Israël : la directrice d’un lycée orthodoxe arrêtée pour exploitation et abus sexuels

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Après l’interrogatoire de la directrice du séminaire (lycée pour jeunes filles orthodoxes) Kanfei Yonah de Safed, les témoignages des filles du séminaire et de leurs parents ont été publiés ce matin (dimanche) au Yedioth Ahronoth.

Les plaignantes ont raconté aux journalistes les baisers, les nuits passées dans le même lit et le sentiment qu'elles étaient devenues des «esclaves» de cette même directrice. Cette femme âgée de 39 ans est soupçonnée d'avoir commis des actes indécents à l'encontre des filles alors qu'elles étaient élèves de l'école et de les avoir exploitées pour divers travaux ménagers. Les témoignages indiquent que le séminaire était dirigé comme un harem.  

Selon les filles et leurs parents, la directrice a éloigné les élèves de leurs parents, a eu des relations interdites avec elles, les a manipulées pour finir par les contrôler complètement. Entre autres choses, selon elles, la directrice leur demandait de faire des corvées pour elle à la maison, les couchait dans son lit, réclamait un massage des jambes, etc. Yedioth Ahronoth a également affirmé que la directrice décidait pour les filles de la personne avec qui elles allaient se marier et avait "rompu" à leur insu des rencontres qui avaient été fixées.

Deborah (pseudonyme), qui a étudié au séminaire depuis la kita tet (neuvième année), a déclaré: «La directrice crée la dépendance, se rapproche lentement de la fille, lance des conversations, sort avec elle pour des promenades dans la soirée. Je suis issue d’un foyer avec une histoire compliquée, et elle m'a dit, 'Je serai un modèle maternel pour toi'. Elle a commencé doucement et progressivement augmenté le rythme. Toute la relation est enveloppée de beaucoup de contacts: d'abord une caresse sur la main, puis un câlin, puis un baiser sur la joue, pour finalement arriver à un baiser sur les lèvres et à des attouchements sexuels. "

Selon Deborah, la connexion s'est renforcée et a duré longtemps. «J'étais une fille espiègle et enjouée, elle aime les filles comme ça et elle le dit», a-t-elle dit. "Elle m'a fait venir pour une conversation de trois heures dans son bureau et m'a donné un ultimatum, "soit tu choisis d'être en contact personnel avec quelqu'un de l’équipe, soit je te renvoie".

"Je me suis aperçu qu'elle faisait allusion à elle-même, mais je suis ne suis pas entrée dans son jeu. J’ai choisi la surveillante générale. Mais la directrice a refusé. J’ai proposé une autre enseignante, mais elle s’y est également opposée.  Au bout de trois heures, elle m’a demandé de sortir une fois pour faire un tour dans la soirée, et lorsque nous l'avons fait fait, j'ai senti que c'était sympathique, qu'elle faisait preuve d’empathie, qu'elle avait du charisme et était vraiment très maternelle.

"Des dizaines de filles ont été touchées." Illustration Photo: Nati Shohat / Flash 90, les nouvelles

"Des dizaines de filles ont été touchées." Illustration Photo: Nati Shohat / Flash 90, les nouvelles

"À un moment", poursuit Deborah, "j'ai eu l’impression d’être devenue une sorte de servante de la directrice. Elle ne faisait rien à la maison". Les filles faisaient tout à sa place. J’ai élevé sa fille pendant deux ans. Elle était sur mes genoux pendant les cours, je sortais pour la nourrir, pour la changer, je me levais la nuit. Je sortais de l’école et j'allais directement chez elle, et je n'étais pas la seule. Elle m’a rendue folle. Cela semblait volontaire, mais elle nous a juste entraînées.

Sur la relation entre la directrice et les autres filles, Deborah a dit: «Bien sûr, ça me dérangeait, elle faisait des comparaisons, pour développer la jalousie. Elle venait me raconter la relation qu’elle avait avec les autres.

Selon elle, l’école était divisée en fonction du degré de proximité avec la directrice. «Il y a des filles qui ne peuvent sortir qu'avec elle en promenade et qui ne méritent pas d'entrer dans la maison», dit-elle. «Certaines filles se rapprochent, et elle leur permet de pénétrer chez elle. Certaines filles peuvent la voir en pyjama, ce qui est un autre degré. Et il y a celles qui peuvent lui masser les jambes, et celles qui dorment avec elle. "

"En ce qui me concerne, elle m’a fait entrer lentement," répéta-t-elle. "À un moment donné, elle a écrit qu'elle pensait qu'elle était amoureuse et ensuite je lui ai écrit que moi aussi. Il y a eu une période ou je lui faisais un massage sur les jambes tous les soir pour l’endormir. Durant cette même période, elle est tombée enceinte. Je me suis dit : "Comme cela se fait ? Quand ?"

