Les manuscrits de Kafka vont enfin être à la Bibliothèque Nationale de Jérusalem

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Les manuscrits de Kafka vont enfin être à la Bibliothèque Nationale

Une longue et dure bataille juridique sur les droits des manuscrits de Franz Kafka s’est terminée mardi après que le TGI de Tel-Aviv ait annoncé que la collection de presque 100 ans, devait être transférée d'une collection privée à la Bibliothèque Nationale à Jérusalem.

Les trois juges ont rejeté l'appel d'Eva Hoffe, qui avait hérité illégalement des manuscrits de sa mère, Esther Hoffe. La mère était la secrétaire de l'ami de Kafka, Max Brod, un autre écrivain célèbre dont les œuvres font partie de la collection qui doit être transférée.

L'appel des sœurs, a été déposé en 2012, après qu'un tribunal ait conclu qu’Esther avait illégalement légué la collection, par l'intermédiaire de Brod, des décennies plus tôt, et a ordonné à Hoffe et sa sœur, Anita Ruth Vizler, de remettre les manuscrits à la bibliothèque.

Les juges qui ont rendu leur décision mardi ont fustigé les sœurs pour avoir mal géré les manuscrits en tentant de les vendre aux enchères. Notant que Kafka n’avait "jamais rencontré" leur mère - et que, dans son testament, il avait ordonné que les manuscrits soient détruits – les juges ont conclu que les documents avaient clairement été détournés.

"En ce qui concerne Kafka, est-ce que la mise en vente aux enchères par la secrétaire de son ami et par ses filles, de ses écrits personnels - dont il avait ordonné la destruction- respecte le droit ? » ont écrit les juges leur décision.

"Il semble que la réponse à cette question soit claire."

La décision a mis fin à plus de 90 années de controverse et de multiples transferts des œuvres de Kafka.

En plus d'être Juifs, de nombreux historiens affirment que Kafka, comme Brod, est devenu sioniste. Brod a déménagé en Palestine et a passé les dernières années de sa vie à Tel Aviv. Alors qu'il a en effet légué les œuvres à Brod, Kafka - un écrivain extrêmement instable qui a acquis une renommée seulement après sa mort de la tuberculose à l'âge de 40 ans - a chargé son ami de brûler les manuscrits sans les lire. La première controverse sur les œuvres de Kafka a eu lieu lorsque Brod a décidé de rejeter le souhait de son ami et a publié les œuvres en masse.

Il a justifié ses actions, en disant que respecter la demande de Kafka aurait été un "acte criminel", car les œuvres avaient une valeur éthique, philosophique incommensurable et étaient parmi les meilleures œuvres de l'écrivain. Il a ajouté que lorsque Kafka lui avait demandé de les brûler, Brod lui a dit qu'il ne le ferait pas.

Selon Brod, Kafka connaissait sa position, et s’il avait vraiment voulu voir ses œuvres brûlées, "il aurait chargé quelqu’un d’autre pour mener à bien sa volonté." L'ami de Kafka a également affirmé qu'il y avait eu un précédent, en notant que l'auteur avait publié lui-même un petit nombre de ses œuvres.

Brod est mort sans enfant en 1968, laissant la collection à Esther Hoffe avec comme instructions de donner la collection à une institution publique, soit de sa vie, soit immédiatement après sa mort. L’ami de Kafka avait noté que la Bibliothèque nationale d'Israël était au sommet de sa liste des institutions publiques suggérées, mais a laissé la décision finale de l'endroit où faire don des œuvres, à sa secrétaire.

L'Etat a combattu Hoffe longtemps dans les années 1970 pour obtenir les œuvres afin que le public y ait accès. Il a également essayé de l'empêcher de les vendre. Un tribunal lui a néanmoins accordé des droits substantiels à faire comme bon lui semblait, qui s’est traduit à empêcher la réclamation de l'Etat et qu’après sa mort, les œuvres seront remises à une institution publique. Hoffe n’a jamais donné les manuscrits.

En 1988, elle a vendu un exemplaire original du « Procès » de Kafka pour 2 millions $. Quand elle est morte en 2007, elle a légué le reste des manuscrits à ses filles, qui ont combattu la Bibliothèque nationale.

Ainsi, le public pourra enfin avoir accès aux œuvres de Kafka, car jusqu’à présent les sœurs les gardaient dans un coffre-fort dont elles seules avaient l’accès

On ne sait pas quand le transfert sera effectué.

Source : Jpost

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