausse ces dernières années des agressions racistes et antisémites, notamment la propagande sur internet, l'avocat de la Licra, Me Gérard Bentata, a stigmatisé l'attitude de la prévenue «qui vomit du juif au quotidien», «une madame Le Pen en jupon».

En défense, Me Isabelle Calderari a plaidé la relaxe. Sa cliente a rejeté en bloc les éléments du dossier et s'est dit victime d'un coup monté, assurant à la barre «ne rien avoir du tout contre les juifs».

Des affirmations auxquelles la procureure Sophie Guichon n'a pas adhéré en dénonçant «l'apogée de la haine vis à vis de la victime et de la religion». Elle a requis trois mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve et 1.000 euros d'amende.

Abbas et Olmert font des

JERUSALEM ,le 05/05/08 - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas ont réalisé lundi "des progrès significatifs sur le tracé des frontières" d'un futur Etat palestinien, au cours de leurs discussions, a affirmé un haut responsable israélien.

"Nous avons enregistré des progrès significatifs sur les deux questions du tracé des frontières d'un futur Etat palestinien et des arrangements en terme de sécurité entre Israël et cet Etat", a déclaré aux journalistes ce responsable, présent lors des entretiens et ayant requis l'anonymat.

La rencontre, qui s'est déroulée à la résidence de M. Olmert à Jérusalem-ouest, a duré environ deux heures.

MM. "Olmert et Abbas ont demandé aux équipes de négociateurs d'avancer sur ces deux questions", a précisé ce responsable, soulignant qu'Israéliens et Palestiniens travaillaient "déjà sur des cartes lors des négociations".

Les discussions entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas sont "probablement les plus sérieuses" entre les deux dirigeants depuis la relance des négociations de paix en novembre 2007, a de son côté assuré le porte-parole de M. Olmert, Mark Regev.

"Nous restons attachés aux objectifs (de la réunion) d'Annapolis de parvenir un accord à la fin de l'année. Il s'agit probablement des discussions les plus sérieuses que les deux (dirigeants) ont jamais eues", a-t-il affirmé.

"Le calendrier" établi à Annapolis --sommet aux Etats-Unis qui a relancé officiellement les négociations de paix-- "peut être tenu", a-t-il insisté, soulignant toutefois que les "questions de sécurité" représentaient "l'un des talons d'Achille" du processus.

S'exprimant sur la rencontre, dans la matinée, entre M. Olmert et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, M. Regev a indiqué: "Nous avons discuté des sujets concrets sur le terrain. Nous comprenons entièrement qu'un processus politique qui n'est pas appuyé par des mesures concrètes sur le terrain peut créer du cynisme".

Dimanche soir, Mme Rice n'avait obtenu aucun engagement d'Israël sur la levée des barrages militaires en Cisjordanie ou sur la colonisation dans ce territoire palestinien occupé.

La chef de la diplomatie américaine, qui a effectué sa quinzième visite dans la région en moins de deux ans, a eu un dernier tête-à-tête d'environ une heure avec M. Olmert avant de s'envoler pour les Etats-Unis. Aucune déclaration n'a été faite après l'entretien et rien n'a filtré.

Elle avait déclaré, après un entretien avec M. Abbas à Ramallah (Cisjordanie), qu'elle avait l'intention de demander à M. Olmert de lever des barrages significatifs afin d'améliorer la circulation des Palestiniens.

"L'une des choses que nous sommes en train d'examiner, c'est l'impact qualitatif et non quantitatif de certaines améliorations aux mouvements et accès", avait-elle dit.

Selon un rapport de l'ONU, Israël a levé 44 "obstacles" en Cisjordanie sur les 61 qu'il s'était engagé à supprimer. Mais la plupart n'ont que peu ou pas d'importance.

Négociations de paix: Israël parle d'avancées, les Palestiniens réservés

JERUSALEM ,le 06/05/08- Israël a fait état lundi de "progrès significatifs" après un nouvel entretien entre son Premier ministre Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas, mais les Palestiniens se sont montrés plus réservés.