Un jour je suis venue chez elle à 4h du matin. Elle a dit à son mari de s'installer sur le canapé et j'ai dormi avec elle jusqu'au matin.  Elle avait l’habitude de nous réveiller la nuit en nous appelant au téléphone et nous parlions. Selon elle, les filles couchaient dans le lit de la directrice même quand son mari était là: «Il venait et s’endormait. Nous nous couvrions avec la même couverture, sur le même oreiller.

Deborah a décrit la relation des filles avec la directrice comme «obsessionnelle» et a ajouté: «Tout ce qui se passe autour d'elle et tous ceux qui entrent en contact avec elle sont pris dans une relation obsessionnelle. Il y a des enseignantes qui la suivent, la pourchassent. Elle fait en sorte d’attirer les gens, de les dominer. Par exemple, j’ai rencontré un garçon et je lui ai dit que je ne voulais plus le revoir. Elle ne m'a pas écoutée pas et l'a invité pour Chabat.

Après quelques rencontres, j'ai senti que quelque chose n'allait pas et je le lui ai dit. «La nuit avant les fiançailles, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps à côté d'elle. Elle était froide comme un bloc de glace ». Deborah finit par se marier, contre son gré, avec le garçon que la        directrice avait choisi. Trois mois plus tard, elle a divorcé, puis a coupé le contact avec la directrice et est retournée chez ses parents.

L'incident lui a fait ouvrir les yeux et à réaliser l’exploitation dont elle avait été victime. Deborah parle alors de sa séparation d’avec la directrice: "La nuit de Hoshana Rabbah, en général nous venions  et nous récitions des Tehilim toute la nuit, j'étais chez elle, c'était le point culminant, nous nous embrassions beaucoup, ça me dégoûte de me souvenir. Elle me disait: "Deborah, ne viens pas à l'école. Quand je te vois, je n’arrive pas à me concentrer.  Alors j’ai pris mes distances, et puis j'ai été en thérapie pendant un certain temps, et cela m'a aidé à me libérer de tout ce que j'ai vécu".

Anat, la mère d une autre élève de l’école, a posé un ultimatum à sa fille, pour tenter de l’éloigner de cette directrice si possessive : "C’est la directrice ou nous".  À sa grande stupéfaction, sa fille a choisi la directrice: «Elle a juste pris ses affaires et est partie. Cette directrice prend simplement les filles à leurs parents et les transforme en siennes.»

L'avocate de la directrice: "elle nie toutes les offenses qui lui sont attribuées"

Anat poursuit «Cette femme les contrôle. Elle a appris la psychologie et la graphologie, elle analyse l'écriture et l'âme, elle les tue une à une. Elle ne les violait peut-être pas, mais elle les caressait, les embrassait, dormait avec elles et allait avec elles sous la douche. Les filles ont traversé des choses folles, et certaines d'entre elles ne veulent pas se plaindre à cause des décisions de rabbins délirants. "

Interrogée par Anat, Deborah explique : « Ce n'était pas un viol parce qu’il y avait consentement". C’est là qu’elle a compris qu’il fallait agir. "Il y a tout un tas de filles autour d'elle qui ne se marient pas, ou qui se marient et divorcent parce qu'elle veut contrôler leur vie. Elle leur trouve des rôles dans le séminaire, ne les laisse pas partir ", ajoute Anat.

L'avocate Yifat Cohen, qui représente la directrice, a déclaré en réponse aux allégations: «Ma cliente nie toutes les infractions qui lui ont été attribuées. C'est une personne qui travaillait comme une mère pour ses élèves et sa maison était ouverte à tout problème qui se posait à elles. Ma cliente est en résidence surveillée depuis longtemps et n'a pas été interrogée depuis plus d'un mois et demi, depuis son premier interrogatoire. Je crois que s'il y avait réellement des problèmes, l'unité d'enquête essaierait de faire avancer l'enquête et de déposer un acte d'accusation contre ma cliente. "

Source : Ynet – mako.co.il

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