"Jerusalem 48ers": l'équipe de basket qui veut changer la société

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D'aucuns disent que le basket est devenu trop compliqué, avec sa pléthore de joueurs, ses statistiques à rallonge et ses termes déroutant. Mais pour les enfants éthiopiens du quartier de Talpiyot, à Jérusalem, toutes ces complications importent peu. Ils ne connaissent peut-être pas les termes techniques et ne sont pas encore à l'aise dans toutes les tactiques du jeu; ils ne connaissent qu'un seul terme: "game changer".

Désignant à l'origine un changement se produisant à un moment critique du jeu, ce concept prend un tout autre dans la bouche de Adi Vettori, cofondatrice de l'équipe des "Jerusalem 48ers" - un programme visant à aider les jeunes Ethiopiens à s'intégrer dans la société israélienne, par le biais du basket. [...]

L'équipe est née il y a trois ans et demi, lorsque le Ministère de l'éducation confie une tâche  particulière à Adi Vettori et Ziv Hazan, l'autre cofondateur. Leur mission: créer un projet social financé par un généreux donateur américain. Or, ce généreux donateur se trouve être le fils de Josh Harris, propriétaire de l'équipe de basket des 76ers de Philadelphie.

Le nom de l'équipe de Philadelphie évoque l'année de la proclamation d'indépendance des Etats-Unis (1776) et a inspiré Vettori et Hazan pour le nom de leur équipe: 48ers, en référence à l'année de création de l'Etat, 1948. [...]

Les débuts n'ont pas été simples. La jeune femme, qui fait le tour des terrains de jeux de quartier pour convaincre les jeunes Ethiopiens de venir jouer au basket, récolte surtout des éclats de rire. Et ceux qui acceptent de venir savent à peine tenir une balle...

"Trois ans plus tard, ils jouent comme des champions, même contre l'équipe du Hapoel Jerusalem", se réjouit Vettori.

Pourquoi le basket ?

La réponse à cette question nous est fournie par le coach des 48ers Eitan Ben Eliezer, qui entraîne également l'équipe des jeunes du Hapoel Jerusalem et a donné naissance aux célèbre joueurs Adam Ariel (Hapoel Jerusalem) et Raffi Manco (Hapoel Gilboa/Galil).

"Le basket permet à ces jeunes de progresser à tous les niveaux, pas seulement en ce qui concerne le jeu lui-même. Le jeu leur donne les outils pour réussir dans la vie et s'intégrer dans la société israélienne". [...]

Le but des 48ers n'est ainsi pas de devenir la prochaine équipe phare du championnat israélien. L'idée est de pousser les jeunes joueurs à exploiter leur potentiel au maximum, dans tous les domaines. [...]

D'autre part, Vettori cherche à présent à développer son projet à l'échelon national. "Nous voulons créer un véritable changement dans la société." D'ici à l'horizon 2020, Vettori espère créer 10 équipes dans l'ensemble du pays.

Pendant que Vettori parle, la magie opère derrière elle. Sur le terrain, Uri arbore un large sourire alors que les 40 jeunes autour de lui applaudissent: il vient de réussir son premier tir à 3 points [tir depuis une certaine distance et valant trois points, alors que les autres tirs en valent 1 ou 2, NdT]. Sa technique n'est pas parfaite et sa main n'est pas tout-à-fait assurée... mais c'est son premier tir à 3 points après un mois de jeu !

Pour Uri, qui vient d'un environnement familial difficile, le basket est une porte qui s'ouvre devant lui. "L'équipe nous aide à nous améliorer et à prendre le bon chemin", dit-il. Après chaque entraînement, il attend le suivant avec encore plus d'impatience.

Pour Uri, et pour les autres jeunes, le basket représente bien plus qu'un sport...

 

Source: Ynet News, 7 avril 2015

Traduction et adaptation: Julien Pellet


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