Au commencement la répétition . Alice Cohen pour un oui pour un non

Coup de coeur, Culture, Israël - le - par .
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Alice Cohen, pour un oui pour un non , légende des sables

Alice Cohen pour un oui pour un non

Alice Cohen, Légendes de sable, Les Editions de Panthéon, Paris, 80 pages, 10,80 €.

 

La beauté sans concession de la nature des déserts d’Israël comme celle du Prague de Kafka offrent un contrepoint à deux récits d’appel à la fraternité.

La femme (des mères anéanties aux filles plus sereines) reste à travers ses déclinaisons celle qui pourra(it) sauver l’humanité au sein d’épopée guerrières et « domestiques ».

L’auteure pour la magnifier devient semblable à « la fillette sérieuse et appliquée brandissant son crayon comme arme de poing à retardement ».

Elle le plante avec modèle la princesse berbère qui jette une bouteille dans une mer de sable. Elle devient en symbole des luttes contre l’oubli une flèche d’audace « scellée pour toujours d’un sourire énigmatique à peine ébauché ». Ce pâle sourire traverse les deux nouvelles pour donner un nouveau sens aux mots de Michaux : « Au commencement la répétition ».

A travers le visage de la Cahena du premier texte et l’ombre du vieillard du second la narration ouvrent à des problématiques existentielles voire intrinsèquement politiques où les notions de joug et de liberté sont essentielles.

Les concepts de don, de largesse, de calcul et probité sont revisités dans une langue qui se dispense d’une position libérale (cette nouvelle déclinaison de l’humanisme) afin d’ouvrir le monde comme la fiction à une échancrure qui est autant blessure que rédemption.

Par ces deux « spectrales » une multiplicité de voix apparait. Et qu’importe si nous restons sourds. L’œuvre n’attend pas, elle scrute « la chair qui fut chair » en ses « recollections », ses pénétrations.

Elle laisse passer la lumière Du moins partiellement. Taches rouges, enchevêtrements de chaleur nourrissent l’image de ressemblances indéchiffrables entre amour et perte et fait de la tendresse de femme la valeur suprême : son tact est unique, nu sous les draps mais cette femme garde en mémoire les tortures subies par ses sœurs (et frères) à Prague comme ailleurs. Là où l’horreur règne en maître en plan fixe comme en tohu-bohu, l’auteur donne une illumination et bien plus qu’une goutte d’espoir à travers sa double fable.

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