Rice réunira dimanche à Jérusalem les négociateurs israéliens et palestiniens

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Le 10/06/08, les chefs des négociateurs palestiniens et israéliens doivent se rencontrer dimanche prochain à Jérusalem en présence de la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a indiqué hier le négociateur palestinien Saëb Erakat. Le Palestinien Ahmad Qoreï et l’Israélienne Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, procéderont avec Mme Rice à une « évaluation » des négociations et des résultats auxquels elles ont abouti, a expliqué à l’AFP M. Erakat, qui assistera aussi à la rencontre.
Dans une interview parue samedi, M. Qoreï a indiqué que Palestiniens et Israéliens allaient préparer un document sur les progrès et les divergences dans les négociations de paix en cours. Mme Rice se rendra du 14 au 16 juin en Israël et en Cisjordanie pour tenter de soutenir les efforts de paix au Proche-Orient, malgré la crise politique en Israël qui affaiblit le Premier ministre Ehud Olmert. La chef de la diplomatie américaine devrait notamment rencontrer M. Olmert et Mme Livni. Elle doit également se rendre à Ramallah, en Cisjordanie, pour des entretiens avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, et son Premier ministre, Salam Fayyad.
Washington parraine les négociations de paix israélo-palestiniennes relancées en grande pompe en novembre 2007 à Annapolis (États-Unis) et censées aboutir à un accord avant la fin de l’année. Déjà compromises par l’absence de progrès, les chances de parvenir à un tel accord semblent s’éloigner encore plus du fait de la crise politique en Israël, où M. Olmert est poussé à la démission après avoir été mis en cause dans une nouvelle affaire de corruption.
En visite hier au Caire, M. Abbas a déclaré que la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie est le principal obstacle sur la voie de la paix. « Nous considérons la construction dans les colonies comme l’obstacle majeur à tout progrès dans les négociations, car nous avons le sentiment que les colonies sont en train de grignoter la terre palestinienne », a dit M. Abbas à l’issue d’un entretien avec le président égyptien, Hosni Moubarak. La visite de M. Abbas au Caire visait par ailleurs à tenter une réconciliation entre l’Autorité palestinienne et le Hamas, selon l’agence officielle égyptienne MENA. M. Abbas a cependant refusé une rencontre bilatérale avec Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas, basé à Damas, précisant que le problème de Gaza n’était pas personnel, toujours selon MENA.
De son côté, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a appelé les dirigeants européens et américains, qui doivent se rencontrer aujourd’hui à Ljubljana en Slovénie, à mener une « discussion sérieuse » sur le processus de paix au Proche-Orient. Selon lui, le processus de paix traverse actuellement une nouvelle crise « puisque Israël ne semble pas prêt à céder quoi que ce soit, ni de conclure un accord ». « Je pense que l’un des points les plus importants est actuellement que le Fateh et le Hamas resserrent les rangs, un objectif auquel nous (la Ligue arabe) sommes attachés », a encore indiqué M. Moussa. À ce sujet, des émissaires des deux camps ont entamé samedi un « processus de dialogue fraternel » à Dakar, dans le cadre d’une médiation du président sénégalais Abdoulaye Wade. Toujours dans ce cadre, M. Wade, ayant entamé aussi une médiation entre les Israéliens et les Palestiniens, a appelé les deux parties à « un cessez-le-feu immédiat (à Gaza) à partir de lundi à 12h00 GMT » (hier). Il a toutefois précisé que cette déclaration « n’engage que lui ». Il a aussi annoncé qu’il se rendra « dès que cela sera possible (...) en Cisjordanie, à Gaza et en Israël pour mieux s’imprégner des réalités et écouter les parties sur place ». M. Wade a par ailleurs exhorté la Ligue arabe à s’associer à lui « à partir de maintenant, et d’éviter tout acte ou propos unilatéral ». Il a aussi prié les pays arabes et ceux de la communauté islamique « d’éviter de multiplier les initiatives personnelles, presque toujours précipitées et désordonnées, qui ne feront que brouiller inutilement la médiation ». Il a requis la même chose des « grandes puissances et ONG ».

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