Israël : le Qatar, accusé de terrorisme, joue à présent un rôle pour la paix au Moyen-Orient

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Dans sa quête à une reconnaissance mondiale, le Qatar joue un rôle dans les négociations entre Israël et le Hamas.

Le Qatar, grand allié de l’Iran, accusé de financer le terrorisme, joue un rôle dans les négociations entre Israël et le Hamas. Une histoire ubuesque, et pourtant, la vérité cache bien son jeu. Malgré les apparences, l’État hébreu participe à un tour de manège à grande échelle avec l’Égypte, les États-Unis, l’Autorité palestinienne et le Qatar.

Et ce dernier, ne s’est pas contenté de faire de la simple figuration. Selon les renseignements, le Qatar joue un rôle prépondérant en vue d’un éventuel accord de paix proche d’être signé, entre Israël et le Hamas.

Pour comprendre la situation et la place de cet État, il faut remonter à 2017, lorsque les relations entre le Qatar et la plupart des pays arabes se sont totalement dégradées. Le Qatar est considéré comme l’un des principaux responsables des attaques terroristes depuis l’attaque du World Trade Center en 2001.

En effet, alors que l’Iran était dans la tourmente, le Qatar lui a apporté un soutien indéfectible. Par la suite, les pays voisins, dont l’Arabie Saoudite et l’Égypte lui ont infligé un embargo maritime. Plus tard, le ministre de la Défense israélien a déclaré : « Les pays arabes qui ont rompu leurs relations avec le Qatar ne le font pas à cause d'Israël ou de la question palestinienne, mais à cause de leur peur du terrorisme islamiste radical ».

Après un an de blocus, le Qatar semble avoir gagné la bataille économique. Pourtant, les pressions venues du Golfes furent sans précédent. L’Arabie saoudite a notamment fermé sa frontière avec le Qatar et le Bahreïn a instauré une interdiction de survol de son territoire. Pas facile dans ces conditions d’importer ce dont le Qatar a besoin, comme des produits alimentaires.

Il y a d’ailleurs eu un premier choc, qui semblait indiquer que le blocus allait bel et bien étrangler le petit émirat. Les réserves bancaires ont fondu : environ 40 milliards de dollars ont été retirés des banques. Les ventes de voitures – un indicateur traditionnel de la bonne santé économique – ont chuté fortement peu après l’instauration du blocus.

Il subsiste encore quelques séquelles. Le tourisme a été l’une des principales victimes et les hôtels sont pratiquement vides.

Mais le patient qatari s’en est sortis et ses moteurs économiques ont tenu le coup. La machine à exporter du gaz, principale source de revenus du Qatar, tourne à plein régime, et la banque centrale a puisé dans ses immenses réserves pour soutenir le secteur bancaire qui a fait preuve d’une grande résilience. La Turquie et l'Iran sont devenus les principaux fournisseurs de biens alimentaire au Qatar, lui permettant de contourner le blocus aérien.

Il est important de préciser que l'embargo mis en place ne concerne pas le secteur énergétique, l’une des principales ressources du pays. Mais les Émirats arabes unis n'ont pas eu d’autres choix puisqu’ils dépendent du gaz Qatari.

Malgré cela, le pays voit le vent tourné et se cherche de nouveaux alliés pour développer son économie. C’est ainsi, que le Qatar s'est rapproché des États-Unis. Un allié choisit comme il se doit. Il faut savoir que la plus importante base militaire américaine au Moyen-Orient se trouve au Qatar.

Israël et les Ettas-unis veulent que le Qatar reste à la table des négociations.

Israël et les Etats-Unis veulent que le Qatar reste à la table des négociations.

Au cœur des critiques dans son rôle dans le terrorisme, le Qatar a déployé des trésors de lobbying pour changer l’état d’esprit du président américain et renforcer sa position mondiale. Les dirigeants qataris ont rencontré non seulement des hauts responsables de l'administration Trump, mais également des dirigeants juifs de premier plan. Le pays comprend qu’il doit renforcer ses liens avec la communauté juive et avec Israël s’il veut maintenir la force de ses liens avec Washington.

De plus, les négociations avec le Hamas sur un cessez-le-feu et un accord à plus long terme sur la situation à Gaza nécessitent de trouver une source qui paiera les salaires du gouvernement à Gaza après le refus de Mahmoud Abbas de les payer par les fonds de l'Autorité palestinienne. Il semblerait que le Qatar soit le candidat parfait pour répondre à cette demande.

Durant les négociations, les Qataris pourraient également contribuer au retour des Israéliens et des corps des soldats israéliens à Gaza.

Mais la situation du Qatar a compliqué les négociations. Le Qatar est devenu l'ennemi de l'Égypte après l'arrivée au pouvoir du président égyptien actuel, Abdel-Fatah al-Sissi. À ce jour, le Qatar ne reconnaît pas sa légitimité et, lorsque les Saoudiens et les Emirats ont imposé leur embargo, l’Égypte a rapidement pris son parti, imposant un embargo aérien au Qatar malgré le fait que 300 000 Égyptiens y travaillent.

Ainsi, les États-Unis et Israël cherchent à maintenir le Qatar dans le processus, en partie en tant que bailleur de fonds, clé de tout éventuel accord avec le Hamas. Le Qatar est quasiment le seul, parmi les pays arabes riches disposés à verser des fonds humanitaires à Gaza.

(source : France24)

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