Ces négociations se déroulent au moment où la position d'Ehud Olmert est affaiblie par un nouveau scandale de corruption, qui ébranle une coalition gouvernementale chancelante.

"Nous avons enregistré des progrès significatifs sur les questions du tracé des frontières d'un futur Etat palestinien et des arrangements de sécurité entre Israël et cet Etat", a déclaré aux journalistes un haut responsable israélien à l'issue de la rencontre à Jérusalem.

MM. "Olmert et Abbas ont demandé aux équipes de négociateurs d'avancer sur ces deux questions", a précisé ce responsable sous le couvert de l'anonymat, soulignant que les parties travaillaient "déjà sur cartes".

La radio militaire israélienne a toutefois indiqué qu'Israéliens et Palestiniens campaient sur leur position sur le volet des réfugiés de 1948.

Les discussions entre Ehud Olmert et Mahmoud Abbas sont "probablement les plus sérieuses" entre les deux dirigeants depuis la relance des négociations de paix en novembre 2007 à Annapolis (Etats-Unis), a néanmoins assuré le porte-parole de M. Olmert, Mark Regev.

A Ramallah, les responsables palestiniens ont mis un bémol.

"Il est prématuré de tirer des conclusions et de commencer à mesurer les progrès ou l'absence de progrès", a déclaré à la presse l'un des principaux négociateurs palestiniens, Saëb Erakat.

S'il a admis que les discussions avaient été "sérieuses et approfondies", M. Erakat a souligné qu'il n'y aurait "pas d'accord" avant un "accord sur tout".

Il a appelé de nouveau Israël à appliquer la Feuille de route adoptée en 2003, le dernier plan de paix international, qui prévoit un gel total de la colonisation en Cisjordanie occupée et l'arrêt des violences côté palestinien.

MM. Olmert et Abbas se sont rencontrés à l'issue d'une nouvelle visite de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, sa 15e en moins de deux ans.

A son terme, Mme Rice a affirmé que des observateurs américains allaient surveiller la levée des barrages militaires israéliens qui paralysent l'activité en Cisjordanie, un des grands thèmes de sa visite.

"Cela signifie que nos observateurs" --des personnels de l'ambassade-- vont "discuter avec les gens qui essaient de franchir les contrôles et se faire une idée de la façon dont s'exercent les mouvements et accès", a dit Condoleezza Rice à des journalistes dans l'avion du retour.

En Israël, Mme Rice avait eu un dernier tête-à-tête d'environ une heure avec M. Olmert. Après un entretien dimanche avec M. Abbas à Ramallah, elle avait affirmé avoir l'intention de demander à M. Olmert de lever des barrages gênant gravement la circulation des Palestiniens pour améliorer leur vie quotidienne.

Selon un rapport de l'ONU, Israël a levé 44 "obstacles" en Cisjordanie sur les 61 qu'il s'était engagé à supprimer. Mais la plupart n'ont que peu ou pas d'importance.

Lundi soir, l'armée israélienne a annoncé le bouclage pour 72 heures du territoire dans le cadre des célébrations du 60e anniversaire de l'Etat d'Israël, mercredi et jeudi, pour raisons de sécurité.

"Nous comprenons tout à fait qu'un processus politique qui n'est pas appuyé par des mesures concrètes sur le terrain peut créer du cynisme", avait indiqué M. Regev, interrogé sur la teneur de la rencontre entre M. Olmert et Mme Rice.

Les négociations israélo-palestiniennes risquent par ailleurs d'être affectées par un nouvelle affaire de corruption qui éclabousse M. Olmert, entendu vendredi par la police des fraudes.

En dépit du black-out, les médias ont affirmé que l'affaire était particulièrement "grave" et pourrait acculer M. Olmert à la démission, ce que souhaite l'opposition de droite.

Signe de la pression croissante, M. Olmert a annulé une série d'entretiens prévus avec les principaux médias locaux pour les célébrations du 60e anniversaire de la création d'Israël.

