Iran : la baisse des missiles est-elle un piège mortel pour Israël ?

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Iran : la baisse des missiles est-elle un piège mortel pour Israël ?

 

 La baisse des tirs : épuisement réel, mais pas total

Une analyse préliminaire suggère que l'Iran a tiré près de 700 missiles en quatre jours depuis le lancement des opérations israélo-américaines le 28 février. Le mardi 3 mars, seulement 50 missiles auraient été tirés, soit sept fois moins que lors du premier jour. Un analyste de l'Eurasia Group note une baisse de près de 80 % des missiles tirés sur Israël.

Cela s'explique en partie par la désorganisation. La baisse des barrages de missiles iraniens est probablement due à la désorganisation de la chaîne de commandement iranien après les frappes de décapitation menées par Israël et les États-Unis.

Ce scénario avait été envisagé il y a une quinzaine d'années, quand les Gardiens de la Révolution ont développé une doctrine de "défense en mosaïque", visant à éviter la paralysie en déléguant l'autorité aux commandants provinciaux.

Mais attention : l'Iran peut garder un pouvoir de nuisance "pendant des semaines, des mois, voire des années", selon des experts.

. L'arme que l'Iran vantait depuis des années : le missile hypersonique

L'Iran développe depuis 2022 des missiles qu'il qualifie d'hypersoniques — et il les a déjà utilisés.

Le Fattah est un missile balistique hypersonique iranien à moyenne portée. Selon les responsables du programme, il a une portée de 1 400 km et une vitesse de Mach 13-15.
Le général Hajizadeh a déclaré que le missile "peut contrer tous les systèmes de défense antimissile" et qu'il faudrait "des décennies avant qu'un système capable de l'intercepter ne soit développé."

D'après les Gardiens de la Révolution, les missiles Fattah sont manœuvrables pendant toutes les phases de leur trajectoire, dans l'atmosphère et en dehors, ce qui rend leur trajectoire difficile à prévoir, donc à intercepter.

Surtout, le Fattah-2 vient d'être déployé en combat pour la première fois : le Fattah-2 a été utilisé pour la première fois le 28 février 2026. C'est le seul missile iranien équipé d'un véritable planeur hypersonique. Les systèmes de défense aérienne américains et israéliens font face à des défis extrêmes pour intercepter de telles armes, qui manœuvrent à des altitudes de plusieurs milliers de kilomètres à des vitesses extrêmes.

La nuance importante : des capacités réelles mais surestimées par Téhéran

Il faut cependant ne pas céder à la panique pure. Si l'Iran affirme posséder des missiles balistiques hypersoniques tels que le Fattah-1, ces systèmes ne sont pas encore largement déployés. Il est possible que seul un petit nombre d'entre eux soit actuellement disponible. Il n'y a aucune preuve solide susceptible de confirmer un déploiement massif.

Des chercheurs américains ont montré que les systèmes d'armes de conception locale iranienne, présentés comme équivalents à leurs homologues russes, ont des capacités inférieures à ce qui était annoncé.

Le risque nucléaire : la vraie ligne rouge

C'est là que réside le danger le plus grave. C'est surtout le potentiel arsenal nucléaire iranien qui inquiète les Occidentaux. Selon les spécialistes, il est très difficile d'apprécier jusqu'à quel degré d'approche de l'arme atomique le pays a pu parvenir.

Les missiles Fattah sont des systèmes conçus principalement pour transporter des têtes nucléaires, ce qui avait notamment inquiété l'Agence internationale de l'énergie atomique lors de l'annonce de leur fabrication. Toutefois, l'Iran ne posséderait pas à l'heure actuelle la capacité de charger ces missiles d'ogives nucléaires. Mais cette ligne pourrait se déplacer si le régime se sent acculé.

Les autres vecteurs souvent négligés

L'Iran mise sur un ensemble de capacités complémentaires : missiles balistiques dispersés dans des sites souterrains, drones bon marché employés en essaims pour saturer la défense de l'adversaire, réseaux de milices alliées dans la région, vedettes rapides, mines navales et cyberattaques. L'objectif n'est pas de remporter une victoire conventionnelle, mais de rendre toute intervention adverse longue, risquée et coûteuse.

Et un levier économique majeur : des informations font état de la fermeture du détroit d'Ormuz à la navigation par les Gardiens de la Révolution, ce qui représente une menace directe sur l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz.

Conclusion : la crainte est-elle fondée ?

Oui, partiellement. La baisse des tirs s'explique en grande partie par l'épuisement et la désorganisation — pas uniquement par une tactique de dissimulation.

Mais l'Iran dispose effectivement d'armes de réserve (Fattah-2 hypersonique, drones en masse, missiles de croisière à vol bas, menace sur Ormuz) qu'il n'a pas encore pleinement déployées. Selon les experts, un réapprovisionnement complet des stocks iraniens pourrait nécessiter des années, ce qui incite Téhéran à gérer ses ressources stratégiquement.

Le vrai "joker" reste le nucléaire : un régime dos au mur, ayant perdu ses alliés (Hezbollah, Hamas affaiblis), ses chefs militaires éliminés et ses installations frappées, pourrait franchir des seuils qu'il n'avait pas franchis avant. C'est précisément pour cela que les négociations avec les États-Unis restent un enjeu crucial, même dans ce contexte de guerre ouverte.

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