Manger, c’est aussi résister : le restaurant druze casher de Julis à découvrir absolument

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Manger, c’est aussi résister : le restaurant druze casher de Julis à découvrir absolument

En Galilée, un restaurant druze devenu casher attire désormais soldats et gourmets chez Bustan HaGalil 300 Grammes

Dans le village druze de Julis, au nord d’Israël, un petit restaurant familial est devenu bien plus qu’une adresse gourmande : il est aujourd’hui casher, refuge pour les soldats, et mémoire vivante du sergent Or Damri, tombé au combat.

Entre les sirènes, les alertes et la guerre qui rode, la cuisine généreuse de Basma Hano continue de rassembler, offrant des plats druzes et moyen-orientaux authentiques, parfumés, généreux — un lieu où l’on vient autant pour le goût que pour l’histoire. Venez y partager un repas et découvrir un symbole de résilience et de vie qui continue malgré tout.

Une guerre qui a vidé les restaurants du nord

Dans le village druze de Julis, en Galilée, une histoire singulière transforme un simple restaurant familial en lieu de mémoire et de rencontre.
Depuis le début de la guerre au nord, l’établissement de Basma Hano est devenu bien plus qu’une adresse gourmande : un refuge pour les soldats, un symbole de solidarité entre communautés… et désormais un restaurant casher.

La décision n’a rien d’un calcul commercial. Elle est née d’une réalité brutale : la guerre a vidé les salles à manger du nord d’Israël. Les groupes ont annulé leurs réservations, les touristes ont disparu et les habitants sortent peu, rythmés par les alertes et les sirènes. Dans ces conditions, maintenir un restaurant ouvert tient presque du défi. Pourtant, la cuisine de Basma Hano ne s’est jamais arrêtée.

La décision inattendue de rendre la cuisine casher

Très vite après le début du conflit, des soldats stationnés dans la région ont commencé à venir manger dans son établissement. Certains arrivaient directement du terrain, couverts de poussière, épuisés après des journées passées près de la frontière libanaise. Beaucoup d’entre eux étaient pratiquants et ne pouvaient pas manger dans un restaurant non casher.

La restauratrice a alors pris une décision radicale : transformer son établissement en restaurant casher afin que les soldats puissent s’y attabler librement. Ce choix a exigé une réorganisation complète de la cuisine, des équipements et des approvisionnements. Mais pour elle, c’était une évidence. Depuis, son restaurant est devenu un lieu où soldats, habitants du nord et visiteurs viennent partager une table simple et généreuse.

Le souvenir du sergent Or Damri

Derrière cette histoire se cache aussi une mémoire douloureuse. Parmi les soldats liés à ce restaurant figure le sergent Or Damri. Ce jeune soldat avait été tué par des tirs du Hezbollah alors qu’il participait à une mission de remorquage d’un char dans le sud du Liban. Sa mort a profondément marqué les habitants de la région et ceux qui avaient croisé sa route.

Or Damri était un habitué de cette table lorsqu’il était en permission ou stationné dans la région. Comme beaucoup de soldats, il venait y manger un vrai repas, loin des bases militaires et des rations de terrain.

Depuis sa mort, son nom revient souvent dans les conversations autour des tables. Pour Basma Hano, continuer à cuisiner pour les soldats est aussi une manière de faire vivre la mémoire de ceux qui ne reviendront plus s’asseoir dans la salle.

Dans la cuisine de Basma, son souvenir n’est pas abstrait. Il est présent dans les conversations, dans les repas servis aux soldats et dans cette volonté de continuer à cuisiner pour ceux qui défendent le pays.

Une cuisine druze généreuse qui mérite le détour

La cuisine de la maison est à l’image de cette histoire : authentique, généreuse et profondément ancrée dans la tradition druze et moyen-orientale. Sur les tables arrivent de grands plats familiaux, faits pour être partagés. Le mansaf d’agneau, longuement mijoté et parfumé d’épices, est l’un des plats emblématiques de la maison. La viande est tendre, servie sur un lit de riz chaud nappé d’une sauce riche et parfumée.

Le taboulé, finement ciselé, apporte la fraîcheur indispensable avec son persil abondant, ses tomates mûres et son citron vif. Les kubbeh arrivent brûlants, croustillants à l’extérieur et fondants à l’intérieur, farcis de viande et d’épices. Les sambousek à la viande complètent la table, dorés et parfumés, à peine sortis de la friture. Tout est cuisiné comme dans une grande maison familiale : des portions généreuses, des plats à partager, une cuisine qui ne cherche pas l’effet mais la sincérité.

Une table devenue symbole de résilience

Pour encourager les familles de la région à sortir malgré la situation, la restauratrice a même imaginé des formules complètes pour quatre personnes à 200 Nis afin que les habitants puissent retrouver un moment de normalité autour d’un vrai repas. Car ici, manger n’est pas seulement un plaisir gastronomique. C’est une manière de résister.

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