Le général Franco aurait truqué l'Eurovision en 1968

MADRID ,le 06/05/08 - A en croire un documentaire de la télévision espagnole, le général Francisco Franco aurait truqué les résultats de l'Eurovision en 1968 aux dépens de Cliff Richard.

Le chanteur britannique était le préféré des "bookmakers" avec son hit "Congratulations" mais le premier prix a finalement été décerné à la candidate espagnole Massiel, qui l'a coiffé au poteau d'un petit point avec "La La La", affirment les auteurs du documentaire.

"Le concours a été truqué", déclare le présentateur de la télévision espagnole José Maria Inigo cité dans le film. "Massiel a gagné grâce à des voix achetées".

Selon lui, des responsables de la télévision espagnole avaient fait la tournée des capitales européennes en promettant d'acheter des émissions de second ordre en échange de leurs voix à l'Eurovision.

Il ajoute qu'à l'époque, une victoire de l'Espagne à l'Eurovision était considérée comme vitale pour redorer le blason du régime franquiste sur la scène internationale.

Le directeur des programmes de l'Eurovision, Bjorn Erichsen, est quant à lui sceptique.

"Franco était-il si attaché à une victoire de son pays ? Ecoutez, il ne s'agit pas de l'Otan, de l'Union européenne ou d'un sujet politiquement influent. Ce n'était après tout qu'un vulgaire concours de chansonnettes", répond-il en riant, avant d'ajouter: "Cela dit, je n'exclus pas qu'il y ait un parfum de vérité dans tout cela".

La lauréate de l'époque, Massiel, n'a pas pu être jointe pour recueillir son opinion.

Pour l'anecdote, la défaite de son interprète à l'Eurovision n'a pas empêché "Congratulations" d'être un immense succès en Europe.

En revanche, Cliff Richard n'a jamais coiffé la couronne de l'Eurovision, terminant sur la troisième marche du podium lors de sa seconde participation en 1973.

Le Zimbabwe introduit un billet de 250 millions de dollars zimbabwéens

HARARE ,le 06/05/08 - La banque centrale du Zimbabwe va mettre en circulation dès mardi un billet de 250 millions de dollars zimbabwéens a indiqué lundi la télévision d'Etat.

"Le gouverneur de la banque centrale du Zimbabwe Gideon Gono a dévoilé deux nouveaux billets de 100 millions et 250 millions de dollars qui seront mis en circulation à partir de demain (mardi)", a annoncé la télévision.

L'inflation ne cesse de battre des records au Zimbabwe, où les dernières statistiques officielles faisaient état d'un taux de 165.000% en février.

Harare a décidé récemment de laisser flotter le taux de change de sa monnaie pour tenter de lutter contre la spéculation sur le marché noir.

Le taux de change officiel pour le dollar zimbabwéen est de 30.000 contre une dollar américain depuis septembre 2007 mais au marché noir, le dollar américain s'échange contre quelque 100 millions de dollars du Zimbabwe.

Le reste de l'économie ne se porte pas mieux avec un taux de chômage de l'ordre de 70% et au moins 80% de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

Une salve de roquettes tirées depuis Gaza s`abat en Israël, un blessé (armée)

Jerusalem, 05/05/08 - Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza se sont abattues lundi en territoire israélien blessant légèrement une personne, a indiqué une porte-parole de l`armée israélienne.

"Une salve de roquettes a été tirée ce matin depuis la bande de Gaza. Au moins trois de ces engins sont tombés sur Sdérot, et une personne a été légèrement blessée par des éclats" dans cette ville voisine du territoire palestinien, a dit cette porte-parole à l`AFP.

"D`autres roquettes sont tombées dans des terrains vagues du Néguev", désert du sud d`Israël, a-t-elle ajouté. Selon la radio publique israélienne, des activistes palestiniens ont tiré le matin à partir de la bande de Gaza au moins neuf roquettes contre Israël.

