Interview exclusive du président mondial des bons du trésor israélien (Israel Bonds)

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Israël Maimon : « Les Bond’s, un investissement mondialement plébiscité »

Alliance : Vous êtes depuis 6 mois président mondial des bons du trésor israéliens, mieux connus sous leur nom anglo-saxon, les Bond’s.
A Jérusalem, le ministre des Finances, Moshé Kahlon, vous a félicité pour une performance historique : le cap des 40 milliards de dollars de souscriptions a été franchi en 2016. Quels sentiments cela vous inspire ?

Israël Maimon : Une grande fierté personnelle pour commencer. J’ai travaillé pour le gouvernement, j’ai notamment occupé les fonctions de chef de cabinet d’Ariel Sharon et d’Ehud Olmert, j’ai aussi fait carrière dans le privé et aujourd’hui je contribue à l’essor de l’économie israélienne. C’est exaltant ! Les Bond’s, ce sont des réserves financières d’une importance capitale car elles garantissent la capacité de remboursement de l’Etat. Elles donnent confiance aux marchés, nous permettent d’emprunter dans des conditions optimales, d’équilibrer notre budget… Grâce à nous, les institutions publiques chargées de développer le secteur de la haute technologie, par exemple, ont les moyens de leurs ambitions. C’est un cercle vertueux : les Bond’s contribuent à la bonne santé et à la croissance de notre économie et en retour, nous sommes chouchoutés par les agences de notation internationales.

C’est pourquoi nous représentons désormais un investissement qui attire bien au-delà des sympathisants de la cause sioniste. Des fonds de pension, des compagnies d’assurance, etc., qui prennent des décisions stratégiques à l’échelle planétaire et n’ont aucun lien avec les communautés juives nous font confiance et placent leur argent chez nous.

Alliance : Qu’avez-vous envie de dire à ces Juifs français qui hésitent encore à souscrire, parce qu’ils pensent que les Bond’s seraient réservés aux riches ?

Israël Maimon : Mon message est simplissime : on peut investir à partir d’une centaine d’euros. J’ajoute ceci à l’intention des Juifs de ce pays : nous sommes peut-être la seule organisation en diaspora qui n’est en compétition avec personne. Vous êtes sollicités par toutes sortes d’associations à buts cultuel, social ou culturel pour des dons. Il existe entre elles une forme de concurrence - certes fraternelle mais tangible. En ce qui nous concerne, nous ne faisons pas appel à votre générosité ! Il est vrai que votre argent sera grandement utile à l’Etat d’Israël et donc au peuple juif, mais nous nous contentons de vous l’emprunter. Puis, nous vous le rendons avec les intérêts dus.

Alliance : Vous avez nommé un jeune directeur, Jonathan Touboul, pour animer l’antenne française des Bond’s. Quels sont ses objectifs ?

Israël Maimon : Jonathan Touboul, un homme dynamique, expérimenté dans l’univers de la finance et doté d’une forte identité juive, a pour mission de recueillir des souscriptions à hauteur de 45 à 50 millions d’euros par an.

Ce chiffre correspond à ce que nous réalisions dans l’Hexagone il y a quelques années, avant une période de basses eaux liée à l’introduction de nouvelles régulations. Nous dépendons à présent de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de la Banque de France. C’est positif mais cela a nécessité une phase de transition. Aujourd’hui, nous voulons communiquer davantage pour monter en puissance. Et le potentiel est prometteur car la communauté juive, ici, est très proche d’Israël sur les plans géographique, familial et culturel. Elle est aussi bien organisée et nous allons travailler plus étroitement avec ses institutions comme le Consistoire. Nous projetons même de proposer des événements dans les synagogues afin de mieux nous faire connaître.

Alliance : Mais une somme investie dans les Bond’s, n’est-ce pas un versement en moins pour les associations et lieux de culte ?

Israël Maimon : Absolument pas. Quand vous donnez, vous sortez votre chéquier ou votre carte bleue et vous vous délestez de vos économies.
Quand vous investissez chez nous, vous ne perdez rien, vous diversifiez votre épargne. Et personne ne vous empêche d’acquérir des bons du trésor israéliens et de les donner… à l’association de votre choix ! C’est ce que j’appelle la « double mitzva ».

Alliance : Qu’est-ce qui caractérise votre emploi du temps depuis votre entrée en fonction ?

Israël Maimon : Je passe de longues heures dans les avions car je rends visite à nos 26 bureaux installés un peu partout aux Etats-Unis (mon lieu de travail principal est situé à New York) et aux autres répartis à travers le monde - dont 4 en Europe occidentale, à Londres, Francfort, Paris et Lyon. Une tâche passionnante et humainement enrichissante, car si toutes les communautés juives aiment Israël, chacune a son identité et ses particularités.

Propos recueillis par Norbert Cohen

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