Un ado peut en cacher un autre

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Bernard Zanzouri

 

J'aime à expliquer, dans la plupart de mes conférences, que l'alya est plus difficile pour un ado que pour quiconque, parce qu'elle est un changement majeur qui se pose sur un autre bouleversement.


Aux mutations du corps et de l'esprit de l'adolescence, viennent se greffer des repères fuyants voire inexistants:
des parents anxieux et débordés, une nouvelle langue qui met la confiance en soi en péril, la perspective de trois ans d'armée, les copains qu'on laisse derrière soi et la famille proche qui n'est plus là.


Mais parfois, d'étonnante façon, l'ado qui fait l'alya, avec l'aide de parents avertis, va fait l'objet de tellement d'attentions qu'il surmonte avec brio les obstacles et se fond complètement dans la société israélienne au bout de quelques années.

Au grand soulagement de tous, parce qu'on avait vraiment craint pour lui, quand autour de quinze ans il voulait n'en faire qu'à sa tête et ne répondait plus à quelque autorité que ce soit.
Contrairement à son petit frère de dix ans qui, lui, n'avait jamais fait de problèmes, s'était intégré en douceur, avait aimé immédiatement sa mora et sa nouvelle classe et revenait tous les jours de l'école avec un mot d'encouragement ou de félicitations de toute l'équipe pédagogique.


Bizarrement, c'est pourtant souvent ce "cadet" que les parents essayent tant bien que mal de "traîner" chez moi pour une consultation en privé.
"On ne sait pas ce qui lui prend". "Il n'a jamais fait de problèmes auparavant". "Il a surement de mauvaises fréquentations".
Ce qui lui prend, c'est relativement simple. On pourrait appeler ça le "syndrome du créancier".
Quel est celui à qui on rembourse le plus vite une dette?
Eh bien au bonhomme qui vous harcèle, menace de venir chez vous, vous fait appeler par son avocat.


L'autre, le gentil qui respecte vos difficultés financières, qui ne veux pas que vous vous sentiez mal à l'aise, celui là sera toujours le dernier payé. Et encore...
Jusqu'au jour où il se rebiffe et passe dans l'autre camp.
En éducation, c'est pareil. Le gentil peut un jour se réveiller et réclamer son dû. L'attention qu'on lui doit. Le temps qu'on aurait dû lui consacrer.


C'est pourquoi en pré-alya, je préconise toujours de dresser un "bilan éducatif". Un regard global sur la place de chaque enfant dans la famille, proposé par un professionnel, pour prévenir en amont les risques de dérapages futurs.
Et ça fonctionne.
Bonne semaine à tous.

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