Ces tirs sont intervenus alors que la secrétaire d`Etat américaine Condoleezza Rice achevait une nouvelle visite au Proche-Orient destinée à promouvoir les négociations de paix israélo-palestiniennes.

LES ARCHIVES OUBLIÉES DE LA WEHRMACHT

Article paru dans le "Figaro",par Rémi Kauffer le 07/05/08

Environ 350 000 clichés de la propagande de l'armée allemande sont conservés au fort d'Ivry depuis 1947. Des images inédites qui constituent une mine documentaire d'une qualité exceptionnelle.

Au fort d'Ivry, le « fonds allemand » occupe des rayonna-ges entiers d'albums de photos en noir et blanc et de boîtes métalliques de films. Des prises de vue de grande qualité que l'Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) conserve précautionneusement dans ses archives. En tout, les casemates de cette vieille fortification parisienne renferment 357 000 clichés et 1 117 films réalisés par les Propaganda Kompanien (PK) de l'armée allemande.

De l'invasion de la Pologne en 1939 à la débâcle de Normandie en 1944, en passant par l'attaque contre l'Union soviétique en 1941, l'Afrikakorps, ou encore les Balkans, le fonds allemand retrace la guerre à travers l'objectif des ces « soldats de l'image ».

Le stock de photos où nous avons puisé est parvenu en France juste après la capitulation de l'Allemagne. Il est le fruit d'une prise de guerre des troupes américaines du côté de Wiesbaden. L'armée française a déposé ces négatifs au fort d'Ivry en 1947. Chacun des Alliés s'était attribué une part du butin. L'ECPAD développe et numérise ces photos (à raison de 15 000 par an) et travaille en contact étroit avec le Bundesarchiv (archives fédérales allemandes) qui dispose, lui, des carnets de reportages des Propaganda Kompanien, précieux complément pour légender les clichés. « Nous n'avons pas reçu de demande de restitution, explique Violaine Challéat, conservateur du patrimoine, mais nous avons des échanges réguliers avec nos interlocuteurs allemands. »

L'homme qui redonne vie au fonds depuis huit ans s'appelle Nicolas Férard. Ce documentaliste de l'ECPAD passionné d'images et d'histoire consacre ses journées à identifier lieux, hommes et événements qui figurent sur la pellicule. Un véhicule, un type d'avion, un insigne sur un uniforme, un appareil photo, une caméra 35 mm, une plaque d'immatriculation sont pour lui autant d'indices. Car il est fréquent que les légendes ou les carnets de reportages ne suffisent pas. « Les auteurs restaient vagues par souci du secret défense », explique Nicolas Férard. A force d'accumuler la documentation, il a acquis une connaissance hors pair des PK, notamment des opérateurs de caméras et des photographes dont il recense les prises de vue. Des « enfants » de Joseph Goebbels. Très tôt, le puissant ministre de la Propagande d'Adolf Hitler a compris qu'il faudrait contrôler l'information en provenance du front. De leur côté, les officiers supérieurs de la Wehrmacht avaient appris de la Première Guerre mondiale qu'un manque de maîtrise des articles et des images avait contribué à affaiblir le moral de la nation et, donc, à la défaite finale.

Une première structure est mise en place en 1936. Mais l'organisation définitive voit le jour à l'été 1939 avec l'invasion de la Pologne. Entre-temps, Goebbels et l'état-major se seront querellés sur la tutelle de ces compagnies. Finalement, les PK seront soumises aux consignes du ministère de la Propagande, qui aura également la maîtrise de leur production et pourra la distribuer. Mais elles seront subordonnées aux autorités militaires et rattachées aux différentes armées : Heer (terre), Kriegsmarine, Luftwaffe, Waffen SS.

