Benoît XVI dans les lieux saints de Jérusalem, dira la messe

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Pour sa deuxième journée en Israël, le pape Benoît XVI rencontrera ce mardi d'importants dignitaires juifs et musulmans sur les lieux saints de Jérusalem pour promouvoir le dialogue entre les religions lors d'un voyage en Terre sainte qui n'échappe pas à la controverse.

Après un entretien avec le Grand Mufti de Jérusalem, le plus haut dignitaire religieux des Palestiniens musulmans, sur le Dôme du Rocher qui domine la vieille ville de Jérusalem, Benoît XVI doit rencontrer les deux principaux rabbins israéliens au mur des Lamentations.

Le Dôme du Rocher se situe sur le lieu où les trois grandes religions monothéistes situent le lieu où Abraham a voulu sacrifier son fils à la demande de Dieu avant qu'un ange ne retienne son bras.

Le roi Salomon et ses successeurs ont construit des temples sur le site avant que les Romains ne détruisent le Second Temple, en 70 après Jésus-Christ.

Au septième siècle, les conquérants musulmans ont construit le premier Dôme sur le lieu, qui est en plus pour les musulmans le lieu d'où le prophète Mahomet est monté au ciel.

Les lieux alentour, dont la mosquée al Aksa, sur l'Esplanade des mosquées dite aussi le Mont du Temple, est le centre de tensions depuis l'annexion de Jérusalem-Est par Israël en 1967.

La traversée en 2000 par le futur Premier ministre Ariel Sharon de l'Esplanade des mosquées, avait été le déclencheur de plusieurs années de soulèvement palestinien - l'Intifada - contre l'occupation israélienne.

Après cette visite lourde de symboles, Benoît XVI se rendra sur le site où la tradition situe la Cène, le dernier repas de Jésus avec ses disciples avant sa crucifixion et sa résurrection.

Le chef de l'église catholique dira ensuite la messe dans le jardin de Gethsémané, situé au pied du mont des Oliviers, où la tradition situe l'arrestation du Christ.

"AUCUNE EXCUSE"

Lundi, le discours du souverain pontife au Yad Vashem, érigé en mémoire des six millions de victimes de l'Holocauste, a suscité la déception en Israël, tandis qu'un discours très anti-israélien, prononcé en présence de Benoît XVI par un dignitaire religieux palestinien a mis en colère aussi bien le Vatican que les israéliens.

Le rabbin Israël Meïr Lau, président du Conseil du Yad Vashem, a déploré que le pape n'ait présenté aucune excuse pour l'affaire Richard Williamson - l'excommunication de ce prélat britannique qui avait nié l'existence des chambres à gaz a été levée en janvier par le Saint-Siège - et n'ait exprimé "aucun mot de regret" pour la responsabilité de son pays d'origine et du régime nazi dans l'Holocauste.

"Aucune excuse n'a été faite", a-t-il dit. "Le pape a prononcé un discours émouvant mais quelque chose manquait. Il n'a pas été fait mention des Allemands ou des nazis qui ont participé à la boucherie, et il n'y a pas eu un seul mot de regret".

Meïr Lau a reproché au pape de ne pas avoir dit expressément que six millions de juifs avaient été massacrés, même si Benoît XVI a mentionné ce chiffre dans son discours d'arrivée.

De son côté, le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev-Yad, a déclaré que le pape aurait dû évoquer son passé allemand lors de sa visite au mémorial de la Shoah.

Josef Ratzinger a été membre des jeunesses hitlériennes, quand l'adhésion était obligatoire, et fut appelé sous les drapeaux allemands lors de la Seconde guerre mondiale.

Yad Vashem est une source de tensions entre catholiques et juifs depuis quelques années. Dans son musée, que le pape n'a pas visité, figure un portait du pape Pie XII assorti d'un commentaire expliquant qu'il est resté neutre pendant la Guerre, ne prenant pas parti pour les juifs face aux nazis. Le Vatican affirme pour sa part que Pie XII a travaillé discrètement à sauver des Juifs.

Benoît XVI souhaite aussi un rapprochement avec les musulmans avec qui les relations sont tendues depuis son discours de Ratisbonne en 2006, interprété comme très critique vis-à-vis de l'islam.

Le pape doit se rendre mercredi à Bethléem, lieu de naissance présumé du Christ, en Cisjordanie, où il rencontrera le président palestinien Mahmoud Abbas et visitera un camp de réfugiés.

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