Israël renonce à éteindre Gaza

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                                         Israël renonce à éteindre Gaza

gazza.jpgArticle paru dans "Libération", le 31/10/07

La menace israélienne de procéder à des coupures d’électricité dans la bande de Gaza a été suspendue, alors que la tension monte entre Israël et le territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste du Hamas.

Menachem Mazuz, le conseiller juridique du gouvernement israélien, a estimé lundi qu’en raison de ses «obligations humanitaires», Israël ne pouvait procéder à des coupures d’électricité dans la bande de Gaza. Près de 1,5 million de Palestiniens vivent dans ce territoire de 360 km2 dans des conditions souvent misérables et sont quasiment coupés du reste du monde depuis la prise de pouvoir des islamistes du Hamas en juin, qui a provoqué un bouclage quasi-total du territoire par Israël.

L’Etat hébreu a encore renforcé cet isolement quand il a déclaré, le 19 septembre dernier, Gaza «entité hostile», ouvrant la voie à des sanctions économiques contre le territoire, en riposte aux tirs presque quotidiens de roquettes et de mortiers sur le territoire israélien. Selon les chiffres de l’armée israélienne, près de 2 300 roquettes et tirs de mortiers, en provenance du nord de la bande de Gaza, se sont abattus sur Israël depuis août 2005, date du retrait israélien de ce territoire contrôlé aujourd’hui par le Hamas. Aussi plus de 1 000 roquettes et obus de mortiers ont-ils été tirés sur Israël depuis juin et la prise de contrôle des islamistes.

«Inacceptables». Le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a annoncé la semaine dernière que des coupures d’électricité sporadiques de quelques minutes seraient effectuées dans le territoire palestinien à chaque fois que des roquettes toucheraient le territoire israélien et que les livraisons de carburant à la bande de Gaza seraient réduites. L’annonce de ces mesures a provoqué de nombreuses condamnations de la communauté internationale, notamment du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui les a jugés «inacceptables» et de la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

En Israël même, l’annonce de ces mesures a conduit une dizaine d’organisations de défense des droits de l’homme à déposer un recours dimanche auprès de la Cour suprême israélienne contre ces «punitions collectives antidémocratiques, qui n’empêcheront pas la poursuite des tirs de roquettes et profiteront au contraire au Hamas».

La Cour suprême israélienne ne s’est cependant pas opposée aux coupures d’électricité, exigeant en revanche du gouvernement qu’il les justifie auprès des organisations de droits de l’homme. Menachem Mazuz a tranché : les coupures d’électricité ne sont pas justifiables.

«Le gouvernement est en droit d’appliquer diverses mesures économiques contre la bande de Gaza, en vertu de sa décision de considérer ce territoire comme une “entité hostile”, mais les responsables de la sécurité devraient procéder à des examens supplémentaires tenant compte des obligations humanitaires avant d’ordonner des coupures d’électricité», a ainsi estimé lundi soir Menachem Mazuz.

«Revanche». Ces atermoiements israéliens sur la marche à suivre à Gaza sont révélateurs du casse-tête politique et militaire que constitue le territoire palestinien pour l’Etat hébreu. «Il est facile de mesurer l’impuissance qui se cache derrière la proposition des responsables de la défense israéliens de couper sporadiquement la fourniture en électricité à la bande de Gaza. […] Il est plus facile pour Israël d’attaquer un réacteur en Syrie que de toucher Beit Hanoun, pourtant tout proche, car il est difficile, sinon impossible, d’éviter des victimes civiles dans le dernier cas […]», soulignait ainsi le quotidien Haaretz hier dans son éditorial. «Cette politique [de coupures d’électricité, ndlr] n’a aucun effet défensif ou dissuasif, il ne s’agit que de revanche. Cela est compréhensible, au regard de la poursuite des tirs, mais cela ne peut être accepté en tant que politique conçue de façon rationnelle par le ministère de la Défense», poursuit le quotidien.

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