En 1942, au plus fort de ses effectifs, la Abteilung Wehrmacht Propaganda, qui regroupait toutes les PK, comptera 15 000 hommes (et femmes). Parmi eux, 285 cameramen, 1 329 photographes, mais aussi des journalistes de plume et des radio-reporters. Sans oublier chauffeurs, secrétaires, techniciens de toutes sortes. Car Goebbels, d'emblée, a exigé qu'on apporte le plus grand soin à l'information du front et des pays occupés - que les PK étaient seules autorisées à recueillir. Ainsi ces compagnies d'environ 250 à 300 hommes chacune étaient-elles composées de professionnels qui avaient souvent dépassé l'âge du service militaire. Les fonctionnaires du ministère de la Propagande les avaient sélectionnés à Babelsberg dans les fameux studios de cinéma UFA, dans les agences de presse, les stations de radio et les grands journaux. Beaucoup avaient été réquisitionnés, d'autres s'étaient portés volontaires. L'Autrichien Ernst Zwilling, photographe favori de Rommel, avait déjà 35 ans et une solide réputation de chasseur (de fauves et d'images) en Afrique quand il offrit ses services en 1939. Le Munichois Hans Ertl, as de l'alpinisme, avait filmé les Jeux olympiques de Berlin sous la direction de Leni Riefenstahl avant de devenir le cameraman attitré du même Rommel. On y trouve aussi de grands noms de plume : l'écrivain Ernst Jünger et le fondateur de l'hebdomadaire Stern Henri Nannen.

Rien n'était trop beau pour les compagnies. Les photographes travaillaient avec les célèbres Leica, les opérateurs avec des Arriflex ou des Bell + Howell. Des avions étaient à leur disposition pour rapatrier leurs travaux le plus vite possible à Berlin. Films, photos, reportages écrits ou sonores étaient ensuite dispatchés par le ministère de la Propagande. Les photos servaient aussi à la confection du magazine illustré Signal, distribué dans tous les pays occupés dont la France. On doit aussi aux unités qui accompagnèrent la campagne de Pologne les prises de vue qui servirent à la pire propagande antijuive. Leurs images des ghettos de Varsovie et de Lodz se retrouvèrent dans le film Der Ewige Jude (le Juif éternel) qui attisa l'antisémitisme en Allemagne.

Destinées à magnifier l'action de l'armée allemande, les prises de vue suivaient des consignes strictes édictées par le ministère et enseignées dans un centre de formation à Potsdam. Seules les images de la bataille de Normandie de l'été 1944 (dont celles que nous publions dans nos pages) semblent avoir échappé aux censeurs. Avec la défaite et la désorganisation des troupes, les hommes des PK sont revenus à leur métier d'origine : le reportage. En fixant les cadavres de soldats allemands sur la pellicule, ils ont prévu le sort qui attendait l'Allemagne nazie moins d'un an plus tard. Jean-Marc Gonin

Retrouvez l'actualité en images de l'Ecpad et les dossiers mensuels « 1918 : l'année de la victoire » sur le site internet Ecpad.fr. Découvrez les collections de photographies et de films de la Défense à la médiathèque de l'Ecpad, ouverte du lundi au vendredi de 9 à 17 heures.

«Une balle, une victime»

shoahparball.JPGDESBOIS, Patrick, Porteur de mémoires : sur les traces de la Shoah par balles, Paris, Michel Lafon, 2007, env. 24€

Le père Patrick Desbois, connu en France comme directeur du Service National des Evêques pour les relations avec le judaïsme, petit-fils d’un résistant déporté à Rawa-Ruska, a publié une enquête minutieuse sur les Einsatzgruppen et les assassinats des Juifs à l’est de l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’auteur s’est rendu sur place et a interrogé des personnes de tous âges pour essayer de trouver les fosses où gisent les cadavres des Juifs fusillés. Cette « Shoah par balles » comme il l’a dénommé lui-même, a commencé en 1941, suite à l’opération « Barbarossa » et elle a fait 1,5 millions de victimes.

Son livre présente le résultat de ses recherches, retranscrit certaines interviews de témoins ukrainiens et propose des photographies contemporaines des lieux ainsi que des cartes.