Le soutien des Israéliens à la famille du soldat Schalit

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C'est le nouveau lieu de pèlerinage non-officiel d'Israël. La tente devant la résidence du Premier ministre où s'est installée la famille du soldat Gilad Schalit, prisonnier à Gaza, attire depuis une semaine à Jérusalem ministres, survivants de l'Holocauste et enfant des écoles, venus apporter leur soutien.

Cela fera bientôt 1.000 jours que le jeune sergent est en captivité. Israël a mis sa libération dans la balance d'un cessez-le-feu de longue durée avec le Hamas dans la Bande de Gaza.

Affiches et autocollants décorent la tente, ainsi qu'un nombre toujours croissant de lettres de soutien. Le flux incessant des centaines de visiteurs redonne courage à Noam Schalit, le père du jeune homme. "Nous nous attendions à ce qu'on vienne nous soutenir, mais pas à ce point", dit-il.

Sa personnalité tranquille et ses efforts incessants ont aidé à construire une célébrité dont il n'aurait voulu pour rien au monde. "Je n'ai pas le choix", dit-il.

Gilad Schalit, 22 ans, a été capturé par des militants proches du Hamas en juin 2006 lors d'une attaque qui a coûté la vie à deux autres soldats. Il n'a plus été vu depuis, la Croix-rouge n'a pu lui rendre visite, même si le Hamas a permis des échanges de lettres avec sa familles et diffusé deux enregistrements.

Dans un pays où rares sont ceux qui ne font pas de service militaire, les Israéliens se sont identifiés avec les Schalit. Les journaux télévisés s'achèvent sur le nombre de jours passés en captivité par le soldat: vendredi était le 992ème.

Alors que le Premier ministre désigné Benjamin Nétanyahou pourrait entrer en fonctions dès la semaine prochaine, la famille Schalit fait monter la pression sur le sortant, Ehoud Olmert, pour un accord in extremis: le soldat a été capturé quelques semaines avant qu'Olmert ne prenne la tête du gouvernement, et son échec à obtenir sa libération aura marqué tout son mandat.

Pour Olmert, Schalit doit être libéré dans le cadre du cessez-le-feu en cours de négociations après l'offensive militaire israélienne sur Gaza qui s'est achevée à la mi-janvier. Le Mouvement de la résistance islamique se place lui dans le cadre d'un échange de prisonniers.

Et la famille Schalit craint qu'avec le "dur" Nétanyahou aux commandes, elle ne doive recommencer tous ces efforts à zéro.

"Je suis assise dans la tente, en face de chez le Premier ministre, entourée par le peuple d'Israël, une mer d'amour et de soutien m'entoure", écrivait jeudi la mère du jeune homme, Aviva, dans le quotidien "Maariv".

Ehoud Olmert, qui ne s'est pas montré dans la tente des Schalit, a récemment critiqué les manifestations pro-Schalit, jugeant qu'elles avaient placé le gouvernement israélien en position de faiblesse pour les négociations.

Mais en revanche, le ministre sortant de la Défense Ehoud Barak, dont les services sont en première ligne dans les pourparlers, est venu rendre visite aux Schalit. Le président et prix Nobel de la paix Shimon Perès aussi, ainsi que l'épouse d'Olmert, Aliza.

Parmi les autres visiteurs, on a aussi vu Yuval Arad, fille de Ron Arad, ce pilote israélien abattu au-dessus du Liban et capturé en 1986, et qui a ensuite disparu. Et les parents de Nahshon Waxman, capturé en 1994 par des militants palestiniens et tué lors d'une tentative de le libérer par les armes.

Noam Schalit, lui, a peur. Peur de ne plus connaître l'homme qui est son fils: "nous avons été séparés de lui il y a mille jours. Nous ne le connaissons plus. C'était un jeune homme qui venait de terminer le lycée. Nous ne savons pas ce qui lui arrive, ce à quoi il ressemble, comment il réagit, comme il vit tout cela".

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