Trop tôt pour parler de règles ? » La vidéo d’une mère israélienne, ex-mère porteuse, fracture le pays

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Trop tôt pour parler de règles ? » La vidéo d’une mère israélienne, ex-mère porteuse, fracture le pays

Une simple vidéo publiée sur Instagram a suffi à enflammer les réseaux. À l’origine de la séquence : Rivka Stern, accompagnante périnatale et mère de quatre enfants, qui a filmé puis diffusé le récit spontané de sa fille Gabriella, presque 12 ans, à son retour d’un atelier scolaire consacré au cycle menstruel, organisé dans sa classe.
Loin d’être une inconnue des débats sociétaux, Stern ancienne professionnelle du high-tech devenue accompagnante à la naissance  a elle-même été mère porteuse, un choix qu’elle revendique comme un acte de don.
Ce contexte personnel éclaire la tempête déclenchée par cette vidéo familiale devenue virale.

« Je lui ai dit : il y a eu des réactions moins bonnes, mais pas contre toi »

Un court clip publié sur Instagram a déclenché un débat intense en Israël. Rivka Stern, accompagnante périnatale et mère de quatre enfants, a partagé une vidéo dans laquelle sa fille aînée, Gabriella, presque 12 ans, raconte spontanément une atelier sur le cycle menstruel vécu à l’école. Ce qui a commencé comme un moment familier est devenu, en l’espace de quelques heures, une explosion de réactions sur les réseaux sociaux, divisant parents et internautes. 

Une vidéo devenue viral : le contenu et les réactions

Dans la vidéo, Gabriella décrit avec enthousiasme ce qu’elle a vu et appris. Elle mentionne une camarade qui a osé poser une question qui sortait un peu du cadre strict du sujet, des images montrées en classe, l’application d’une protection hygiénique sur un sous-vêtement, ainsi qu’une démonstration utilisant du colorant alimentaire rouge. La jeune fille conclut, visiblement excitée : « et rien ne s’est passé, tout est bien absorbé, c’était incroyable ». 

Ce moment intime a attisé des vagues de commentaires. Certains internautes ont salué l’ouverture et la liberté d’expression de la fillette, estimant que parler du corps humain est naturel et nécessaire. D’autres ont exprimé une vive inquiétude : « Pourquoi une fille devrait-elle apprendre cela ? Laissez les enfants innocents, c’est le problème de cette génération », écrivait un commentateur. Une autre personne évoquait un choc provoqué par le fait qu’une enseignante ait présenté des images anatomiques plutôt que de simples illustrations. 

Plusieurs réactions ont même qualifié le simple fait de publier la vidéo de problème en soi. « C’est le moment où des enfants pas encore mûrs sont exposés à un contenu considéré comme sexuel sous couvert de douceur », écrivait un internaute, suggérant que ce type de publication pourrait transformer le sujet en tabou psychologique chez ceux qui écoutent ou voient la vidéo. 

La position de Stern : pas de honte, pas de tabou

Stern lit ces commentaires sans être intimidée. Elle explique bien connaître sa fille et le contexte familial dans lequel cette conversation s’est produite. Pour elle, ne pas ressentir de honte est un choix conscient : « Il y a des filles dans sa classe qui sont déjà développées et ont leurs règles, donc il y a naturellement un espace pour en parler. Nous leur donnons l’espace et la légitimité pour que cela fasse partie de la norme ». 

À ceux qui estiment que les enfants devraient rester innocents, Stern répond qu’aujourd’hui les réseaux sont omniprésents, et qu’une enfant peut être exposée à ce type d’information de manière irresponsable ou inappropriée si ce n’est pas encadré. Son argument : mieux vaut que l’éducation vienne d’un environnement structuré comme l’école que d’endroits non éducatifs ou dangereux en ligne. 

Pour elle, l’implication d’une professionnelle est essentielle. « Quand une femme qualifiée transmet cela correctement, pourquoi pas ? » interroge-t-elle, soulignant qu’elle a autant de confiance dans l’enseignement de la vie que dans celui des mathématiques ou de l’histoire. 

Une ouverture cohérente avec le mode de vie familial

L’attitude ouverte de Stern n’est pas nouvelle ni limitée à ce clip. Après des années dans le secteur high-tech, elle a décidé de suivre son propre chemin pour devenir accompagnante périnatale. À 30 ans, elle a fait un pas supplémentaire en devenant mère porteuse, un rôle qu’elle décrit comme un acte de don pur. Ce choix n’était pas évident pour son mari au départ, mais il l’a finalement soutenue. 

Pour Stern, expliquer la gestation pour autrui à ses enfants s’est fait avec la même langue adaptée à leur monde — une approche sans filtres, qui reflète la cohérence d’une éducation basée sur la transparence, l’écoute et la confiance. 

Le point de vue de Gabriella

Au cœur de cette tempête, la réaction de Gabriella elle-même est loin d’être négative. Stern raconte qu’elle a parlé à sa fille des commentaires moins favorables, en lui expliquant que ces critiques s’adressaient à elle en tant que mère et non à la fille. Gabriella, sourit Stern, se réjouit d’avoir reçu de nombreux « likes » et d’avoir fait gagner des abonnés à sa mère. Elle attend même la prochaine séance avec impatience. 

Ce qui ressort de cette histoire, c’est une fille qui se sent à l’aise de raconter à sa mère ce qui s’est passé à l’école, sans gêne ni barrières. « Si je ne l’avais pas mise à l’aise et qu’elle ne m’en avait pas parlé, nous aurions été dans une situation vraiment difficile », dit Stern, avant de conclure : « Je suis fière qu’elle ait choisi de me le dire ». 

Une vidéo sans compte personnel, mais un impact réel

Il est important de noter que Gabriella n’a pas de compte Instagram à elle. Les vidéos publiées par la famille sont des moments du quotidien : danses, discussions sur la vie, instants ordinaires. Cette fois, cependant, un simple moment familial a touché une corde sensible dans une société entière. 

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